Convocation du dialogue: Vers la requalification du calendrier électoral

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*De plus en plus, les choses se précisent en ce qui concerne l’organisation du dialogue politique souhaité par la majorité des Congolais, afin notamment de procéder à la requalification du calendrier électoral adapté aux impératifs politiques du moment et aux exigences de l’heure. Et si ce dialogue se tenait, il ne manquera pas d’aborder le cas de nouveaux majeurs, la reprogrammation des élections locales, le calendrier électoral par rapport à la présidentielle, le financement des élections, etc.

* Entre-temps, il est constaté sur terrain que depuis un certain temps, la communauté internationale excelle dans l’appui à la Société civile et à l’éducation électorale, parce que plus qu’hier, le processus électoral est devenu crédible. Ce geste est salué par la CENI, qui déplore quand même la multiplicité de procédures, surtout en ce qui concerne l’Union européenne, qui risquent de conduire à un glissement redouté par tout le monde

Dans son discours prononcé la veille de la commémoration du 55ème anniversaire de l’indépendance du pays, le président de la République, Joseph Kabila Kabange a fixé les grandes lignes de ce que pourrait être le dialogue s’il a lieu. Ceci pour dire que déjà sur la table, il existe une idée de requalification du calendrier électoral adapté aux impératifs du moment et aux exigences de l’heure.

Par rapport aux matières proposées à l’ordre du jour, l’on peut citer le cas de nouveaux majeurs, la reprogrammation des élections locales, le glissement du calendrier électoral par rapport à la présidentielle, le financement des élections, etc. Toutes ces idées exigent que le peuple congolais se retrouve autour de son chef, dans un débat franc, pour discuter de toutes ces questions, et ainsi baliser l’avenir du processus électoral de 2015 qui ne doit pas ressembler à ceux de 2006 et 2011.

La problématique de nouveaux majeurs

Dans son discours ci-dessus évoqué, le chef de l’Etat a jugé légitime la participation aux scrutins de 2015 d’anciens mineurs devenus majeurs en cours du cycle électoral qui, du fait de la loi électorale, en sont exclus… En effet, selon les experts des questions électorales, sur le plan pratique, l’enrôlement de nouveaux majeurs, s’il est décidé, pourra prendre environ 6 mois. Et si on y ajoute la diaspora, il risquera d’aller jusqu’à une année. Et ce, avec comme conséquence que le calendrier électoral va être repoussé de 6 mois, de même que les élections locales prévues au mois d’octobre 2015.

Pourquoi six mois pour l’enrôlement national ? A cette question, notre expert explique que six mois, c’est le temps nécessaire pour commander les kits électoraux, mobiliser l’argent, attendre que les kits soient livrés, qu’ils soient conditionnés, qu’ils soient déployés, que le personnel soit formé, que l’on dispose d’un budget conséquent pour la prise en charge du personnel, etc.

A titre d’exemple, lors de l’opération de fiabilisation du fichier électoral, 44.000 agents ont été recrutés et 240.000 dollars Us par jour était le montant qui leur a été payé pendant trois mois. Maintenant qu’il s’agira de l’enrôlement, peut-être qu’il exigera la mobilisation d’un personnel plus important .

A cette opération d’enrôlement national, si l’on ose y ajouter la diaspora, alors même qu’il faut distinguer la diaspora régulière (ceux qui sont partis pour les études, en mission, etc.) de la diaspora irrégulière (les Ngulu et autres), le délai risque de s’allonger. Or, les bureaux d’enrôlement doivent être installés dans les chancelleries. Ici, la diaspora irrégulière n’osera pas venir, au risque d’être traquée par la police. L’enrôlement de la diaspora, s’il est décidé, implique la sécurisation des ambassades. C’est ici qu’il convient de se poser la question de savoir : qui prendra en charge le déploiement de l’effectif supplémentaire de la police ? En plus, lorsqu’on déclenche cette opération, il faut le déploiement des experts de la CENI, qui doivent venir de la Rd Congo. Comme on peut bien s’en rendre compte, c’est une opération qui exigera beaucoup de moyens pour être crédible.

Sinon, une fois qu’on a recensé sur le plan national et à l’étranger, il faut consolider les données, envisager un audit, avant l’organisation des élections. C’est à la lumière de tout ceci que les participants au dialogue devront être perspicaces dans les décisions qu’ils devront prendre.

La Communauté internationale revient !

Comme nous avons eu à l’annoncer, depuis un certain temps, la communauté internationale excelle dans l’appui à la Société civile et à l’éducation électorale, parce que plus qu’hier, le processus électoral est devenu crédible. Toutefois sur terrain, il est facile d’identifier deux tendances. La première, ce sont les Etats-Unis d’Amérique qui appuient la Société civile sans arrière-pensée et la deuxième, ce sont les Européens qui appuieraient les anti-processus électoral actuellement en cours. Ici, les Congolais devront être vigilants pour éviter que derrière l’appui, qu’on ne nous amène pas autre chose.

Cependant, ce geste de la communauté internationale est salué à sa juste valeur par la CENI, qui déplore quand même la multiplicité de procédures. En Rd Congo, l’Union européenne ne peut appuyer que l’achat des équipements électoraux. Des sources proches de la CENI, nous apprenons que l’UE impose beaucoup de procédures. Et c’est à ce niveau là que la CENI voudrait des clarifications, pour éviter que cela ne conduise à un glissement redouté par tout le monde.

Pour revenir au nouveau Projet de Renforcement de l’Observation Citoyenne au Congo (PROCEC), il a été lancé hier, cinq jours seulement après un autre, « Congo Demokrasia ». Pour le vice-président de la CENI, l’éducation électorale est un champ vaste de renforcement de la démocratie. Elle exige un effort à long terme allant jusqu’à la combinaison des initiatives qui fassent en sorte que des citoyens acquièrent des connaissances et développent des attitudes et des comportements qui stimulent et consolident la démocratie.

L’un des principaux mérites de ce projet, qui sera mis en œuvre par EISA, est l’idée que la responsabilité de l’amélioration des processus politiques, revient, au premier chef, aux sociétés locales elles-mêmes. Ce qu’on oublie ou feint d’oublier, c’est que l’efficacité des groupes nationaux qui observent les élections dépend également et largement des capacités fonctionnelles et organisationnelles qu’ils pourront démontrer à observer les élections de manière irréprochable ; en l’occurrence, les organisations de la société civile congolaises.

La crédibilité de l’observation des élections par les groupes nationaux repose précisément sur leur niveau de professionnalisme et la stricte application des principes éthiques et déontologiques requis pour une observation électorale indépendante et impartiale. Cela reviendra donc à consolider les acquis, d’introduire de nouveaux outils et approches susceptibles d’accroître le professionnalisme et la rigueur des groupes d’observation congolais par l’observation de toutes les étapes du processus électoral. Plus important encore, il s’agira de renforcer le rôle de la société civile dans la préconisation et la formulation de propositions de réformes électorales, juridiques et institutionnelles, ainsi que dans la prise d’initiatives de plaidoyer en vue d’une meilleure organisation des élections. Car souvent, la société civile, face à des débats et enjeux importants qui engagent l’avenir, a souvent du mal à se faire entendre ou encore à bien articuler ses positions

La tripartite CENI-Majorité-Opposition ne remplace pas le dialogue politique

Au lendemain du discours du chef de l’Etat, un Secrétaire général d’un parti politique est sorti, mobilisant la presse autour de lui, pour fustiger le dialogue tel que proposé par le chef de l’Etat et qui devra examiner certaines questions de l’heure. Erreur, cet opérateur politique avait réellement manqué l’occasion de se taire.

En effet, il a entretenu une confusion et avait du mal à comprendre qu’il y a le dialogue électoral institué par l’Abbé Malumalu, président de la CENI, qui a pour fonction de faire une évaluation périodique et systématique du calendrier électoral. Tandis que le dialogue politique tel que souhaité par le peuple congolais, c’est pour jeter les bases de la requalification politique du processus électoral c’est-à-dire, lever les grandes options pour savoir les orientations qui permettront à la CENI d’organiser un nouveau calendrier électoral.

Et si ce dialogue a été lancé entre la CENI, la Majorité et l’Opposition, ce n’était pas pour étouffer le dialogue politique, surtout lorsqu’on sait que la CENI ne règle pas les problèmes politiques, mais applique la loi électorale. Et ce, pendant que le dialogue politique peut même mettre en cause la loi.

L’Avenir

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