Dans une cérémonie de présentation des vœux aux opérateurs économiques: Albert Yuma milite pour la mise en place d’un fonds de type « souverain »

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« Nous devons donc tout faire pour pouvoir profiter maintenant de l’envolée des cours, et localiser les flux générés par cette hausse dans un fonds qui constituera le véhicule d’une levée de capitaux nécessaire au programme d’investissement que j’appelle d me vœux », insiste Albert Yuma, qui conseille en passant de ne pas laisser cette chance, comme d’autres l’ont laissé passer avant nous. Selon lui, des estimations à affiner encore renseignent que dans les 10 ans à venir, la Rdc devrait encaisser entre 20 et 30 milliards de dollars sur base d’une exploitation équilibrée du cobalt.

Comme dans ses habitudes, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à travers son président Albert Yuma a organisé dernièrement une cérémonie de présentation des vœux aux opérateurs économiques. Une occasion pour les opérateurs économiques de se retrouver pour dresser effectivement le bilan de ce qu’à été la période qui s’achève et de poser un regard prospectif sur celle qui commence, et cela au titre du seul secteur économique. La cérémonie de présentation des vœux a toujours constitué pour la FEC un moment privilégié de partage avec ses hôtes, sur la situation socio-économique du pays et de ses acteurs. Rison pour laquelle le propos du président de la FEC s’est centré autour des axes suivants : une analyse de la situation socio-économique nationale en 2017, précédée d’un rapide survol de l’environnement international ; ensuite l’état des relations avec le Gouvernement, une revue rapide des activités de la FEC et enfin sa vision des perspectives économiques, politiques et sociales pour l’année 2018.

Analysant le premier point, Albert Yuma a expliqué que sur le plan international, la situation s’est améliorée. La reprise de l’activité qui avait débuté au deuxième semestre de 2016 s’est affermie en 2017. Ainsi, la croissance mondiale, qui était de 3,2% en 2016, la plus faible enregistrée depuis la crise financière de 2007-2008, est passée à 2,6% en 2017. Au niveau national, l’année 2017 a été caractérisée par une augmentation de l’activité économique, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter, dit-il. Et d’ajouter, selon les données de la Banque centrale du Congo (BCC), l taux de croissance économique serait estimé à 3,2% à fin 2017, contre 2,4% en 2016, soit un accroissement de 0,8% de point de croissance. « Je tiens d’ailleurs à féliciter le Gouvernement et la BCC pour avoir été très proactifs en prenant des mesures courageuses de stabilisation à partir du mois d’août. Alors que nous étions dans une spirale inflationniste dont personne ne savait où elle s’arrêterait, ces mesures ont permis de juguler tant l’inflation, dont nos concitoyens sont les premières victimes, que le taux de change, qui impactait notre capacité budgétaire », dit-il.

Un climat des affaires resté le même

S’agissant du climat des affaires, le président du patronat congolais note qu’il est sensiblement resté le même, dominé notamment par la corruption, le harcèlement fiscal et l’insécurité juridique et judiciaire. Il ne contribue toujours pas à favoriser la promotion de l’investissement, ni à la croissance, ni au développement du pays. C’est ici qu’il a paraphrasé le président de la République qui, le 5 avril 2017 devant le Congrès avait dit : « Tant que notre système fiscal sera écrasant, discriminatoire et truffé d’une parafiscalité lourde, le climat des affaires ne sera pas propice à l’investissement productif ni au civisme fiscal ».

Pour soutenir ses propos, il a évoqué quelques cas qui caractérisent l’incapacité à laquelle l’on se heurte à chaque fois qu’il est tenté de réformer une administration, qui vit et se nourrit de sa propre activité. C’est le cas de la prolifération des missions d’enquêtes fiscales, les multiples perceptions des droits et taxes, etc.  « Trop de taxes, parfois injustifiées, d’un montant trop élevé, trop de contrôles intempestifs, l’absence de réformes, c’est de cela que toutes les entreprises qui opèrent encore dans l’économie formelle se plaignent et déplorent à titre légitime la détérioration toujours plus importante du climat des affaires », explique-t-il.

C’est ici qu’Albert Yuma a fait le bilan de l’état des relations entre la FEC et le Gouvernement, tout en constatant que des réformes ont été entreprises et a même formulé l’espoir qu’elles porteront les fruits escomptés dans les mois qui viennent. Il s’agit de la loi n°17/001 fixant les règles applicables à la sous-traitance dans le secteur privé promulgué en février 2017 par le chef de l’Etat, dans l’objectif de permettre l’émergence d’une classe moyenne locale congolaise, lutter contre la pauvreté et faire bénéficier au plus haut niveau nos populations locales des effets positifs du développement générés par cette sous-traitance. Il y a aussi la révision de la loi portant loi agricole qui, dans sa forme actuelle, a comporté des dispositions qui se sont avérées comme des freins à l’investissement. Il y a également le consensus trouvé avec le Gouvernement autour du projet de loi en cours d’examen au Parlement portant modification de la loi cadre sur les télécommunications de 2002, etc.

C’est au regard de tout ceci qu’il a recommandé le modèle de dialogue social qui caractérise le monde du travail où aussi bien sur le plan international, national que dans les entreprises les plus grandes orientations font l’objet de concertations entre les partenaires sociaux afin de rechercher des solutions consensuelles qui permettent à toutes les parties de trouver leurs comptes.

La nécessité de la mise en place d’un fonds de type souverain

A l’en croire, ce fonds serait alimenté par une part du produit des revenus miniers et sur lesquels pourrait être par exemple adossé un emprunt obligataire de grande envergure nécessaire à la mise en œuvre d’un plan de financement sur des secteurs prioritaires.  Ce fonds aurait comme priorités, de faire de la Rdc un pays exportateurs en développant les surfaces cultivables et en subventionnant l’investissement privé ; l’énergie, avec évidemment Inga, les infrastructures et l’administration, notamment fiscale.

« Toute action ou décision économique ne peut réussir sans une réelle stabilité politique qui constitue, avec la paix et la bonne distribution de la justice des conditions sine qua non de la confiance des opérateurs économiques et des investisseurs », déclare Albert Yuma, qui se réjoui en passant du fait que le chef de l’Etat, dans son discours de vœux à la Nation le 31 décembre dernier, a indiqué que le processus électoral auquel nous nous sommes engagés est irréversible.

(Jean-Marie Nkambua)

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