Dans les perspectives de l’organisation des élections: Matata dépose son dernier budget

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Il est évalué à 5,7 milliards des francs congolais

Le Premier ministre Matata Ponyo a déposé hier au bureau de l’Assemblée nationale, la loi de finances pour l’exercice 2017. A l’en croire, le budget de l’exercice 2017 qui a été déposé  auprès de l’honorable Aubin Minaku Ndjalandjoko, président de l’Assemblée nationale, est un budget de près de 5 milliards 700 millions (5,7 milliards de francs congolais). Comme on peut bien s’en rendre compte, il est en diminution de près de 15% par rapport au budget de l’exercice passé qui était de 6,7 milliards de francs congolais.

Comme celui de 2016, le budget de l’exercice 2017 s’élabore dans un contexte particulier, caractérisé d’une part, par la baisse des cours des principales matières premières d’exportation du pays et, d’autre part, par l’organisation des élections ainsi que le découpage territorial.  En effet, le cours du cuivre est passé d’environ 7.000 dollars américains au début de l’année 2014 à 5.000 dollars américains la tonne, en août 2015; et le baril du pétrole brut se vendait à 47 dollars américains à la même période contre 110 dollars américains au début de l’année 2014. Cet état de choses a provoqué un manque à gagner au trésor public d’environ 250 milliards de FC, avait indiqué le Premier ministre lors de la défense de la loi budgétaire 2016 au Parlement.

Et ce, lorsqu’on sait que l’économie congolaise est fortement vulnérable aux chocs extérieurs, notamment au niveau des prix des matières premières sur les marchés internationaux. Et l’impact de cette baisse drastique des cours mondiaux sur les ressources de l’Etat est considérable. « En ce qui nous concerne particulièrement, le cuivre ainsi que le pétrole ont obligé le Gouvernement à revoir les prévisions budgétaires vers le bas. Voilà ce qui a justifié la baisse des masses budgétaires qui sont passées de plus de 6 milliards à moins de 5 milliards aujourd’hui», relève le Premier ministre.

En ce qui concerne la question de financement des élections, l’opinion doit savoir que la réalisation des élections constitue une priorité des priorités et ceci procède de la volonté du Président de la République de soutenir le processus électoral tel qu’on l’a fait déjà en 2006 et en 2011. La tenue des élections est une priorité et ceci est fidèlement traduit dans le projet de budget de l’exercice 2017, a mentionné le Chef de l’exécutif central. Pour rappel, s’agissant du financement des élections, le budget 2016 prévoyait des ressources suffisantes évaluées à 537,8 milliards de FC, soit 500 milliards sur ressources propres et 37,8 milliards sur ressources extérieures. Toutefois, des efforts devront être conjugués pour la maîtrise des coûts et le respect des procédures de passation de marchés.

Continuité  de l’Etat oblige …

En attendant la formation du Gouvernement, conformément à une résolution de l’accord qui stipule qu’il sera procédé, dans les 21 jours de la signature du présent accord, à la formation d’un nouveau Gouvernement d’union nationale, dont le Premier ministre sera issu de l’opposition signataire de l’accord, l’Etat congolais ne doit pas cesser de fonctionner. C’est ce qui fonde la réflexion de Matata Ponyo qui met en exergue le principe de continuité de services publics de l’Etat, mais aussi celui de la continuité des institutions. Ceci, parce que les hommes passent, mais les institutions restent.

« Cette session étant éminemment budgétaire et le Gouvernement actuel en fonction a donc l’obligation de répondre aux exigences professionnelles et statutaires. S’il s’avère que le nouveau Gouvernement n’est pas encore entré en fonction, et que le Parlement est disposé à pouvoir obtenir la défense de ce budget, parce que nous l’avons préparé, nous serons toujours disposés à pouvoir le défendre », assure-t-il.

Cette thèse est aussi soutenue par l’honorable Jean-Luc Mutokambali, qui ajoute que le Gouvernement, au nom du principe de continuité de l’Etat,  s’est acquitté de ses obligations constitutionnelles. Maintenant, explique-t-il,  il reste à l’autorité budgétaire qui est le Parlement, d’examiner selon les contingences du moment sur le plan politique, de savoir, avec quel gouvernement il faut débattre, surtout qu’on ne peut pas examiner un projet de loi de finances en dehors du contexte politique du moment.

Pour le président de la Commission économico-financière de l’Assemblée nationale, le budget est l’expression de la politique d’un pays pour une année. Et tout le monde le sait, il y a eu un dialogue, il y a un Gouvernement qui va venir, il y aura un nouveau programme qui sera mis en œuvre par ce Gouvernement. Donc, ce budget-là devra être examiné dans ce cadre-là.  Même si  le Gouvernement sortant a rempli sa tâche, maintenant il reste aux institutions, notamment à l’autorité budgétaire de contextualiser tout ça et d’intégrer les différents éléments qui vont permettre la mise en œuvre de la paix et de tout ce qu’il y a eu comme engagement dans le cadre du dialogue, pour avoir des élections paisibles et crédibles.

Mobiliser davantage les recettes

A la question de savoir si l’Assemblée nationale va prévoir le débat de la loi de finances pour l’exercice 2017 ou attendre la nomination d’un nouveau Gouvernement, le président de la Commission économico-financière Jean-Luc Motokambali pense que l’Assemblée nationale est organisée. Il y a la réunion des présidents des groupes parlementaires,  des commissions permanentes qui sera convoquée et à partir de laquelle ils vont examiner la marche à suivre. Mais si cela ne dépendait que de lui, il devrait être prise en compte la dynamique en cours, de même que l’imminence de la formation du Gouvernement et les priorités lui seront assignées.

Au sujet de la modicité du budget, il a avoué que cela pose un réel problème des ambitions qu’affiche le pays, qui veut être un pays émergent à l’horizon 2030. Donc, il y a besoin peut-être d’un souffle nouveau qui pourrait émaner de ce nouveau gouvernement qui viendra discuter avec nous sur les voies et moyens de mobiliser les ressources de l’Etat, pour que nous puissions être à même de prendre en charge notre population. Parce qu’avec ce budget actuel et dans ce contexte, cela pose un véritable problème, soutient-t-il.

Même si le Premier ministre a parlé d’un recul de 16% par rapport à l’année dernière, l’élu du peuple estime que quand il y a une mauvaise conjoncture, il faut envisager des moyens de créer la résilience. Donc, on doit être capable de gérer, de contenir la crise et rentabiliser le pays. Toujours, selon lui, nous devons aller de 80 millions de Congolais que nous sommes, pour mutualiser les efforts et mobiliser davantage les ressources publiques. Et ce, parce qu’à cette allure, ça risque d’être un prétexte éternel pour ne pas finalement résoudre le problème qui se pose au sein de la communauté nationale.

Même si le contexte l’exige, il a rassuré qu’il est hors de question que le Parlement cautionne une réduction des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat. « Par contre au dialogue, nous avons souligné au rouge une recommandation allant dans le sens d’améliorer le social des agents de l’Etat », dit-il, avant de citer les trois recommandations phares : le paiement de la dette intérieure de l’Etat, l’amélioration des salaires des agents de l’Etat et l’effectivité de la gratuité de l’enseignement primaire. D’autant plus que le nouveau Gouvernement doit convaincre la population qui est en difficulté.

(JMNK)

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