Dans une étude qui a fait date: Léon de Saint Moulin et Jan Vansina localisent les « Balobo » dans l’ancienne province de l’Equateur

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Léon de Saint Moulin et Jan Vansina sont l’un historien et l’autre ethnologue. Dans le contexte congolais, en effet, ils sont réputés pour le fait d’autorité de leurs études respectives. Ils ont ainsi localisé les « Balobo » dans l’ancienne province de l’Equateur. Dans le présent  article qui fait suite à la première partie paru dans L’Avenir d’hier mercredi en page 11, deux chercheurs ethno-psychosociologues originaires de Bolobo, en l’occurrence  Randolph Sébastien Mbanga Manzimi et Joseph Mokelo Mpayi, apportent une version soutenue de la compénétration culturelle et l’ethnographie du territoire de Bolobo.

De petits groupes sédentaires peuplent les abords du fleuve Congo

Présentement, quelques ressortissants des communautés ethniques de Congo Brazzaville se comptent en petits groupes sédentaires dans quelques agglomérations de la RD-Congo, situées en bordure du fleuve de Yumbi à Bolobo, chez les Batende, voire en deçà de Bolobo vers Tshumbiri en terres Teke ; ce sont les Bankusi, les Mboshi, les Ngungulu, les Likuala, les Koyo à côté des Banunu et Bobangi ; il est même difficile aux non-initiés de les différencier, car tous manipulent aisément le kinunu et/ou le bobangi.

A ces groupes ethniques, il faut ajouter ceux des collaborateurs (équipages et aide-évangélisateurs) qui avaient accompagné les missionnaires, protestants surtout, notamment les Lokele (Disasi), les Tetela, les Bawumbu (Bongudi)  et les Bakongo (bana ba mayi na mokwa ( entendez : ceux de l’eau salée, l’océan Atlantique dans notre cas ; l’on cite Nkosi, sans omettre un certain Luvusu que d’aucuns classent confusément comme sujet de l’ethnie Yaka de Bandundu,  etc.). Il y a également les anciens esclaves que émancipés par l’évangélisation. IBAKA, chef des Banunu et Bobangi de Bolobo, fut un ex-esclave d’origine Teke (Voir G. Grenfell, fondateur de la mission protestante, BMS, de Bolobo). Ces deux dernières catégories habitaient le quartier appelé ‘’Colonie’’, devenu Montsundi à Bolobo.

 Balobo, Bolobo, ’Banunu-Bobangi’’ : des vocables qui ont intéressé des scientifiques

S’agissant du vocable Balobo, l’historien Léon de Saint Moulin et l’ethnologue  Jan Vansina (qui ne sont plus à présenter ici), notent que la communauté humaine dite Balobo est implantée dans l’ancienne Province de l’Equateur à côté des Mwe.

Cette autre expression qui frise un énième     amalgame dans l’ethnographie de Bolobo et/ou de la RDC.

Tantôt, l’expression ‘’Banunu-Bobangi’’ est prise comme un peuple homogène, tantôt comme ‘’une association’’ laquelle serait créée en 1948 ;  et ‘’l’unité des Banunu Bobangi serait disloquée lors de la création des districts en 1933’’,  époque où ils appartenaient à la Province de  Léopoldville’’ ainsi que nous l’avons appris du Député Etibako.

Quand le Député Etibako évoque le vocable ‘’balobo’’ ou une certaine ‘’unité balobo’’ alors qu’il donnait une interview sur sa circonscription électorale, le territoire de Bolobo, il insinue un amalgame à la fois tendancieux, déformant. Il importe, dès lors, de dissiper la confusion dans l’esprit de ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Bolobo. Souvent, les ressortissants Banunu et Bobangi établis à Bolobo se prétendent des Balobo et leur dialecte serait kilobo, à l’exception curieusement des Banunu et Bobangi restés à l’Equateur, dans les Secteurs de Ngiri (Bomongo) et Banunu (Lukolela) appelé Nsangasi-Moliba. Au nom de la prétendue unité des Banunu et Bobangi qui seraient mués en Balobo à Bolobo, l’on se demande également si les Moye du Congo Brazzaville seraient aussi aussi des Balobo. De même que la frange des Nunu et/ou Bobangi installés chez les Sengele du Groupement Mbelo à Nkuboko, en Territoire d’Inongo. Comment pourrait-on appeler ces autres franges ?  ‘’Bansangasi’’,  ‘’Bankuboko’’ ou Balobo au nom toujours de la prétendue unité des Balobo qui ne seraient que ces Nunu et Bobangi qui auraient subi la mue du fait de s’implanter à Bolobo ?

Evoquer les Balobo ou leur prétendue unité à Bolobo dénote une altération émouvante de l’histoire de Bolobo en particulier,  et de la RDC.

La question capitale est pourquoi les ressortissants Banunu et Bobangi habitant Bolobo, tiennent à se passer pour des ‘’Balobo’’, alors qu’ontologiquement, ils sont soit des Banunu (ou des Moye), soit des Bobangi ?

Pour résumer ce point, l’histoire de la RD-Congo renseigne que la région allant de Yumbi à Bolobo (Territoires de Yumbi et Bolobo), partie intégrante de l’actuelle province du Maïndombe (ou des ex-provinces du Congo-Kasaï, de Léopoldville et du Bandundu) est habitée par les Batende et Bateke-Nord. Ce sont des tribus autochtones, avec les ressortissants Nunu et Bobangi venus de la rive gauche de l’Ubangi(Ngiri) et de Nsangasi-Moliba à Lukolela.

Des précisions suivant l’histoire de la RD-Congo

-Primo : ‘’Banunu-Bobangi’’ pris comme un peuple homogène, est une invraisemblance pour plusieurs réalités sociohistoriques dont quelques-unes ci-après : un tel peuple n’est pas mentionné parmi les 450 tribus recensées de l’ethnographie de la RDC. En dépit des similitudes culturelles avérées en tant que ‘’gens d’eau’’(Vansina), ils ont des origines ethniques hétéroclites. La langue kinunu-bobangi n’existe nulle part, les cantiques sont édités en bobangi et non en kinunu-bobangi ni en Moye-bobangi.

-Secundo : ‘’Banunu-Bobangi’’ comme association peut-être véridique. Des ressortissants des communautés hétérogènes, Bobangi et Banunu-Moye, qui « avaient descendu le fleuve Congo en petits groupes », s’installant à Yumbi et Bolobo, voire en deçà, donc en dehors de leurs terroirs originels, Secteur de Ngiri (Bomongo),Secteur de Banunu(Lukolela) ou Nsangasi-Moliba qualifié par le colonisateur comme les marécages les plus insalubres du Congo  et à Nkuboko (Territoire d’Inongo chez les  Sengele de Mbelo), avaient senti le besoin de s’unir en une association qu’ils nommèrent Banunu-Bobangi pour un idéal quelconque.

Ce genre de mouvements était généralisé au pays avant l’indépendance. L’on peut citer l’ABAKO, CONAKAT, ABANZI, voire EYUKA chez les Batende  etc. Chez les Banunu et les Bobangi,  ce serait en 1941 selon le mémorandum que ladite association avait adressé à la communauté Batende en février 2008, et/ou en 1948 selon le Député Etibako, leurs propres versions étant contradictoires à ce sujet, ainsi que l’on peut le constater.

-Tertio : il y eut effectivement des ressortissants Banunu et Bobangi dans la Province de Léopoldville, mais une nuance s’impose : en effet, seuls les ressortissants Nunu et Bobangi du Congo Kinshasa, qui avaient descendu le fleuve Congo et s’étaient  installés le long des rives du fleuve Congo entre Yumbi et Bolobo, en terres des Batende alors, voire en terres Teke, avaient habité la Province de Léopoldville laquelle a vu le jour sous le décret du  29 juin 1933. Tel n’était pas le cas pour la frange des populations Nunu et Bobangi qui étaient restées dans leurs contrées originaires à Nsangasi-Moliba au sud de Lukolela, ou au confluent du fleuve Congo avec l’Ubangi (à Ngiri, dans l’actuel Territoire de Bomongo) dans la province de l’Equateur.

Pour une vue globalisante, l’histoire recommande de préciser qu’à ce jour, les Banunu et Bobangi ont des groupements d’une importance considérable au Congo Kinshasa dans les anciennes provinces de Bandundu (en territoires de Yumbi et Bolobo, où ils étaient adoptés par les Batende, et en territoire d’Inongo chez les Basengele), de l’Equateur (Secteur de Ngiri/Bomongo et à Lukolela chez les Mpama), et enfin au Congo-Brazzaville dans la région de la Cuvette à Makotimpoko (où les Nunu sont  appelés les Moye ).

-Quarto : quand l’Honorable affirme que ‘’l’unité des Banunu et Bobangi serait disloquée lors de la création des districts en 1933’’, cela n’est pas vérifiable par l’histoire du Congo Démocratique, c’est une désinformation, quand le missionnaire Grenfell mentionnait que ‘’les Banunu craignaient les Bobangi’’. Nous citons : « les Bobangi, d’origine de la rive gauche de l’Ubangi, étaient des commerçants, le peuple du fleuve,  vivant dans la grande mobilité tandis que les Banunu, du Nord de Bolobo, les craignaient ». En plus, ces mêmes ressortissants Banunu et Bobangi de Bolobo n’habitaient pas ensemble,  ainsi que le même révérend Grenfell le notait, nous citons : «  la mission occupait un terrain neutre entre les peuples Bobangi et Moye ». (A suivre)

(Lepa)

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