Dans son 4ème rapport: La Banque mondiale encourage la relance des réformes

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La Banque mondiale a présenté hier mercredi, dans un hôtel de la place, la 4ème édition du Rapport de suivi de la situation économique et financière pour la République démocratique du Congo, abordé sous le thème : « Chocs exogènes, stabilité macroéconomique et développement : options et politique économique ». C’était en présence du vice-ministre des Finances, M. Tharcisse Loseke. Ces échanges arrivent au moment où la Rd Congo traverse une crise économique dans un contexte politique particulier de l’histoire du pays. Comme l’a dit M. Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour la Rd Congo et la République du Congo,  cette crise, comme pour beaucoup de pays d’Afrique, est une opportunité pour tous les acteurs politiques et économiques du pays de rechercher et de mettre l’accent sur des politiques pertinentes susceptibles de renforcer la résilience de l’économie du pays en le dotant de moyens nécessaires pour absorber les chocs internes et externes.  « Ce rapport nous rappelle qu’au-delà de l’agenda politique, il faut continuer à mettre l’accent sur la gouvernance économique en vue d’atténuer les effets de la crise économique au moment où des efforts sont menés pour stabiliser la scène politique », dit-il, avant de conseiller qu’il faudra éviter que le choc macroéconomique ne compromette les gains fragiles réalisés par la Rdc en matière de développement économique et humain et ne remette en question les objectifs de diversification de l’économie et de développement à long terme.

La Rdc est en crise

C’est le premier message donné par Emmanuel Pinto-Moreira, Economiste en chef de la Rd Congo, qui a donné l’aperçu du rapport. Comme premier message, il a dit que la Rdc est en crise profonde et elle risque d’être durable. Ce pays a connu une croissance très forte de plus de 7% entre 2010 et 2015, même si elle se trouve aujourd’hui à 2,5%, donc négative. En plus, l’inflation qui était de -1% en 2015 et à plus de 11% en 2017 et ce, suite à la dépréciation du taux de change, aux mesures économiques inappropriées, etc. Pour sa part, le budget à fin 2016 affiche un déficit de 568 milliards de Francs congolais. Il a aussi épinglé la dépréciation du Franc congolais, la baisse sensible des réserves internationales de change, évaluées à environ 845 millions de dollars Us. « La crise est généralisée en Afrique subsaharienne et trois économies les plus fortes d’Afrique sont en crise : Nigeria, Angola et Afrique du Sud), soutien-t-il, tout en soulignant que la CEMAC est en crise, parce que de 9 milliards de dollars Us de réserve, elle est à 5 milliards de dollars Us. D’ailleurs, les agences de notation ont rétrogradé l’Afrique subsaharienne et il y a quand même les pays qui s’en sortent, comme le Kenya.

Toute cette situation est justifiée généralement par une baisse des cours des matières premières (cobalt, cuivre, etc.), mais spécifiquement par le fait que la Chine a baissé sa demande, lorsqu’on sait que 40% des exportations de la Rdc c’est vers la Chine. Le gabonais Emmanuel Pinto-Moreira a aussi cité Glencor qui a décidé de suspendre la production du cuivre et du cobalt, sans oublier la situation politique du pays avec des incertitudes et les réformes qui sont au ralentie.

Comme perspectives, il a proposé la conclusion d’un programme formel avec le Fonds monétaire international (FMI), ce qui permettrait de résoudre le choc. Peut-être qu’on peut être tenté de déprécier le taux de change, ceci n’est pas soutenable, parce ça crée l’inflation. On peut aussi réduire les dépenses et c’est ce que le Gouvernement fait. Mais à un niveau incompressible des dépenses, les dépenses d’investissement sont affectées. Raison pour laquelle il a proposé l’augmentation des recettes domestiques, le renforcement de la crédibilité du cadre macroéconomique et la mise en place d’un fonds de stabilisation. « Il n’y a pas de possibilité de résoudre durablement la crise si on ne s’attaque pas aux réformes (code minier), la gouvernance et l’environnement des affaires », dit-il.

Le Gouvernement partage l’étude

A travers le vice-ministre des Finances Tharcisse Loseke, le Gouvernement  a partagé l’analyse et les politiques proposées par la Banque mondiale, notamment le renforcement des recettes domestiques. Le ministère des Finances compte militer pour la fin des exonérations et la lutte contre la fraude. De même, le Gouvernement est déterminé à promouvoir l’agro-industrie, sans oublier qu’il travaille sur un programme d’urgence visant à réduire la volatilité du taux de change. Il a souhaité que le dialogue entamée entre la Rdc et la Banque mondiale se poursuive pour assurer la résilience de l’économie congolaise.

Soulignons que cette cérémonie a bénéficié des enrichissements des participants, notamment celui du Directeur général de la BCC en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, qui a rappelé que la vulnérabilité de la Rdc date depuis l’indépendance. Il y a le même schéma de transmission de la crise sur l’économie congolaise. Et finalement, on est toujours surpris. D’où l’absence d’une démarche prospective. Pour Mutombo Mule Mule, Directeur de cabinet du ministre des Finances, le secteur minier n’a jamais profité à la population. Selon lui, on ne peut pas parler de la diversification économique lorsque le réseau routier se trouve en dessous du minimum. Il a proposé la réforme du Code minier qui a donné la part belle aux investisseurs étrangers.

(Jean-Marie Nkambua)

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