Dans son plaidoyer pour l’avènement de la 4ème République: Germain Kambinga préconise la refondation de l’Etat en RD Congo

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Quel avenir pour la RDC après la troisième République ? Germain Kambinga Katomba, député national et ancien ministre de l’Industrie, pense qu’il faut refonder le système politico-institutionnel et l’Administration de l’Etat. C’est une réflexion qu’il a  intitulé « Refondation de l’Etat en RDC : plaidoyer pour l’avènement de quatrième République ».

Au cours d’une tribune de presse tenue hier lundi dans un hôtel de la Commune de Gombe, le député national Germain Kambinga pense qu’aujourd’hui, la République Démocratique du Congo se trouve dans un tournant décisif et dangereux de son existence en tant qu’Etat souverain et comme socle social et institutionnel du vivre ensemble des congolais. Les difficultés rencontrées par les hommes politiques pour parvenir à un consensus sur les modalités de gestion de l’Etat et du pouvoir, après l’échéance du 19 novembre 2016 brandie comme un chiffon rouge par nombre d’acteurs  politiques, traduisent à elles seules, l’importance et l’enjeu des années à venir.

L’initiateur de ce plaidoyer va plus loin dans sa réflexion et pose plusieurs questions, notamment celle de savoir l’avenir de notre constitution ? N’est –il pas ici plus que jamais le lieu pour les intellectuels congolais d’imaginer l’avenir en se nourrissant des erreurs du passé ?  ou devons-nous consacrer la défaite de la pensée libre au profil de l’opportunisme politique, dont le fermement populisme se nourrit du fanatisme d’une population qu’il va falloir libérer de la pensée unique sous toutes ses formes, celle du pouvoir tout comme celle d’une minorité agissante et radicalisée ?

De ce qui précède, il est en effet indiscutable qu’après les efforts accomplis depuis plus de dix ans pour parvenir à la stabilisation de la RDC, longtemps en proie à des déstabilisations extérieures, les congolais souhaitent désormais que l’Etat et les institutions politico-administratives s’attèlent à travailler à leur mieux-être social. Comme partout en Afrique, le peuple congolais est désormais habité d’une réelle conscience sociale, traduite par une demande accrue africaine. La société congolaise est une société de transition politique, sociale et culturelle.

Apres  son constat, Germain Kambinga Katomba pense « qu’il parait évident que, plus que le simple jeu politicien et les simples luttes de pouvoir, les acteurs politiques de notre pays et les membres actifs de notre société civile devraient prendre conscience de ce que nous sommes entrés dans une période de profondes transformations ».

Pour lui, le véritable enjeu pour la RDC n’est pas le départ du président Joseph Kabila et la focalisation quasi obsessionnelle, que certains politiques font sur la fonction présidentielle, car avant lui, il y a eu le départ du président Mobutu. Hélas, cela n’a toujours pas permis de sortir des balbutiements politiques et de l’obscénité démocratique.

« La question fondamentale est simplement les types de société et d’Etat que nous entendons mettre en place pour répondre aux aspirations de nos concitoyens », d’où le sens de sa réflexion.

Germain Kambinga estime que l’avenir de la RDC passe par une profonde refondation des institutions du pays. Cette refondation n’a pas vocation à remettre en cause le socle de base sur lequel est déjà appuyée sa construction actuelle. Il s’agira plutôt d’adapter le fonctionnement des institutions aux réalités politiques, sociales, culturelles, économiques géographiques et sécuritaires auxquelles il fait face. Et de ce point de vue, elle doit prendre en compte deux dimensions. Il s’agit de la dimension politico-institutionnelle. Celle-ci devra porter sur les ajustements et les modifications qui semblent nécessaire d’opérer dans l’actuelle constitution. La seconde dimension plus administrative et sociale, doit être envisagée à partir de la Gouvernance globale de l’Etat.

 

Réforme du système d’organisation des élections

Au cours de cette tribune de lundi, Germain Kambinga propose d’envisager une reforme générale du système d’organisation des élections autour de la problématique de la Commission Electorale National Indépendante (CENI) et du financement des processus électoraux.

Il propose également l’instauration dans la constitution d’un cadre permanent de concertation, dont les modalités de fonctionnement à intervalles réguliers doivent être précisées. Ainsi par exemple à mi-mandat présidentiel, les forces vives de la Nation pourront se réunir pour dresser un bilan global de la gestion de l’Etat et préparer les échéances futures. Ce cadre de concertation nationale pourra être le lieu des discussions et de proposition de l’ensemble des réformes institutionnelles majeures nécessaires.

S’agissant du mode de scrutin électoral en RDC, Germain Kambinga propose d’envisager un mandat long de 7 ans et un mode de scrutin indirect. Il pense que cela réduira considérablement les moments d’élections politiques et permettrait au chef de l’Etat de mettre en œuvre, de manière réelle et effective, son programme de gouvernement. Il suggère aussi la création  constitutionnelle d’un fond  des élections. Ce fond géré par le ministère des finances sera contrôlé par les responsables des autorités chargées des élections. Il sera logé dans un compte spécial à la Banque Centrale du Congo.

Parlant de la refondation de l’administration de l’Etat, l’élu de Lukunga énumère quelques aspects à faire et à mettre en place pour une administration solide et prospère. Il cite entre autre : l’adoption et la mise en place d’une loi imposant aux fonctionnaires le respect de la légalité et des valeurs républicains ; la dépolitisation de l’administration ; le renforcement du contrôle des administrations par des institutions indépendantes ; la nette séparation des pouvoirs de l’Etat ; le renforcement de l’indépendance de la justice ; la lutte contre la corruption du système judiciaire ; la canalisation de délinquance financière……

Il faut noter par ailleurs que, la classe politique doit donc arrêter de se parler elle-même pour enfin parler au peuple congolais. Elle doit au-delà de la lutte pour la conservation ou la conquête du pouvoir, tourner un regard sur l’état réel de la République Démocratique du Congo. Ce, par un inventaire rigoureux et objectif, prendre la mesure de ce qui a  été accompli depuis 2006 et de ce qui ne l’a pas encore été.

(Nephtalie Buamutala Usseni)

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