Convocation du référendum en vue du 3ème mandat présidentiel: A. Atundu tranche : « La position officielle de la MP ne peut être donnée que soit par l’Autorité morale, le Secrétaire général et le porte-parole »

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A. Atundu (l’invité) Jacques Muluba (présentateur)
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La tenue du dialogue national annoncé à la fin de ce mois de juillet par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange suscite plusieurs commentaires au sein de la classe politique. S’agira-t-il d’un dialogue inclusif avec la participation du Rassemblement des forces acquises au changement dont le chef de file est Etienne Tshisekedi, ou d’un dialogue Made in Kabila ? En plus, le référendum à organiser dans les prochains jours dont parle la Majorité présidentielle, précisément le Parti du peuple pour le développement et la reconstruction (PPRD) pour un troisième mandat de Joseph Kabila. Est-ce un coup d’état constitutionnel ou une mise à l’écart de l’actuelle loi des lois ? Pour en parler, M. André-Alain Atundu, porte-parole de la MP a été, mardi dernier, l’invité de l’émission 2heures des news animée par le confrère Jacques Muluba de la RTGA.

La MP a été reçue aujourd’hui (mardi dernier) par les confessions religieuses regroupées autour de la CIME. De quoi a-t-il été question exactement?

Je crois que c’est dans le cadre de cet ensemble que les confessions religieuses font, pour un aboutissement heureux, des tractations en  vue de la tenue du dialogue. Ils ont consulté un certain nombre d’acteurs politiques  et la communauté internationale. Là, il a été question de deux points essentiellement : l’évaluation de l’environnement actuel et l’évaluation du processus électoral. En ce qui nous concerne, le SG  de la MP, l’honorable Aubin Minaku, a d’abord salué cette initiative des confessions religieuses, en vue de débloquer la situation politique et le processus démocratique. Il a ensuite rappelé les fondamentaux des positions de la MP, à savoir l’engagement d’accompagner le Chef de l’Etat dans toutes ses initiatives, en vue de l’installation de la pratique démocratique dans notre République. Il a ensuite rappelé que jamais la MP n’avait levé une option pour le référendum. La seule option levée, c’est le schéma pour un processus électoral, un schéma démocratique pour le dialogue. Dans les échanges, nous avons été nourris par des informations de la part de ces confessions religieuses et nous aussi avons approfondi notre point de vue, concernant la tenue effective de ce dialogue.

Vous avez dit que vous n’avez pas encore levé l’option pour le dialogue. Qu’est-ce qui fait que le SGA insiste que vous alliez vous réunir, afin de dégager une vue commune ? Comment vous pouvez justifier cela ?

Il faut faire la différence entre la déclaration politique d’un leader d’un parti politique donné, fut-il de la MP et la position officielle de la MP qui ne peut qu’être donnée soit par l’Autorité morale, le Président de la République, soit par le SG, l’honorable Aubin Minaku, soit par le porte-parole, l’ambassadeur Alain Atundu.  La grande préoccupation aujourd’hui, n’est pas le mandat du chef de l’Etat, sa possibilité de se représenter ou de rester éternellement au pouvoir. La grande préoccupation, c’est de normaliser le processus électoral, ce qui va nous éviter des dérapages sociaux préjudiciables pour notre société et pour l’Etat.

Pouvez-vous garantir aux lecteurs qu’au niveau de la MP, vous n’avez jamais levé l’option d’un référendum pouvant permettre au chef de l’Etat d’avoir un nouveau mandat ?

Un référendum est un droit. C’est aussi un instrument de gestion démocratique où vous décidez de consulter le souverain primaire, pour une question généralement quelconque, pour que l’on remplisse les conditions constitutionnelles. On ne peut empêcher à un citoyen congolais de réfléchir. Le référendum, c’est fort de l’article 22 de la Constitution qui dispose de la liberté de penser, de religion, d’organisation et d’expression. Qu’aujourd’hui, quelqu’un n’ait pas pensé au référendum face aux tentatives de blocage du processus démocratique que nous connaissons, serait mentir. Au niveau de la MP, en aucun moment nous n’avons pensé à utiliser le référendum pour permettre au Président Joseph Kabila d’avoir un énième mandat, etc. En tout état de cause, si nous avions cette intention, rien ne nous empêcherait de recourir au référendum. Il faut éviter une démocratie discriminatoire. Lorsqu’une frange de l’opposition dit « Kabila dégage », personne ne la condamne. Parce que, lorsque vous suivez même la dernière déclaration du président de l’UDPS, ‘’le Président Kabila doit partir avant ou au plus tard le 19’’, personne le lui demande : comment quelqu’un qui n’a pas terminé son mandat peut quitter avant ? N’êtes-vous pas dans le schéma révolutionnaire, plutôt que démocratique ? Personne, parce que c’est la liberté d’expression. Lorsqu’on estime dans le camp de la MP que le référendum est un moyen adéquat pour solliciter au peuple ce que l’on veut. Autant les gens ont le droit de dire ’’Kabila dégage’’, autant les gens ont le droit de dire ‘’Kabila reste’’.  Dans tous les cas de figure, il faut que cela soit conforme à la légalité constitutionnelle en vigueur.

Le Chef de l’Etat a annoncé la tenue du dialogue à la fin de ce mois de juillet, est-ce que vous estimez que toutes les batteries sont mises en marche pour la tenue d’un dialogue inclusif avec la participation du rassemblement, c’est-à-dire de ceux qui ont été à Bruxelles en conclave ?

Le dialogue inclusif, c’est un droit, c’est-à-dire tout Congolais qui remplit les conditions, soit en tant que personnalité, soit en tant que groupement, peut  participer à cette rencontre convoquée par le chef de l’Etat, afin de parler du processus électoral.  Raisonnablement et toutes les personnes impliquées, je pense au Facilitateur, la CIME, tout le monde fait pour que ceux qui hésitent encore puissent revenir. Analysons les conditions : il ne faut pas que ça soit un dialogue entre Congolais seulement, sinon la MP va nous écraser, je ne sais comment ; qu’est-ce qu’il faut, il faut un Facilitateur international. Le Président de la République a fait des démarches auprès du SG Ban Ki-moon qui a orienté les autorités congolaises vers l’UA et celle-ci nous désigne Edem Kodjo, une personnalité dont on ne peut pas faire beaucoup de commentaires. C’est une personnalité remarquable, ressource pour l’UA. Alors, il faut un panel. Le panel est là avec l’ONU, l’UA, l’UE, l’OIF, la MONUSCO, la SADC, la CIRGL. Alors, il faut absolument que les Américains y participent, …

Est-ce que ça vaut vraiment la peine d’hypothéquer l’avenir d’un pays parce qu’un allié n’est pas appelé à la table des négociations, de 1? De 2, les sujets qui devaient faire l’objet d’un dialogue, soit des concertations avant le dialogue, sont posées en préalables. Il faut libérer, il faut ceci, il faut cela. C’est une démarche un peu contre la nature du dialogue. On ne peut pas aller au dialogue et ne pas être disposé à donner sa part de sacrifice. Il devait attendre qu’on aille d’abord au dialogue.

Le Rassemblement a exigé un dialogue conformément à la Résolution 2277 qui serait convoqué par la communauté internationale ?

Je suis tenté de penser qu’ils sont victimes de l’illusion démocratique, parce que la communauté internationale, c’est-à-dire les Nations Unies, l’UE, l’UA, etc. ne reconnait que le dialogue convoqué par le Président Joseph Kabila. C’est de celui-là qu’il s’agit dans la résolution 2277. Que eux pensent, contre tout entendement que ce n’est pas ça, je ne sais pas qui est responsable du blocage. Dans cette démarche, il y a deux catégories de politiques : il y a en qui croient à la capacité de l’homme politique congolais de trouver une solution idoine au problème électoral tel qu’il se pose aujourd’hui. Ceux-là s’interrogent sur le sens du dialogue et pourquoi certains ne veulent pas y participer. Mais il y a aussi des gens qui ont un agenda caché, comme on dit ici chez nous. Ce sont ceux qui essaient par des manœuvres dilatoires de nous amener le plus près possible de quelques dates fétiches comme le 19 septembre ou le 19 décembre sans dialogue. Une question d’éthique se pose : est-ce l’intérêt du peuple qui pèse avant les ambitions ? Parce que ce sont des tactiques politiques pour atteindre ces ambitions.

E.Tshisekedi a annoncé son retour à la fin mois de juillet, probablement pour prendre part au dialogue politique ?

Vous pouvez lui poser la question. Mais tout ce que je sais, le meeting annoncé n’aura de sens que s’il rassure de sa participation, et la participation de l’UDPS et de tous les membres du Rassemblement.  Qu’il vienne pour répéter les mêmes exigences, je ne pense pas que ça soit un événement à retenir dans la mémoire politique. Ce sera un rendez-vous raté, un de plus.

Le 30 juin dernier, le Chef de l’Etat s’est adressé à la Nation avec des points de vue différents qui doivent être respectés par les partenaires. Il a demandé qu’on aille au dialogue, qu’on se fasse enrôler pour préparer les élections. Mais pour Moïse Katumbi, c’était un rendez-vous manqué, c’est-à-dire un contenu non adapté à la circonstance. Il devrait plutôt dire qu’il ne va pas se représenter. Comment allez-vous analyser cette déclaration?

Ce sont les propos de quelqu’un qui veut faire flèche du Dubois pour essayer de se légitimer comme candidat, comme leader, je ne sais pas.  Moi je sais que la circonstance du discours du 30 juin, c’était l’anniversaire de notre indépendance. Et donc, une occasion pour rappeler les exigences de l’indépendance, pour combattre et défendre sa souveraineté. Il faut savoir se libérer des pressions internationales pour sauvegarder les intérêts majeurs de notre démocratie.  La démocratie, ce n’est pas un système standard. C’est une approche géostratégique des problèmes qui se posent dans la gestion de l’Etat par le peuple et ses représentants. Et donc, nous devons savoir que si nous avons un problème quelconque, il faut d’abord commencer par respecter l’ordre public, les droits d’autrui, les institutions. Ne pas faire de l’imposture, parce que le Président de la République, c’est lui qui doit s’adresser à la Nation à cette occasion pour donner le point de vue de l’Etat sur le sens de l’indépendance, sur la marche à suivre. Ce n’est pas à un opposant quelconque, fut-il candidat président de la République, de donner des orientations au Chef de l’Etat.

Je ne considère pas la date du 30 juin comme mettant fin au mandat du Chef de l’Etat pour qu’il n’ait plus l’occasion de s’exprimer en tant que chez de l’Etat et encore moins comme la fin de la liberté d’expression qu’a tous citoyen. Après le 30 juin, la vie de la Nation continue. Normalement, le chef de l’Etat en tant que Garant, veille au bon fonctionnement des institutions, de la démocratie et poursuit sa quête vers l’émergence de notre pays.

(Propos rendus par Jean-Marie Nkambua)

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