De 2007 à 2013, Budget : 3% pour l’agriculture, 11% pour l’enseignement et 7% pour la santé

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L’agriculture fait vivre près de 60% des Congolais

Selon la revue diagnostique des dépenses publiques de base du secteur agricole et rural (RDPA) pour la période comprise entre 2007 et 2013, la part des engagements budgétaires du secteur agricole et rural pour la période 2007-2013 se situe en moyenne à 3% du budget total de l’Etat contre 11% pour l’enseignement et 7% pour la santé. Un pourcentage en deçà de la déclaration de Maputo de 2003 et de Mozambique de 2013 qui demandent aux Etats africains d’allouer 10% de leurs budgets à l’agriculture. Pour améliorer l’efficacité de la dépense publique dans le secteur agricole et rural, des contraintes d’ordre structurel doivent être levées. Il s’agit notamment des choix stratégiques dans les politiques publiques du secteur, de la sécurité foncière, de l’amélioration des investissements publics dans la recherche agricole, etc.

Le Gouvernement de la République, à travers le ministère de l’Agriculture, pêche et élevage et son partenaire traditionnel, la Banque mondiale, ont effectué hier dans un hôtel de la place, une revue diagnostique des dépenses dans le secteur agricole et rural. En effet, à travers la Déclaration de Maputo en 2003, renouvelée par celle de Malabo en 2013, les Chefs d’Etat du continent africain ont pris l’engagement de consacrer au moins 10% des ressources budgétaires au secteur agricole, considéré à juste titre comme le socle du développement économique, dans des pays où ce secteur occupe plus de 60% de la population active comme en Rdc et représente entre 30 et 40% du PIB.

« Dix ans après, il était important de faire une évaluation pour améliorer les choses », a indiqué M. Emile-Christophe Mota, ministre de l’Agriculture, pêche et élevage, avant d’ajouter que les résultats montrent que pour la période couverte par la revue, la part des engagements budgétaires n’excèdent pas les 3%. Signe que le pays est encore très loin pour satisfaire à cette exigence.

Le Professeur Mota a toutefois noté un effort sensible fourni au cours de deux dernières années pour ramener le budget à près de 10%. Les parcs agro-industriels et l’encadrement des paysans sont autant de preuves de cet engagement. Raison pour laquelle, selon lui, la revue doit permettre à faire l’évaluation des efforts de la Rd Congo et de renseigner sur le cadre qui devra être présenté au cours du sommet des Chefs d’Etat qui se tient tous les deux ans.

En effet, le secteur agricole ne contribue pas de façon significative à la croissance économique du pays. Pour la période de 2010 à 2013, ce secteur n’a contribué que pour 7,8% à la croissance économique, ce qui laisse présager son déclin par rapport aux autres secteurs de l’économie, tels que les industries extractives, le commerce et la construction. Cette faible performance est entre autres due à l’utilisation d’un matériel végétal peu performant, au faible usage des intrants modernes, à la persistance des opérations manuelles et au niveau extrêmement faible du financement du secteur.

Mais en dépit de cette faible productivité, le secteur agricole constitue néanmoins la principale source de revenus pour les populations les plus pauvres et contribue à la marche vers la sécurité alimentaire des ménages ruraux et urbains. De plus, la faible productivité du secteur justifie les efforts consacrés pour accélérer son développement.

Lever les contraintes d’ordre structurel

Avec M. Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour les deux Congo, disons que cette revue permet de tirer des enseignements utiles en ce qui concerne l’allocation annuelle en faveur du secteur agricole et rural en comparaison avec d’autres secteurs, la répartition entre budgets de fonctionnement et d’investissement, et le taux d’absorption. C’est ainsi qu’il a été noté que la part des engagements budgétaires du secteur agricole et rural pour la période 2007-2013 se situe en moyenne à 3% du budget total de l’Etat contre 11% pour l’enseignement et 7% pour la santé. De même, la part exécutée du budget alloué pour le secteur agricole et rural représente en moyenne seulement 2% par rapport au budget total exécuté pour la période de référence.

En vue d’améliorer l’efficacité de la dépense publique dans le secteur agricole et rural, des contraintes d’ordre structurel méritent d’être levées. Il s’agit notamment des choix stratégiques dans les politiques publiques du secteur, de la sécurité foncière, de l’amélioration des investissements publics dans la recherche et les services agricoles, et un meilleur accès aux intrants de qualité. « Nous voudrions également vous inciter à poursuivre les réformes sur le climat des affaires et le cadre législatif et règlementaire, de même que sur la sécurité foncière », a souligné le n°1 de la Banque mondiale en Rd Congo, avant de renchérir que ces réformes constituent le meilleur gage pour attirer l’investissement privé dans le secteur agricole.

(Jean-Marie Nkambua)

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