Dans une interview exclusive à la Rtga World. Eve Bazaiba : « Il n’y a pas de bicéphalisme au MLC, ce n’était qu’une tempête dans un verre d’eau »

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Mme Eve Bazaiba, Secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et députée nationale, était le jeudi 26 mars 2015 l’invitée de l’émission « Grand jury » animée par Patrick M’Pezo à la Rtga World. A cette occasion, elle a affirmé haut et fort qu’il n’y avait pas de bicéphalisme au sein de son parti et le vent qui a soufflé n’était qu’une tempête dans un verre d’eau. A la question de savoir s’il y aura un candidat de l’opposition à l’élection présidentielle de 2016, elle a répondu par la positive, avant de dire que nous n’avons pas joué un jeu stratégique qu’il fallait. Mais si l’opposition avait une certaine unité en 2006 et 2011, elle aurait remporté les élections. Au sujet du calendrier global de la CENI, Eve Bazaiba pense que l’opposition, notamment le MLC a pesé de son poids pour sa publication. Ci-dessous, l’intégralité de cette interview exclusive :

RTGA World : Vous avez fait le tour du Groupe Rtga World, un petit mot ?

Eve Bazaiba : J’apprécie beaucoup cette visite guidée du Groupe L’Avenir, c’est intéressant. On a commencé par la radio qui est un outil important. Lorsqu’on est dans un centre urbain, on ne se représente pas ce que signifie la radio. Nous qui sommes habitués à l’intérieur du pays, je suis d’ailleurs une villageoise, je connais ce que signifie la radio. Vous sentez que c’est le seul outil qui vous met en relation avec le monde. Si vous n’avez pas de radio, vous pensez qu’il n’y a pas de vie là où vous êtes. On a l’impression d’avoir les informations des autres et les autres savent là où vous êtes. Je suis passé par la Presse écrite, ça j’ai encore aimé que vous ayez réuni tous ces éléments des chasseurs de son et des images, même la Presse écrite, car les mots s’envolent, les écrits restent. Parce que pour l’histoire, pour les chercheurs, on a toujours besoin des coupures de presse pour savoir comment se sont passés les événements. Vous savez que pour que nous comprenions réellement ce qui s’est passé à la disparition de Lumumba, ce sont les coupures de presse qui nous ont aidées. Il en est de même pour le reste. Bien entendu la télévision, c’est pour lier l’utile à l’agréable. La télévision est une trouvaille extraordinaire au niveau de l’intelligence humaine.

Dites-nous Mme, comment se porte le Mouvement de Libération du Congo (MLC) ?

Merci beaucoup, le Mouvement de Libération du Congo se porte très très bien. Vous avez ces capacités-là de réunir la radio, la télévision et la presse écrite. Faites un peu le sondage et vous vous rendrez compte que la cote du MLC est en hausse, contre toute attente.

Combien y a-t-il de MLC ?

Il n’y a pas de bicéphalisme, ce n’était qu’une tempête dans un verre d’eau. L’affaire est complètement close. J’étais en déplacement pour rencontrer le président national parce qu’on sait que ce semblant de bicéphalisme, la personne du président national du MLC, le sénateur Jean-Pierre Bemba, n’était pas l’objet d’une quelconque récusation. Je suis allé le voir et on a échangé et j’ai été porteuse des correspondances dans les institutions concernées du pays. Premièrement pour le Vice-Premier ministre et ministre l’Intérieur, parce qu’il a les compétences dans la gestion des partis politiques pour clarifier certaines choses, surtout qu’il venait de déposer une liste des partis politiques en ordre d’exercer à la CENI.

A-t-il reconnu l’autre MLC ?

Il n’a pas reconnu, c’est un problème d’adresse. Je crois qu’il y a eu des magouilles. Il y a une certaine manipulation des documents de l’Etat au niveau du ministère. Je crois que c’est une question qui va être réglée même à son niveau, parce qu’on a à faire à quelqu’un respectueux des droits, il est lui-même constitutionnaliste. J’ai été aussi porteuse de la correspondance auprès de la CENI, l’institution qui organise les élections. C’était pour clarifier en ce qui concerne la désignation des mandataires, parce qu’en son temps, j’avais donné des procurations. J’ai fait acte conformément à la loi qui organise les partis politiques. Lorsqu’il y a eu réaménagement dans l’organisation interne du parti, j’ai écrit au ministère de l’Intérieur et à la CENI, mais je n’avais pas eu le feed back voulu, c’est pourquoi il a fallu quand même une action au niveau le plus élevé du parti pour décanter la situation et cela a été fait et tout est rentré en ordre. Nous venons d’ailleurs de recevoir une correspondance en provenance de la CENI et répondant au président national me réservant copie pour devoir envoyer rapidement nos mandataires pour procéder à la signature du code de bonne conduite et obtenir le macaron.

J’ai appris que vous avez changé votre logo. Vous n’êtes plus sur le fond bleu, vous avez adopté un fond blanc. Est-ce vrai ?

La carte est différente du logo officiel. Nous sommes toujours dans les mêmes couleurs : le bleu et le jaune avec la carte de la Rdc et la mention MLC, sans oublier le slogan ‘Avec Dieu nous vaincrons’ et la fourmi comme sigle. Mais en ce qui concerne la carte, vous savez que c’est un document noble pour un parti politique. C’est comme un passeport qui a un délai d’expiration et une carte peut aussi avoir un délai d’expiration. En fait, nous avons changé de carte, car elle nous permet de battre le rappel des troupes, de faire la mobilisation des troupes pour un peu savoir si nous sommes à combien. Parce que, dans un parti politique, vous avez des sympathisants et les adhérents. L’adhérent est celui qui achète une carte et qui contribue à son existence. Il n’y a pas une autre façon de comptabiliser les gens, si pas de ventre la carte.

Vous faites ça pour contrer ceux qui se réclament encore du MLC ?

Non, c’est l’organisation. C’est une impulsion de l’organisation et du fonctionnement d’un parti. Moi, en tant que Secrétaire général du parti, je suis face aux enjeux importants du parti, notamment le processus électoral et nous devons aller aux élections, je dois savoir, j’aligne des gens pour gagner les élections dans toute la République. A Kinshasa, il y a 12 millions d’habitants, environ 60% des personnes en âge de voter et dans cette proportion, le MLC a combien de membres ? Si je ne change pas un peu de modèle, je ne saurai pas comptabiliser, parce que le modèle va se chevaucher avec l’ancienne carte.

Y a-t-il une sorte de fronde au sein du MLC ?

Sorte de fronde, non ! Tout va bien au sein du MLC. Nous avions eu un problème qu’on ne peut pas éluder. L’ex-Secrétaire général du parti qui est aujourd’hui le Vice-Premier ministre et ministre des PTNTIC, M. Thomas Lohaka qui a dirigé le parti comme SG, a opté pour exercer les fonctions gouvernementales. Nous, nous sommes un parti de l’opposition. Conformément à l’article 8 de la Constitution, les droits liés à l’opposition sont sacrés. Il y a la loi portant statut de l’opposition qui dispose en son article 4 ‘’est réputé avoir renoncé au statut de l’opposition le parti ou le regroupement politique qui accepte de partager les responsabilités au niveau de l’exécutif national, provincial, municipal, urbain et local’’. A ce stade, il n’y a jamais eu un seul jour un débat au sein du MLC pour le changement du statut de l’opposition dans des conditions actuelles. Parce que c’est quand même quelque chose d’important de fond. On n’a jamais dit qu’à la fin du mandat actuel de la gestion de la chose publique, que nous puissions intégrer la Majorité. Actuellement, la Majorité est requalifiée avec le même programme, la même direction, etc. Il n’y a jamais eu d’accord politique suspendant l’article 8 de la Constitution ou l’article 4 de la loi portant statut de l’opposition.

C’est normal qu’ils prennent part au Gouvernement de cohésion nationale, conformément aux résolutions des Concertations nationales ?

En 2006, le MLC par la bouche de son président national, avait levé l’option d’exercer une opposition forte et républicaine. A ce jour, républicaine, c’est-à-dire, respectueuse des textes. Force, c’est-à-dire, avec toute l’orthodoxie, toute l’intégrité qu’il faut. Un opposant, c’est un policier de la gestion de la chose publique. Lorsque ceux qui ont été déclarés comme gagnants gèrent, l’opposition est comme le policier pour à tout moment redresser la situation. Aller au-delà d’un syndicat qui fait la promotion des droits des employés sans avoir l’ambition de devenir employeur. Aller au-delà d’une ONG qui propose la gestion de la chose publique, tout en restant en dehors de cette gestion active. Leur parti politique concourt à la conquête du pouvoir. Nous contrôlons l’action, l’exercice de ceux qui gèrent et la conquête du pouvoir à travers le processus comme celui qui est en cours actuellement. Lorsqu’on nous appelle à une concertation, nous sommes les bienvenues, d’autant plus que nous gérons ensemble l’Etat au niveau des Assemblées délibérantes : l’Assemblée nationale, le Sénat et au niveau provincial. Ce n’est pas la première fois que la Majorité au pouvoir nous a appelés et nous sommes partis. Nous étions partis à l’appel de l’ancien Premier ministre, le patriarche Antoine Gizenga, nous avons dit que nous sommes dans l’opposition. Lorsque Mwando Nsimba était informateur du Gouvernement, il nous a appelé et nous lui avons donné notre point de vue, on n’a pas participé. Le Chef de l’Etat comme Autorité morale de la Majorité avait appelé tous les fils et filles de ce pays pour s’asseoir ensemble et régler la question des agresseurs du M23 et en tant que Congolais, nous ne pouvons qu’y aller. Vraiment, le quitus a été donné par notre président, ou par la direction politique en son ensemble. Nous avons donné aussi notre contribution à la gestion du pays à ce niveau là. Bien entendu, nous sommes allés là-bas aussi pour d’autres questions. Nous sommes allés avec au préalable une note claire d’orientation lue d’ailleurs à l’époque par M. Thomas Lohaka, comme qui dirait que les Concertations nationales, ne sont pas Sun City bis, ni Conférence Nationale Souveraine, ou après ces assises on va procéder au partage du pouvoir, telle n’était pas la question. Nous avons donné notre contribution et nous avions obtenu ce que nous avons voulu, notamment la loi de l’amnistie. Sinon, si on n’était pas parti, je ne pense pas que la Majorité serait dans les conditions de défendre les compatriotes qui sont emprisonnés pour des raisons politiques. Même si la loi de mise en œuvre ne s’applique pas comme il se doit, mais nous en avons bénéficié. Prenons l’exemple des compatriotes de l’UDPS qui n’ont pas participé aux Concertations, mais il y a en qui ont bénéficié de l’amnistie, y compris certains membres du MLC. Nous avons obtenu la solution sur le M23. Le MLC a donné son point de vue, de la manière, de la stratégie avec laquelle il fallait combattre ce fléau et nous avons réussi. Je vous informe qu’une personnalité de ce pays comme Mamadou Ndala est venue du MLC, de même que le général Bahuma. Nous avons proposé de prendre les fils de ce pays, qui maîtrisent les contours de la sécurité pour être au front, en première ligne. Et ça été accepté.

Parce que vous voulez servir le pays, être avec le Gouvernement dans l’exécutif, n’est-ce pas la manière la plus pratique de le faire ?

On le fait conformément aux lois et règlements de la République. Les lois de la République, c’est la constitution. Hier et avant-hier, avant la constitution de 2006, il n’y avait pas un cadre légal de l’opposition. Nous avons la constitution, nous avons la loi portant statut de l’opposition. Aucun accord ne l’a suspendue et nous respectons ces lois-là. Il ne faut pas biaiser la démocratie, comme on entend chercher les définitions, comme le dirait le Cardinal Monsengwo, les convergences parallèles. Quand c’est parallèle, c’est parallèle et quand c’est convergent, ça converge. La politique aussi ne peut pas déroger à cette règle. Nous sommes dans une approche démocratique et ceux qui sont proclamés gagnants doivent gérer suivant leur mandat, nous sommes presqu’à la fin, battez-vous, demandez le quitus de la population pour que vous aussi vous accédiez au pouvoir. Voilà pourquoi sous d’autres cieux on nous dit, la démocratie à l’africaine. Non, ce sont des principes standards, universels qui concernent tout le monde. On n’invente pas la roue, on l’améliore.

La CENI a publié il y a peu un calendrier électoral global, quelles sont les observations que le MLC apporte à ce document publié ?

Je tiens à dire que si nous avons obtenu aujourd’hui le calendrier global, c’est aussi grâce à l’apport de l’opposition, notamment le MLC. Nous avons pesé de tout notre poids pour qu’on obtienne ce calendrier global. Souvenez-vous que bientôt ça fera une année depuis que la CENI avait publié un calendrier. Souvenez-vous que la CENI avait en son temps présenté une feuille de route à l’Assemblée nationale avec des hypothèses. Le MLC a récusé tout ça et nous avons préféré un calendrier global. Le calendrier est là, mais pour que nous allions loin, nous avons donné des propositions avec un groupe de l’opposition pour aérer ce calendrier. Nous faisons d’abord nôtres les contraintes de la CENI, mais nous attirons l’attention de la CENI qui a parlé des contraintes externes à elle. Il y a aussi des contraintes internes à la CENI, comme l’identification de nouveaux majeurs. Ces jeunes-là constituent plus de 10% des Congolais.

Pouvons-nous nous attendre à un candidat de l’opposition à l’élection présidentielle de 2016 ?

Oui. Les membres de l’opposition sont des Congolais qui ont vécu la situation politique de 2006 et de 2011. Nous n’avons pas joué un jeu stratégique qu’il fallait. Nous comprenons que l’exercice démocratique dans notre pays on s’exerce un peu. Il y a en qui reculent, il y a en qui reviennent. C’est un exercice, c’est un processus, mais cela doit nous servir de leçon. Voyez-vous en 2006, il y avait 32 candidats, même si l’un d’entre eux n’avait pas payé la caution et on a parlé de 31 candidats, 30 supposés être de l’opposition face au président Kabila. Nous sommes allés au premier tour et le président Kabila n’a pas obtenu la moitié de voix, soit 44%. C’est-à-dire que 56% à peu près ont dit non. Et ce, même si en 2006 il avait déjà 5 ans, tout le monde le sait, il a la puissance publique. Mais ces 56% des Congolais ont manqué un leadership canalisant. Le président Tshisekedi de l’époque a refusé d’aller aux élections. Dans le lot de 56%, il y a eu un qui a été qualifié pour aller au deuxième tour, c’est le sénateur Jean-Pierre Bemba. Mais si l’opposition avait une certaine unité, elle aurait remporté. C’est une leçon, sinon nous allons faire une politique en désordre.

Qui peut mener l’opposition par rapport à un candidat de la Majorité ?

Qui, ce n’est pas en termes d’individus, je voudrai que l’on parle ici en termes de programme. Il faut que nous apprenions dans notre pays à privilégier le programme. On doit avoir la culture d’avoir les institutions fortes, plutôt que les hommes et les femmes forts. Cela va nous aider à tenir l’architecture Congo. Moi, je ne fait pas une politique flatteuse, mais une politique science. On a un problème sérieux dans nos partis politiques en termes de doctrine. Il y a des démocrates, des socio-démocrates et les libéraux qui sont ensemble. Actuellement, si on respectait les doctrines, l’UDPS et le PPRD qui sont les socio-démocrates devaient être ensemble. La constitution impose aux partis politiques la formation à la conscience nationale. Même en 2011, s’il y avait l’unicité de l’opposition, aujourd’hui le président Kabila gère avec 48%, c’est-à-dire 52% des Congolais n’ont pas été d’accord avec son programme. Mais ces 52% des Congolais n’ont pas eu un leadership. Maintenant, si l’on veut parler en termes d’individus, revenons à l’affaire du débat contradictoire. Ça permet au peuple de jauger qui et qui. C’est pourquoi dans d’autres cieux, on parle de primaires pour savoir à qui est-ce qu’on peut confier cela.

Au niveau du MLC, on n’a jamais retiré la confiance au sénateur Jean-Pierre Bemba, notre candidat, nous avons toujours été convaincu qu’il avait gagné les élections. Il n’a jamais été condamné, il est en privation provisoire de liberté et au stade actuel, nous sommes très avancés. On est arrivé à l’attente du verdict. S’il arrivait qu’il soit condamné, nous allons utiliser la procédure judiciaire, nous allons interjeter appel. A ce stade, Jean-Pierre Bemba a prouvé de ses compétences au sein du MLC et nous sommes convaincus d’avoir gagné les élections en 2006.

Le découpage divise l’opinion et l’Equateur sera morcelé en 5. Quel est votre commentaire ?

L’élection du Gouverneur, c’est conformément à la loi. Trente jours après la disparition d’un Gouverneur, on procède à l’élection. Nous sommes en pure violation de la loi. Les nouvelles provinces sont mal vues lorsqu’on les prend dans les prismes politiques. Normalement, c’est pour des raisons de l’administration de la chose publique, dans les prismes purement économiques pour atteindre un développement durable et le développement commence par la base. C’est question de rapprocher les administrés des administrants. C’est mal vu parce que c’est fait dans la précipitation et pour des raisons politiques. La constitution était promulguée en 2006 et au même moment, on a parlé de la loi de programmation. De 2006 à 2015 ça fait 9 ans durant. Ce qu’on n’a pas pu faire en 9 ans, on vient le faire en quatre mois. Pourquoi, parce qu’il y a certains dirigeants qui ont gêné dans le Katanga. Vous savez, il y a un adage qui dit : « si c’est son frère, par rapport à une situation, on utilise la jurisprudence ou la coutume, mais si c’est son adversaire, on applique la loi ». Faisons-le progressivement. Si le problème c’est le Katanga, commençons alors par le Katanga ! Je ne refuse pas. Il y a une école qui dit, lorsque le colon était venu, on n’a pas attendu l’infrastructure pour installer les provinces. Et puis il y a une école qui dit qu’on ne peut pas faire ce qui était à ce moment là, parce qu’il n’y avait pas de développement actuel. Au niveau du MLC nous disons, tout ce que nous entreprenons pour la République, faisons-le dans les prismes de l’administration pour aboutir au développement. Mais si on met la donne politique devant, on le fera, mais très mal. Voilà pourquoi il y a des remous au Katanga, au Kasaï et ailleurs. En Ituri, il se pose un problème de la violation de la constitution…

(aPropos rendus par Jean-Marie Nkambua)

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