Dans un récent message: Les évêques allument le feu

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*C’est à tort que la CENCO croit que la nomination des Commissaires spéciaux non élus par le souverain primaire constitue un recul pour la démocratie. D’autant plus que le Chef de l’Etat n’a fait qu’exécuter l’arrêt de la Cour Constitutionnelle, qui avait ordonné au Gouvernement de « prendre sans tarder des dispositions transitoires et exceptionnelles en vue de faire régner l’ordre public, la sécurité et assurer la régularité ainsi que la continuité des services publics dans les nouvelles provinces ».

*Pour la CENCO qui s’est exprimé hier dans un nouveau message, l’avenir heureux de la RD Congo réside incontestablement dans la sauvegarde de l’intégrité du territoire national, le respect de la Constitution, socle de la jeune démocratie, et la tenue des élections libres et transparentes dans les délais constitutionnels. Elle se propose de mobiliser le peuple à travers des actions de grande envergure comme la Neuvaine de prières, la marche pacifique, etc.

Qui va arrêter la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ? Pourquoi voit-elle toujours le rouge là où beaucoup voient du blanc ? Pourquoi semer autant de messages de désespoir au sein de la population congolaise qui n’en a pas besoin? A-t-elle un problème particulier avec l’actuel Président de la République ? Est-ce que la mission prophétique de l’Eglise l’oblige-t-elle à créer de l’incertitude au niveau de la population ? Voilà autant de questions que les Kinois se posent au lendemain de la énième déclaration de la CENCO intitulée : « Faudrait-il encore que le sang coule en Rd Congo ? », se référant au 4ème chapitre du livre de Genèse, verset 10 de la Bible. Comme si la CENCO est informée d’un plan machiavélique ourdi, qui viserait de faire couler le sang des Congolais.

Et pourtant, nombreux ont été des signaux positifs ces derniers temps donnés par le Chef de l’Etat, qui est déterminé à conduire le peuple au dialogue politique inclusif. Un dialogue voulu par les uns et les autres au vu des difficultés nées du processus électoral et les défis à relever à ce sujet, de même que quelques contradictions apparues principalement au sein de la classe politique.

Pour rencontrer l’exigence de l’opposition, l’émissaire du Chef de l’Etat, en la personne de Raymond Tshibanda, a même séjourné à New York afin de solliciter l’implication de la plus haute autorité des Nations Unies, Ban Ki-moon, en vue de la désignation d’un médiateur internationale. Pour ce faire, quatre noms ont même été proposés. Au moins deux d’entre eux ont été actés par ladite opposition. Les deux derniers conseils des ministres présidés successivement par le Président de la République et le Premier ministre, soit le mardi et le mercredi de cette semaine, avaient pour nature d’informer à la population qu’incessamment, le Président de la République fixera l’opinion sur l’option qu’il a levée à cet effet.

Le recul de la démocratie

Pour la CENCO, la nomination des Commissaires spéciaux non élus par le souverain primaire constitue un recul pour la démocratie. « La République Démocratique du Congo présente aujourd’hui un visage hybride avec d’un côté 5 provinces dirigées par des Gouverneurs et des Assemblées provinciales élus et, de l’autre, 21 provinces avec des Commissaires spéciaux nommés », indique la déclaration.

Et pourtant, en procédant de la sorte, la CENCO oublie vite que le Gouvernement n’a fait qu’exécuter l’Arrêt N° R. Const.0089/2015 du 08 septembre 2015. En effet, cet arrêt de la Cour Constitutionnelle avait ordonné au Gouvernement de « prendre sans tarder des dispositions transitoires et exceptionnelles en vue de faire régner l’ordre public, la sécurité et assurer la régularité ainsi que la continuité des services publics dans les nouvelles provinces ».

C’est dans le but de matérialiser l’exécution de cet arrêt dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République que les Commissaires Spéciaux du Gouvernement et Commissaires Spéciaux Adjoints ont été nommés pour administrer les nouvelles provinces, à titre transitoire et exceptionnel.

Il convient de noter à ce sujet que l’injonction de la Cour constitutionnelle cadre parfaitement avec l’esprit de la loi N°08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces qui stipule dans ses articles 63 à 66 qu’en cas de nécessité en matière de représentation de l’Etat en province,’’ le pouvoir central peut se substituer au Gouverneur de province’’. Ce projet d’Ordonnance a été adopté par le Conseil et sera soumis à la sanction du Président de la République. A dire qu’il s’agit d’un recul de la démocratie, de quelle démocratie s’agit-il ?

Rester vigilant

Au point 7 de la déclaration, la CENCO demande au Peuple congolais de faire preuve de vigilance dans l’esprit de l’article 64. Un peu comme le dirait un prophète de malheur, c’est comme si la CENCO est informée d’un complot qui serait préparé quelque part contre le peuple ! Aussi, rappeler cette disposition constitutionnelle, ce n’est ni plus ni moins que de l’intoxication et de l’appel à un soulèvement populaire.

Il est vrai, à en croire le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, que le peuple qui attend fiévreusement le dialogue, ne pourra prêter oreille à ces genres d’informations. Du reste, l’Hôtel de ville est prévenu, et pourra au moment venu prendre des dispositions utiles, pour que cette marche prévue le 16 février 2016, si elle est autorisée, ne puise diviser qu’unir les Congolais. Il faut arrêter de faire couler le sang ! Et cela, de manière civilisée.

Ci-dessous, l’intégralité du message du comité permanent extraordinaire de la CENCO pour la réussite du processus électoral :

L’Avenir

 

 

Faudrait-il encore que le sang coule en RD Congo? (cf. Gn 4,10)

MESSAGE DU COMITE PERMANENT EXTRAORDIANIRE DE LA CENCO

POUR LA REUSSITE DU PROCESSUS ELECTORAL

  1. Réunis à Kinshasa, du 23 au 24 novembre 2015, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques membres du Comité Permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), faisant suite à notre point de vue du 12 novembre 2015 sur le dialogue national dans le respect absolu du cadre constitutionnel et institutionnel en vigueur, avons échangé sur la situation du pays, une année avant les échéances électorales de novembre 2016: elle est inquiétante et préoccupante. Nous avons évoqué le souvenir malheureux et douloureux des guerres et tribulations qui ont semé le désarroi dans la population congolaise et fait couler le sang des millions des fils et filles de notre pays à cause notamment d’une certaine façon d’accéder au pouvoir par la force et de l’exercer au détriment du bien commun.
  2. Comme nous l’avons exprimé dans notre lettre donnée à Rome à l’occasion de la visite ad limina en septembre 2014, nous demeurons persuadés que les citoyens et les hommes politiques qui aiment vraiment ce pays éviteront d’engager la Nation dans une voie qui risquerait de faire couler davantage le sang des Congolais. Hélas! Malgré notre message, en janvier 2015 le sang a encore coulé suite à la tentative de contourner les dispositions constitutionnelles. Il faut arrêter de faire couler le sang.
  3. Nous reconnaissons les efforts consentis par le Gouvernement pour la démocratisation du pays. Malheureusement, nous sommes peinés de constater que l’approche des échéances électorales amène encore son lot de restrictions des libertés individuelles, la croissance de répressions et d’intimidations. La démocratie ne doit pas être un simple slogan, mais plutôt une culture et l’alternance en est une expression.
  4. La gestion démocratique exige des règles et des valeurs respectées de tous. Ainsi, la nomination des Commissaires spéciaux non élus par le souverain primaire constitue un recul pour la démocratie. La République Démocratique du Congo présente aujourd’hui un visage hybride avec d’un côté 5 provinces dirigées par des Gouverneurs et des Assemblées provinciales élus et, de l’autre, 21 provinces avec des Commissaires spéciaux nommés.
  5. Pour la CENCO, l’avenir heureux de la RD Congo réside incontestablement dans la sauvegarde de l’intégrité du territoire national, le respect de la Constitution, socle de notre jeune démocratie, et dans la tenue des élections libres et transparentes dans les délais constitutionnels. Aussi, en tant que fils de ce pays et en vertu de notre mission de pasteurs, serviteurs de la Vérité et de la paix, nous voulons apporter notre contribution pour la consolidation de la paix, la sauvegarde de la démocratie et le respect de la Constitution.
  6. Nous nous engageons à mobiliser les fidèles chrétiens, les hommes et les femmes de bonne volonté à travers toute l’étendue de la République autour des initiatives spirituelles pour implorer la grâce de la paix et de la miséricorde sur notre pays. Il s’agit notamment de :

1° l’organisation d’une Neuvaine de prières dans toutes les paroisses et les CEV en vue de la réussite du processus électoral et de la sauvegarde de l’intégrité territoriale à partir du 8 décembre 2015, jour d’ouverture de l’Année de la Miséricorde, décrétée par le Saint-Père, le Pape François;

2° la programmation de la Marche pacifique de tous les chrétiens, hommes et femmes de bonne volonté dans tous les diocèses pour consolider la démocratie, le 16 février 2016 à l’occasion de l’ouverture de l’année jubilaire de la marche historique du 16 février 1992 ;

3° l’organisation dans les paroisses et les mouvements d’action catholique, tous les premiers samedis du mois, d’une Prière spéciale pour la justice et la paix;

4° la Célébration d’un culte œcuménique pour la paix pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens du 18 au 25 janvier 2016.

  1. Nous nous engageons également à poursuivre l’éducation civique et électorale de la population à la base pour l’aider à s’approprier la Constitution de la République. Nous demandons au Peuple congolais de faire preuve de vigilance dans l’esprit de l’article 64 qui stipule que « Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».
  2. L’avenir paisible de la RD Congo est une grave responsabilité qui incombe à tous les Congolaises et Congolais. Le peuple ne doit pas être pris en otage par un agir politique qui sacrifie l’intérêt supérieur de la Nation. Faudrait-il encore que le sang coule en RD Congo?
  3. Nous invitons toutes les forces vives de la Nation à un sursaut patriotique et à un réel engagement pour assurer la réussite du processus électoral, gage de l’émergence d’un Congo nouveau et prospère.
  4. Que par l’intercession de la Sainte Vierge Marie, Reine de la paix, et de la Bienheureuse Marie- Clémentine Anuarite, Vierge et Martyre, victime des violences politiques dans notre pays, Dieu bénisse la RD Congo et son peuple.

Kinshasa, le 24 novembre 2015

 

LES EVEQUES MEMBRES DU COMITE PERMANENT DE LA CENCO PRESENTS A LA SESSION EXTRAORDINAIRE du 23 au 24 novembre 2015

  1. S. Exc. Mgr Nicolas DJOMO, Evêque de Tshumbe et Président de la CENCO
  2. S. Exc. Mgr Joseph BANGA, Evêque de Buta, Vice-président de la CENCO
  3. S. Em. Laurent Card. MONSENGWO, Archevêque de Kinshasa
  4. S. Exc. Mgr Dieudonné URINGI, Evêque de Bunia, Représentant de son Exc. Mgr Marcel UTEMBI, Archevêque de Kinsangani
  5. S. Exc. Mgr Gaspard MUDISO, Evêque de Kenge, Président de la CEDF
  6. S. Exc. Mgr Philibert TEMBO, Evêque de Budjala, Président de la CEE
  7. S. Exc. Mgr Willy NGUMBI, Evêque de Kindu, Président de la CEAL
  8. S. Exc. Mgr Janvier KATAKA, Evêque de Wamba, Président de la CEOD

9 S. Exc. Mgr Cyprien MBUKA, Evêque de Boma, Président de la CEIS

10.8. Exc. Mgr Fridolin AMBONGO, Evêque de Bokungu-Ikela, Président de la CEJP et de la CERN

  1. S. Exc. Mgr Fulgence MUTEBA, Evêque de Bokungu-Ikela, Evêque de Kilwa-Kasenga, Président de la CECOS
  2. S. E. Mgr Gaston RUVEZI, Evêque de Sakania-Kipushi, président de la CECDI

 

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