Croissance mondiale: La Banque mondiale table sur 2,7 % en 2017

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M. Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour la Rd Congo
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Pour les Institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), la Rd Congo n’aura son salut qu’à travers une lisibilité politique, mieux le respect strict de l’accord de la Saint-Sylvestre. Ça sera alors un message pour les investisseurs et pour la communauté internationale de se mobiliser en faveur de ce pays en difficulté pour financer  non seulement ses élections, mais aussi son développement. Et ce, dans un contexte où la Banque mondiale anticipe en prédisant que la reprise des activités manufacturières et des échanges commerciaux, le regain de confiance sur les marchés et la stabilisation des prix des produits de base permettent aux pays émergents et en développement exportateurs de ces produits de renouer avec la croissance. 

Selon l’édition de juin 2017 des Perspectives pour l’économie mondiale de la Banque, la croissance des économies avancées s’accélérera en 2017 pour atteindre 1,9 % — une embellie qui profitera aussi aux partenaires commerciaux de ces pays. Les conditions de financement à l’échelle mondiale restent favorables et les cours des produits de base se sont stabilisés. Dans le contexte de cette amélioration de la conjoncture internationale, contre 3,5 % en 2016.

La croissance des sept plus importantes économies émergentes devrait se renforcer au point de dépasser son rythme moyen à long terme à l’horizon 2018. La reprise de l’activité dans ces économies devrait avoir une nette incidence positive sur la croissance des autres pays émergents et des économies en développement ainsi qu’à l’échelle mondiale.

Les risques

Des risques importants assombrissent toutefois les perspectives. La mise en œuvre de nouvelles pratiques restrictives en matière d’échanges internationaux pourrait faire avorter l’encourageant rebond du commerce mondial. L’incertitude persistante qui pèse sur les politiques publiques risque de saper la confiance et décourager l’investissement. Dans un climat de volatilité exceptionnellement faible sur les places financières, une réévaluation soudaine par le marché des risques liés aux politiques ou du rythme de normalisation de la politique monétaire des pays avancés pourrait provoquer des turbulences financières. À long terme, la faiblesse persistante de l’accroissement de la productivité et de l’investissement risque de ternir les perspectives de croissance des pays émergents et en développement qui jouent un rôle essentiel dans la réduction de la pauvreté.

« Cela fait trop longtemps que la faiblesse de la croissance freine la lutte contre la pauvreté : il est donc encourageant de constater que l’économie mondiale donne des signes de raffermissement », commente Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. « Les pays devraient saisir l’occasion de cette reprise fragile, mais réelle, pour réformer les institutions et les marchés de manière à attirer l’investissement privé et soutenir ainsi la croissance sur le long terme. Les pays doivent aussi continuer à investir dans les ressources humaines et renforcer leur résilience face aux défis — changement climatique, conflits, déplacements forcés de populations, famine, maladies, etc. — qui se conjuguent les uns aux autres. »

Le rapport met l’accent sur les inquiétudes suscitées par l’augmentation de l’endettement et des déficits des pays émergents et en développement : une hausse brutale des taux d’intérêt ou un durcissement des conditions d’emprunt pourraient avoir des conséquences préjudiciables. À la fin de 2016, la dette publique était supérieure de plus de dix points de pourcentage du PIB à son niveau de 2007 dans plus de la moitié des pays émergents et en développement. Dans un tiers de ces pays, en outre, les soldes budgétaires se sont détériorés de plus de cinq points du PIB par rapport à leurs niveaux de 2007.

« La nouvelle rassurante, c’est la reprise des échanges commerciaux », constate Paul Romer, économiste en chef de la Banque mondiale. « Le problème est que l’investissement reste faible. C’est pourquoi nous modifions nos priorités de financement sous forme de prêts au profit de projets susceptibles de stimuler des investissements de suivi de la part du secteur privé ».

Un aspect positif des perspectives est en effet la reprise de la croissance des échanges commerciaux, qui passe à 4 % après être tombée l’année dernière à son plus niveau (2,5 %) depuis la crise financière. Le rapport attire l’attention sur un élément essentiel de la faiblesse du commerce international, à savoir les échanges entre sociétés non liées par des relations capitalistiques. Ces échanges, effectués par le biais de canaux d’approvisionnement extérieur, se sont ralentis beaucoup plus fortement que le commerce intra-entreprise ces dernières années. Cette question rappelle l’importance d’un solide réseau mondial d’échanges commerciaux pour les sociétés peu intégrées, c’est-à-dire la majorité des entreprises existantes.

« Faisant suite à un ralentissement prolongé, la récente accélération de l’activité dans certaines des plus grandes économies émergentes est une bonne nouvelle pour la croissance des régions concernées comme pour l’économie mondiale », déclare Ayhan Kose, directeur du groupe Perspectives de la vice-présidence Économie du développement de la Banque mondiale. « Le moment est venu pour les pays émergents et en développement d’évaluer leurs vulnérabilités et de renforcer leur capacité d’amortissement des chocs défavorables ».

(JMNK)

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