Course à la Primature: Qui de Katebe, Tshibala, Mubake, Tshisekedi, Olenghankoy ?

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Il l’a dit, le mot est enfin sorti, et la précision a été donnée hier mercredi 5 avril 2017 au Palais du Peuple,  par le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange, lors de son discours sur l’état de la Nation, devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès. Le Premier ministre issu du Rassemblement sera nommé dans les 48 heures, parce que le pays ne doit plus être l’otage d’intérêts personnels et de lutte de positionnement des acteurs politiques. Voilà pourquoi le Rassemblement doit surmonter ses querelles intestines et harmoniser les vues sur la liste des candidats au poste de Premier ministre ayant le profil requis et convenu, comme souhaité depuis plusieurs mois. Cela pour accélérer le processus de formation du nouveau Gouvernement d’Union nationale.

C’est un second choix historique en quelques mois que Joseph Kabila va sans doute devoir faire. Après avoir annoncé sa détermination en faveur de la tenue des élections présidentielle et législatives, en fin de cette année, le président de la République devra nommer dans les prochaines heures un nouveau Premier ministre. L’actuel, Samy Badibanga fait ainsi les frais de l’accord de la  Saint-Sylvestre, plus inclusif que celui du 18 octobre 2016 qui lui avait ouvert les portes de la Primature.

Après Antoine Gizenga, Adolphe Muzito, Matata Ponyo et Samy Badibanga, le chef de l’Etat devra donc choisir un cinquième chef du gouvernement en dix ans. Celui-ci aura un objectif clair : Conduire le pays aux élections. Or, d’ici aux élections, il va s’écouler 9 mois. C’est donc un Premier ministre éphémère qui est attendu. Mais il ne sera pas le plus éphémère de la troisième République puisque le record est détenu par Samy Badibanga qui aura passé trois fois moins de temps à ce poste.

Mais qui obtiendra le poste prestigieux, avec une lourde tâche de conduire le pays aux élections en 2017? L’élu qui sera issu de l’une des trois fractions du Rassemblement  devra afficher un « profil requis, convenu et souhaité », selon le Chef de l’Etat. Sinon, à en croire nos sources, cinq noms émargent jusque-là et sont les plus cités dans beaucoup de salons huppés. Il s’agit de Katebe Katoto (Katanga), Félix Tshilombo Tshisekedi (Kasaï-Oriental), Bruno Tshibala (Kasaï) et Valentin Mubake (Sud-Kivu) et Joseph Olenghankoy (Sankuru). Mais comment y parvenir, lorsqu’on sait que le Rassemblement est un monstre à trois têtes, notamment celle de Félix Tshilombo Tshisekedi, l’autre de Joseph Olenghankoy, sans oublier l’autre aile tenue par Patrice Mayombe, ministre de l’Agriculture dans le gouvernement que dirige Samy Badibanga. Quelle liste sera présentée au chef de l’Etat, et par qui ?

Katebe Katoto (Katanga)

Ce milliardaire congolais résidant à l’étranger, du reste cofondateur du Rassemblement et membre du conseil des sages, est aussi bien placé pour remplacer Samy Badibanga. Issue du Grand Katanga, le seul handicap risque d’être le fait d’appartenir à la même province que le chef de l’Etat. Mais au-delà de ce fait, c’est quelqu’un dont, s’il est élevé, peut permettre au pays de bien réaliser son objectif, celui d’organiser les élections à la fin de l’année. Grâce à son carnet d’adresse et à son savoir-faire dans le monde de la finance, il peut permettre au pays de mobiliser les moyens nécessaires au fonctionnement de l’Etat.

Frère aîné de l’opposant Moïse Katumbi, Katebe Katoto n’a pas caché son mécontentement et sa désapprobation lorsqu’il avait appris que Félix Tshilombo occupait désormais le poste de responsable du Rassemblement, et qu’il a même été proposé candidat Premier ministre. Il n’a pas hésité un seul instant de dénoncer cette façon de procéder, qui viole l’arrangement obtenu à Genval. Sa nomination à la Primature risque d’être une grande surprise, mais il n’aura pas les mains libres pour s’occuper de la situation d’insécurité qui prévaut dans le Grand Kasaï.

Bruno Tshibala (Kasaï)

Bruno Tshibala, celui-là qui a été arrêté à l’aéroport international de N’Djili au lendemain des troubles des 19 et 20 septembre 2016, s’était auto-exclu de l’UDPS, son parti politique, en ne soutenant pas la candidature de Félix Tshisekedi à la tête du Rassemblement, et de Pierre Lumbi au Comité national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre. Pour beaucoup de gens, il a les faveurs des pronostics et peut être nommé Premier ministre en remplacement de Samy Badibanga, avec une seule mission : celle de conduire le pays vers les élections.

Vu qu’il est kasaien, il risque d’être une bonne réponse face au phénomène Kamwina Nsapu de triste mémoire et que le Gouvernement est résolument déterminé à exterminer. Seul bémol, est-ce qu’il va être à la hauteur de la tâche ? Ne va-t-il pas connaître le sort réservé à Samy Badibanga ? Ceci, parce qu’une certaine frange de la population risquera de croire que les deux sont issus de la trahison, ou bien ils ont été puisés dans le camp des dissidents au Rassemblement dont le chef de file est Félix Tshisekedi. Dans ce contexte, le nommer risque de ne pas résoudre la crise. Reste à savoir dans quelle mesure  ses verres teintés pourraient constituer un handicap. Car la logique veut que le Chef du Gouvernement ait un œil vigilant sur la gestion de la chose publique.

Valentin Mubake (Sud-Kivu)

Cet Udepessien pur et dur est aussi cité parmi les Primaturables. Pour lui, des témoignages fusent de partout, selon lesquels le sphinx de Limete l’aurait choisi comme candidat Premier ministre. Sa promptitude à répondre à l’invitation du président de la République a démontré aux yeux de tout le monde qu’il s’agit de quelqu’un qui est soucieux de l’organisation des élections, à travers la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016.

Même si certains le qualifient d’intransigeant, Valentin Mubake peut faire l’affaire et permettre au Président de la République de s’acquitter de cette obligation, celle d’organiser les élections conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre. Disposant d’une base solide à De Bonhomme, dans la commune de Matete, ville province de Kinshasa, il risque néanmoins de ne pas avoir beaucoup de chance, surtout à cause de sa province d’origine, le Sud-Kivu. Mais un poste ministériel dans le prochain gouvernement n’est pas exclu. Certaines personnes avouent que son tempérament et ses impulsions ne peuvent pas lui permettre d’occuper ce poste tant convoité. Car, la Rdc a un précédent fâcheux avec la crise institutionnelle de 1960 qui provoqua mort d’hommes.

Félix Tshilombo Tshisekedi (Kasaï-Oriental)

Ce fils de son père, et dont le père biologique n’a pas réussi à le proposer comme candidat Premier ministre, est aussi cité parmi les Primaturables. Selon des sources, Etienne Tshisekedi n’a pas voulu le proposer, pour éviter que les uns et les autres disent qu’il a élevé son fils. Il a tout simplement voulu que ce dernier se batte, avec ses propres moyens, pour se faire un nom en Rdc. C’est ainsi qu’il n’a jamais été proposé candidat Premier ministre. Et ce, contrairement à tout ce qu’on raconte, ou à une quelconque lettre le désignant Premier ministre.

Son élévation à la Primature pouvait un tant soit peu, permettre de décrisper le climat politique, surtout d’apporter une réponse réelle dans le Grand Kasaï dévasté par le phénomène Kamwina Nsapu. Hélas, il n’a pas assez de chances d’être nommé, pour plusieurs raisons. Parmi celles-ci, force est de constater que Félix Tshilombo est l’ami personnel du richissime homme d’affaires et acteur politique Moïse Katumbi. Selon plusieurs analyses, le nommer c’est descendre l’ascenseur à ce dernier, qui n’aura pas du mal à atteindre le dernier niveau de l’immeuble.

En plus, la façon dont il a décliné l’offre du chef de l’Etat n’a pas été du gout de tout le monde, même dans son propre camp, qui avait du reste souhaité être reçu par Joseph Kabila, afin de vider l’impasse et permettre une bonne application de l’accord de la Saint-Sylvestre. Une fois de plus, ça sera une occasion manquée pour Félix Tshisekedi, qui pensait que la Primature était déjà chose acquise, et attendait la nomination comme une simple formalité du Chef de l’Etat. Il devra encore attendre, mais le pays ne sera pas aussitôt sorti de l’auberge.

Joseph Olenghankoy (Sankuru)

Estampillé président du conseil de sages du Rassemblement et de droit du comité national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre, Joseph Olenghankoy du Fonus n’a pas assez de chance d’être nommé prochain Premier ministre. Si les tractations doivent se poursuivre en vue de la désignation du président du CNSA, Olenghankoy aura du mal à s’imposer même à ce poste, compte tenu de la volonté affichée par Eve Bazaiba, Secrétaire général du MLC et responsable du Front pour le respect de la Constitution. Et ce, sans oublier les prétentions de Vital Kamerhe, président de l’UNC. Qu’à cela ne tienne, tout doit être fait pour qu’au lendemain de la nomination d’un nouveau Premier ministre, le pays se dote d’un responsable consensuel du CNSA, capable de faire un monitoring nécessaire à l’organisation des élections. Comme pour dire que Pierre Lumbi du G7 doit oublier ses prétentions de diriger cette structure, parce que la Majorité Présidentielle ne veut même pas céder à ses ambitions.

Olengankoyi est le moins favorable. Son passage au ministère des Transports et voies de communications n’a pas été enchanteur. Mais également, lors du Gouvernement 1+4, il n’a jamais reconnu le mérite d’Etienne Tshisekedi, une ombre à son émergence politique. Tantôt il reconnait l’intelligence de Joseph Kabila, puis le dénie lorsqu’il n’est plus au Gouvernement. Un Premier ministre qui ne sait pas mettre sa langue en poche, est une catastrophe pour le Congo.

L’Avenir

 

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