Dans ‘’L’Afrique des villages’’, le Camerounais Jean-Marc Ela avait vu juste: Les guerres ciblent les villages africains et empêchent l’envol du continent

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L’Afrique doit produire pour assurer la redistribution des richesses nationales, favoriser les échanges et projeter ainsi sa sortie du tunnel. Dans son ouvrage intitulé ‘’L’Afrique des villages’’, le Camerounais Jean Marc Ela démontre que le continent pourrait connaitre (son) bond décisif, (son) envol partant de son poumon que sont les villages.  Il s’observe paradoxalement une réalité contraste qu’est l’urbanisation des populations. Ce sont de vastes exodes de populations vers les villes, une situation qui ampute l’arrière-pays africain de son potentiel humain. En effet, les conflits armés qui dérangent la stabilité à travers le continent noir, sévissent dans les villages. Au Burundi, en Libye, au Mali, au Niger, au Nigeria, en Ouganda, en RD Congo, au (grand) Soudan, pour citer ces quelques cas, les  conflits armés empêchent les villages, à l’échelle africaine bien entendu, de bénéficier de programmes planifiés, réguliers et suivis de la part des gouvernements et des partenaires bien intentionnés.

Entre autres conséquences, l’aide contractée pour le développement se transforme désespérément en un effort de guerre.      ‘’Quand le Boko Haram sévit au Nigéria, ce n’est ni à Lagos ni à Abuja… ‘’, a constaté un observateur. 

‘’ Les Africains doivent savoir ce qu’ils veulent…’’

Intervenant il y a peu, sur Radio France internationale, RFI, l’ancien directeur de l’Organisation mondiale de Commerce, OMC, Ablassé Ouédraogo a apostrophé : ‘’ Les Africains doivent savoir ce qu’ils veulent…’’. Ceci pour dire que ceux qui ont des intérêts communs à préserver devraient, en effet, se garder d’afficher un manque de conscience collective. L’Afrique des conflits armés récurrents et des coups d’Etat, déplore-t-il, pose le problème d’une mobilisation tous azimuts des fils et filles à travers le continent, et implique un sursaut de fierté patriotique, pour des raisons évidentes. Car ce fléau susceptible de s’avérer « transgénérationnel » pour les Africains, permet tout sauf la capacité à l’échelle continentale, de poser les piliers d’une Afrique véritablement stable. « L’union fait la force », renseigne un dicton belge. Pendant ce temps, et c’est notamment ce qui laisse perplexes les observateurs, le continent africain bouillonne, comme cela a été le cas notamment en 1977. Il y a trente-neuf années, en effet, « Jeune Afrique » écrivait en mars de l’année 1978 : « Politiquement, économiquement et militairement, l’Afrique a été, en 1977, le continent le plus médiatisé au monde ».

En RD Congo, en effet, l’après-diamant vaut la peine d’être abordé avec la responsabilité qui s’impose, au regard de l’exode massif des populations que cela occasionne vers notamment Kinshasa et Katanga, et ses implications sur la situation socioéconomique des villes d’accueil. A cela s’ajoutent les conflits armés qui rendent les populations instables, occasionnent des déplacés internes, créant du fait même des ‘’no man’s lands’’ (pour dire : des terres sans hommes).

La stabilité des populations locales en vue de la mise en œuvre des programmes de développement, est une donne de premier ordre pour les partenaires sérieux. ‘’Les capitaux ont horreur des feux ‘’, réitèrent les bailleurs des fonds. Pendant ce temps, la croissance démographique (à l’échelle du continent) va bon train, et la persistance des guerres piège, en ceci que ces conflits armés qui déferlent sont en contradiction avec les hymnes nationaux des pays africains. Point n’est besoin de rappeler que la paix, le travail  et la prospérité sont au centre de ces chants patriotiques à l’échelle du continent.  C’est le cas du  « Débout Congolais » qui dit : « Levons nos front longtemps courbés et pour de bon, prenons le plus bel élan, dans la paix …».

A cheval entre la volonté politique de démocratiser les institutions et des conflits armés intermittents, les gouvernements africains sentent monter en eux le besoin de pacifier et de rénover leurs espaces d’autorité. Ceci pour notamment planifier la question relative à l’industrialisation de leurs économies. La récurrence des conflits armés depuis des décennies, pourrait laisser l’impression qu’en Afrique, les élites ne s’assument pas ou pas assez, face à la taille  des défis en présence : famine, éducation, sécurité, libre circulation transfrontalière des personnes et des biens, intégration régionale et sous-régionale …

Quid de ‘’l’Afrique des villages’’

Dans son livre intitulé : « L’Afrique des villages », 1983 aux éditions Karthala à Paris, l’écrivain  camerounais Jean-Marc Ela prône l’organisation des paysans dans leurs villages respectifs.  Par la création de coopératives, de centres ou mutuelles de santé, d’écoles et d’autres services publics susceptibles de desservir la population, l’auteur démontre que les villages africains peuvent servir de poumon au développement du continent. Il explique que tous ces défis reposent sur un socle qui est l’organisation à la base.

Les élites ont un rôle à jouer au regard de leurs statuts respectifs. Parlant de l’élite, le professeur sociologue congolais Robert Ngub’Usim voit dans celle-ci l’agent (pivot) de transformation de la société.

L’Afrique a besoin d’une jeunesse éclairée, pour relever les grands défis à venir. La démocratie en tant que pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, les élites doivent jouer notamment leur rôle moteur, en mobilisant les énergies locales. Pour cela, des valeurs telles que la diversité, l’équité, l’auto-prise en charge, le regroupement, les projets … méritent d’être vulgarisées et intériorisées par chaque fils, chaque fille du continent. Car les masses attendent des élites l’impulsion nécessaire au développement. Toutefois, les pays ne peuvent y aller en ordre dispersé. Il y a des principes qu’il importe de prendre en compte, à l’instar de  l’intégration régionale, de la libre circulation transfrontalière et de la constitution de grands marchés. Cs principes ont fait leur preuve dans des pays qui sont, à ce jour, prospères, ‘’  Si les élites ne s’assument pas comme lumière à la base, à qui confierons-nous la responsabilité de l’obscurité qui empêchera, le cas échéant, nos populations de voir le bout du tunnel  ?’’, a redouté un observateur.

Main dans la main : la diaspora, le gouvernement et la population locale

« En m’ouvrant aux autres, Paris m’a ouvert à ma propre connaissance », a dit en son temps, Léopold Sedar Senghor. En effet, dans plusieurs pays à travers le monde, le potentiel que représentent les diasporas pour le développement est actuellement reconnu par diverses parties prenantes. Dans le but de renforcer la cohésion et la solidarité entre les peuples, l’Union africaine (Ua) avait organisé le 25 Mai 2012 à Johannesburg en Afrique du Sud, un sommet sur la Diaspora. La RD Congo avait participé à ces assises par l’entremise du Ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda. C’était sous le thème : « Promouvoir l’unité, l’intégration africaine et de sa Diaspora », en vue de bâtir une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale, vision d’une Afrique unie et forte, fondée sur un partenariat entre les gouvernements et l’ensemble de la société. L’objectif de ce sommet historique pour la diaspora africaine, était de  travailler ensemble, coopérer activement avec cette dernière dans plusieurs domaines d’intérêt commun, qui sont d’ordre politique, économique et social. La visée étant d’encourager l’établissement par les Etats membres de l’UA, des relations plus formelles avec la diaspora africaine à travers le monde. Il s’agit de promouvoir les synergies efficaces entre les programmes nationaux concernant la diaspora, pour le transfert des connaissances. Il est question de faire participer la diaspora africaine dans la prévention, gestion et règlement des conflits, la réconciliation, la reconstruction et le dialogué permanent. En bref faire participer la diaspora africaine au développement du continent africain.

Raymond Jarret : ‘’ L’Afrique doit faire de l’emploi des jeunes une priorité…’’

Le Français Raymond Jarret, un néo-septuagénaire, a quitté la RD Congo en 1971, après avoir servi comme cadre technique de la représentation locale de l’industriel des chaussures Bata. Il y a peu, l’homme a entrepris des voyages de touriste dans des pays subsahariens de son choix. Partout où il est passé, celui qui ne voile guère sa passion pour l’Afrique noire a véhiculé un message d’exhortation. En effet, il a appelé les gouvernants africains à prendre à bras- le- corps la question de l’emploi des jeunes. Le contraire, a-t-il redouté, constituerait une bombe à retardement susceptible de faire fragmenter ces pays de l’intérieur. Ce message de sagesse qui laisse transparaître de la compassion, est tombé comme un grain dans une terre ciblée.

En RD Congo, il a visité Kinshasa après avoir relié la Centrafrique au Congo-Brazzaville, par voie fluviale. Quelle n’a pas été son émotion de voir que le quartier N’DOLO, aux abords du fleuve Congo, n’était plus un quartier industriel. C’en était pourtant la vocation, sous l’administration coloniale belge, et aux premières heures de l’indépendance.

« Un grain jeté en terre ne pousse pas le même jour », renseigne une sagesse. Ceci laisse comprendre que l’Etat est en droit de planifier l’emploi des jeunes. Raymond Jarret qui a rappelé cette sagesse, exhorte l’Afrique à s’inspirer de l’expérience chinoise, basée sur l’union, le travail et la convergence des vues entre l’Etat, les élites et la base.

(Payne)

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