Crimes contre les Kasaïens: l’association Lunkelu exige que justice soit faite

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Après la conférence sur la paix organisée dernièrement à Kananga, au Kasaï  central, des voix s’élèvent pour condamner les massacres enregistrés dans l’espace kasaïen ces derniers mois. La dernière en date, celle de l’association Lunkelu, un groupe de réflexion des femmes congolaises exigent que justice soit faite, à travers une lettre ouverte au Président de la République. Ci-dessous l’intégralité de ladite lettre :

Lettre à M. Joseph Kabila
Président de la République démocratique du Congo

Monsieur le Président,

Nous ne serons pas longues. Ces mots nous les avons empruntés à Emile Zola. En effet comme dit le Sage:« Rien de nouveau sous le soleil». Ceci dit, permettez-nous, dans la gratitude pour votre sollicitude en faveur du peuple kasaïen, notamment à travers l’organisation d’une conférence sur la paix et le développement, d’affirmer que votre règne en était menacé de la plus horrible, de la plus ineffaçable des taches !  Vous êtes sorti sain et sauf des biens de situations, vous avez conquis des cœurs.

Mais quelle tache de boue sur votre nom, nous allions dire sur votre règne, que cette conférence sur la paix, la réconciliation et le  développement dans l’espace Kasaï ! Un autre soufflet à la vérité, à la justice. Et c’est fini, le Kasaï, le Congo, a sur la joue cette souillure. L’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime a pu être commis. Notre devoir est de parler, nous ne voulons pas être complices. Nos nuits seraient hantées par le spectre des innocents qui expient des crimes commis par d’autres.

Et c’est à vous, M. le Président, que nous crierons cette vérité de toute la force de notre révolte de femmes du Kasaï, pour que justice soit faite. A qui donc dénoncerions-nous la tourbe malfaisante de vrais coupables, si ce n’est qu’à vous, le premier magistrat du pays ?

Nous savons que depuis les temps immémoriaux, partout, le mensonge a parfois été justifié comme un mal mineur: «On trompe le peuple pour son bien, et pour ne pas avoir à recourir à des moyens de persuasion plus violents ».

Mais c’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière le tribalisme, dont mourra le Congo, s’il n’en est pas guéri ! C’est un crime que d’exploiter le tribalisme pour des œuvres de haine, et c’est un crime, enfin, que de faire des massacres le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour la vérité et la  justice. Cette vérité, cette justice, que nous désirons si passionnément, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, méconnues et obscurcies!

Nous disons que ceci est un crime de plus et que ce crime soulèvera les consciences. Comme nous, vous exigez que « justice soit faite ». Décidément, vous avez une idée parfaite de la justice.

Telle est donc la simple vérité, M. le Président. Si la question n’est pas prise au sérieux, elle est effroyable et risque de rester pour votre présidence une souillure comme d’ailleurs tous les crimes commis sur toute l’étendue de la République depuis votre accession à la magistrature suprême.

Ce n’est pas que nous désespérons.  Nous le répétons avec une certitude plus vive: la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est d’aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes: d’une part, ceux qui ne veulent pas que la lumière se fasse; de l’autre, celles qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Vous l’avez surement déjà entendu : quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. Pourvu qu’à travers cette conférence, l’on ne vienne, une fois de plus, préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.

Mais cette lettre ne veut pas être longue, M. le Président, et il est temps de conclure. Nous accusons l’armée, la police et tous les terroristes  d’avoir été des ouvriers des massacres d’innocents, en inconscients, nous voulons le croire, et d’avoir ensuite défendu leur œuvre néfaste, par les machinations les plus saugrenues. En portant ces accusations, nous n’ignorons pas que nous nous mettons sous le coup de la loi, qui punit la diffamation. Et c’est volontairement que nous nous exposons.

Quant aux gens que nous accusons, nous ne les connaissons pas, nous n’avons contre eux ni rancune ni haine. Et nous voulons croire que l’acte que nous accomplissons ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.

Nous  n’avons qu’une passion, celle de la lumière, au nom du Congo qui a tant souffert et qui a droit au bonheur.  Notre  protestation n’est que le cri de notre âme.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profond respect.

(Lunkelu)

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