D. Mutombo conseille la restructuration de l’ensemble de l’économie congolaise: Rapport sur la politique monétaire 1er semestre 2016

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Au regard des contraintes qui tiennent à la configuration d’une économie congolaise peu diversifiée, dépendante des exportations de quelques matières premières, et donc largement tributaire de la conjoncture internationale, en particulier de l’évolution des cours mondiaux de produits de base, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), pense qu’au-delà de la nécessité d’adaptation du cadre tant analytique qu’opérationnel de sa politique monétaire et de change aux exigences d’efficacité, c’est en définitive une restructuration de l’ensemble de l’économie congolaise qui constitue le véritable gage de la pérennité de la stabilité macroéconomique, du renforcement de sa résilience et de la réduction de la pauvreté.

La Banque centrale du Congo (BCC) vient de publier la 12ème édition du Rapport sur la Politique Monétaire sur la conduite de la politique monétaire par l’Institution d’émission au cours du premier semestre 2016. Dans un résumé donné par Deogratias Mutombo, Gouverneur de la BCC, nous apprenons qu’au plan externe, le maintien à de niveaux bas, voire la baisse des cours des matières premières, en particulier celles exportées par la Rdc, a constitué le principal choc externe qui a affecté l’économie congolaise, conduisant à abaisser ses projections de croissance économique pour l’année 2016. En conséquence de cette évolution, une baisse de la valeur des exportations a été enregistrée, induisant celle des rentrées des devises et des recettes publiques, dont une bonne partie est tirée des activités extractives.

Cette situation a eu comme conséquence la surchauffe intervenue sur le marché des changes dès le mois d’avril. L’envolée du taux de change qui s’y est observée ayant été, pour l’essentiel, le fait de la contraction de l’offre des devises, face à une demande demeurée soutenue, alimentée notamment par les déficits du Trésor dans un contexte de faible mobilisation des recettes budgétaires. Par ailleurs, en Afrique subsaharienne, les projections de croissance ont été fortement revues à la baisse, en raison de la conjoncture économique délicate que connaissent les plus grands pays exportateurs du pétrole, notamment le Nigeria, l’Angola et le Gabon, qui peinent à s’adapter à la diminution des recettes tirées des produits de base.

Les estimations de la croissance, sur base des réalisations à fin juin, tablent sur une progression du PIB réel de 4,3 % en 2016 contre 6,9 % en 2015. Ce repli de l’activité résulte de l’effet conjugué du ralentissement de la croissance dans la branche extractive et de la régression dans celles de commerce ainsi que de transport et télécommunication.

La réaction de la BCC

En réaction, la Banque Centrale du Congo est intervenue à la vente, à trois reprises, sur le marché des changes en vue d’atténuer la dépréciation du Franc Congolais. Au regard de l’accélération de l’inflation qui en a été le corollaire logique, la politique monétaire a été globalement orientée dans le sens de son durcissement. Ces récents développements sur le marché des changes ainsi que sur celui des biens et services montrent, une fois de plus, que la politique monétaire et de change ne peut, à elle seule, endiguer tous les déséquilibres macroéconomiques qui peuvent survenir dans une économie. Une gestion macroéconomique efficace requiert impérativement une meilleure coordination de toutes les politiques conjoncturelles et une collaboration étroite et transparente de toutes les instances de responsabilité. Bien plus, les politiques conjoncturelles ne peuvent non plus seules venir à bout des crises dont les fondements sont de nature structurelle.

Pour ce qui est particulièrement de la Rdc, les déséquilibres sus-évoqués, pourraient, hélas, ressurgir dans l’avenir, si les contraintes structurelles qui en constituent le soubassement ne sont pas résorbées de façon durable. Ces contraintes tiennent à la configuration d’une économie congolaise peu diversifiée, dépendante des exportations de quelques matières premières, et donc largement tributaire de la conjoncture internationale, en particulier de l’évolution des cours mondiaux de produits de base.

Ainsi, pour l’Institut d’Emission, au-delà de la nécessité d’adaptation du cadre tant analytique qu’opérationnel de sa politique monétaire et de change aux exigences d’efficacité, c’est en définitive une restructuration de l’ensemble de l’économie congolaise qui constitue le véritable gage de la pérennité de la stabilité macroéconomique, du renforcement de sa résilience et de la réduction de la pauvreté. Pour le reste, faut-il rappeler que la Banque Centrale du Congo réitère son engagement à s’acquitter, en toute responsabilité, des principales missions que le législateur lui a assignées. Aussi, ne manquera-t-elle pas d’apporter, selon le besoin, sa contribution à la politique générale du Gouvernement, en vue de la consolidation de la stabilité macroéconomique si chèrement acquise et de l’avènement de l’émergence tant souhaitée de l’économie congolaise.

(Jean-Marie Nkambua)

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