Dans un contexte des bars de plein air et de grand trafic motorisé: Les vacances de Noël posent le problème d’encadrement des jeunes

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Une séance d’encadrement d’enfants à l’outil informatique (ph tiers)
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Les vacances de Noël vont du 20 décembre 2017 au 08 janvier 2018, dans le secteur de l’enseignement primaire et secondaire. Elles s’étendent donc dans une période d’environ trois semaines.  En effet, l’encadrement des jeunes pendant cette période éprouve généralement les acteurs sociaux, au premier rang desquels les parents. Les jeunes ont besoin d’une bonne éducation, pour se préserver des souillures du monde susceptibles de les désorienter à l’âge adulte. Et cet impératif place les  parents à l’avant-plan, quand bien même les conditions de vie baigneraient dans une conjoncture  hasardeuse.

A Kinshasa, le contexte est marqué notamment par des préoccupations d’ordre sécuritaire, la promiscuité, la démographie urbaine galopante, le foisonnement des bars de plein air et de la musique à profusion, la libre circulation de liqueurs fortes, le déferlement de cybercafés et l’enthousiasme des jeunes  pour l’Internet … Les vacances, dans le contexte kinois, exposent les bénéficiaires à un stress permanent. Ceci au regard de la promiscuité et de l’occupation anarchique de l’espace public, privant les vacanciers kinois d’aires de jeu. Quand ils veulent organiser des compétitions de football des vacances  ou se défouler dans la rue, l’espace à cet effet, a été « réquisitionné » soit par des garages ou des parkings de rue, soit par des bars de plein air, soit des marchés de fortune. Même des trottoirs sont pris d’assaut par des tablettes. Les moto-transporteurs qui fourmillent dans les rues, sont devenus un danger permanent, empêchant même de jeunes amateurs de la bicyclette de s’offrir quelque espace de divertissement.

Quand l’école ferme ses portes, des associations planifient des activités récréatives   

Les vacances sont pour nombre de mouvements associatifs, des moments propices à la réalisation du gain. C’est essentiellement pour cette raison que des activités comme des excursions, des soirées dansantes sont organisées au premier bond. Sur des affiches pleins les murs et des banderoles, l’accent est souvent mis sur le côté  jouissance sexuelle. Les organisateurs qui ne manquent pas d’imagination pour se renflouer les poches, conçoivent des annonces portant des clichés propres à exciter les bas instincts. Ces moments dits d’évasion où interviennent des sponsors, permettent à beaucoup de jeunes (filles et garçons indistinctement) de briser la pudeur, banalisant du fait même certains interdits inculqués en famille. D’où, l’usage immodéré d’alcool, la drogue, la cigarette, etc.                Les vacances offrent également une aubaine aux tenanciers de vidéo publique (jadis des salles de cinéma), qui rêvent d’accroître le taux d’assistance à leurs séances de projection.  Ainsi, profitant du laisser-faire de l’autorité, beaucoup proposent des films qui ne tiennent pas nécessairement compte des attentes du public, au regard des normes morales.

Privation d’électricité, promiscuité, bars de plein air, délire publicitaire dans les médias : les vacanciers stressés et désabusés

Des garages de rue avaient été chassés de la voie publique par la première phase de l’opération « Likofi » comme dit précédemment. C’était en 2005. Dix ans plus tard, c’est « chassez le naturel, il revient au galop. Dans la plupart des quartiers, des bureaux de Police de proximité réquisitionnent des espaces à l’entour, qui  servent de parking payant. Certains propriétaires de véhicules se sont débarrassés sournoisement de leurs engins déclarés hors-chaussée, en les gardant pendant de longs jours dans ces parkings de fortune.

Il n’est pas rare, dans les communes de Kinshasa, à l’instar de Matete, Ngaba, Makala, Kisenso, Kalamu, pour citer ces cas, de voir des champs de légume et même une dalle de fosse septique occupant la rue. Dans ce dernier cas, la rigole reçoit couramment des eaux usées, et devient source de contaminations, de nuisance à la santé publique.

Quand ils sont terrés chez eux pendant les vacances, les enfants veulent bien s’émouvoir. La privation d’électricité et la pollution sonore des bars de plein air engendrent des habitudes inattendues auprès de jeunes vacanciers. A cela s’ajoutent des contraintes aliénantes, à l’instar de l’emballement de la publicité et la privation d’aire de jeu conséquente de la promiscuité. Les vacanciers qui n’ont pas eu assez d’espace de jeu pour « s’exprimer » dans la cour de l’école, ne peuvent non plus le faire  quand viennent les vacances. Et les enfants sont stressés, désillusionnés. Le type d’école héritée du programme colonial prévoyait un espace assez étendu, aéré et éclairé pour la cour de l’école. La décrépitude du modèle postcolonial dans cet ordre d’idée, présente une école à la cour exiguë. Les moments du chant, du travail manuel, de la récitation, de la récréation et celui de l’éducation physique (la gymnastique) pour citer ces cas, ont subi le contrecoup d’un modèle d’école atypique.     

Les acteurs sociaux : l’impératif d’aider les vacanciers à garder l’espoir…

En somme, les vacances débutent dans trois semaines, tandis que les écoles et les jeunes vacanciers gardent mutuellement l’espoir de passer dans la quiétude ces moments prévus dans le calendrier scolaire pour commencer, deux mois plus tard, une nouvelle année scolaire leurs activités. Il est, de ce fait, souhaitable que les parents et d’autres acteurs sociaux s’assument, en proposant aux intéressés des cadres répondant à l’éclosion d’une nouvelle citoyenneté (pour le Congo de demain). Des activités éducatives comme des séances de lecture en famille ou en salles publiques, des débats ouverts, des vidéos-forums, des colonies de vacances devraient intéresser un grand nombre de parents, soucieux du devenir de leurs rejetons.  Pour meubler cette période conformément à ses objectifs, la direction provinciale Kinshasa de la  Ligue pour la Lecture de la Bible, LLB prévoit des camps bibliques  pour différentes tranches d’âge. Le cadre abritant les bureaux de direction provinciale  de la LLB, sont établis sur l’avenue Bonga 5/A au quartier Matonge. La formation est une initiative conjointe du Synode urbain (Eglise du Christ au Congo, ECC) et la Ligue Pour la Lecture de la Bible, LLB.

 

 

(Payne )

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