Consultations au Palais de la Nation Kabila aux patrons de presse : « Aimez le Congo ! »

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* Ils étaient trente-sept à représenter la presse congolaise, dans sa grande diversité et invités, à leur tour, par Joseph Kabila, ce jeudi 18 Juin, au Palais de la Nation, dans le cadre des consultations en cours. Mais visiblement, les patrons de presse avaient beaucoup trop de doléances, liées à l’exercice de leur profession et ont d’abord saisi cette occasion pour les soumettre directement au Chef de l’Etat. Il a appelé la profession à adopter une attitude responsable, loin des calomnies et des contre-vérités nuisibles à la paix dans le pays

*Pour l’instant, le Président écoute tout le monde et, à terme, rendra compte à la population du résultat de ces consultations. Il dira, à ce moment, s’il faut aller au dialogue ou pas. Dans l’hypothèse où nous allons au dialogue, et selon ce qui ressort des dires des consultés, cinq sujets seront alors à l’ordre du jour, notamment : Elections et calendrier électoral, sécurisation des élections, financement des élections, enrôlement des nouveaux majeurs et la participation ou non de la communauté internationale

Deux années à peine, après les concertations nationales qui ont abouti, en décembre 2014, à la formation d’un gouvernement de cohésion nationale, le Président de la République démocratique du Congo n’aurait, à juste titre, aucune raison de tout reprendre à zéro. Or, depuis deux semaines, Joseph Kabila consulte à nouveau. Il a déjà reçu la société civile, les confessions religieuses, la classe politique, les institutions de la République, et envisage de recevoir très prochainement une représentation des jeunes congolais. Pourquoi et pour quels objectifs? Le président de la République s’en est clairement expliqué, dans un tête-à-tête, sans concessions, avec les patrons de la presse congolaise qu’il a reçus hier au Palais de la Nation.

Ils étaient trente-sept à représenter la presse congolaise, dans sa grande diversité et invités, à leur tour, par Joseph Kabila, ce jeudi 18 Juin, au Palais de la Nation, dans le cadre des consultations en cours. Mais visiblement, les patrons de presse avaient beaucoup trop de doléances liées à l’exercice de leur profession et ont d’abord saisi cette occasion pour les soumettre directement au Chef de l’Etat. Reçue, à huis clos, dans une des salles de réunions du Palais de la Nation, et conduite par Lambert Mende, ministre des Médias et Communication, la presse congolaise a réclamé, d’entrée de jeu, le respect de la liberté d’expression des journalistes.

C’est Kasongo Tshilunde, président de l’Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC), qui, prenant la parole, à l’invitation du Chef de l’Etat, a, au nom de tous les patrons de presse, déploré le maintien en détention de quelques journalistes et a demandé leur mise en liberté. Il a également regretté la fermeture de quelques médias, six au total dans toute la République, et a requis leur réouverture. Ce à quoi le Président Kabila a apporté une réponse ferme : Il a mis en avant le principe de la séparation des pouvoirs qu’il respecte et qui lui interdisait d’interférer dans une décision de justice. Il a appelé la profession à adopter une attitude responsable, loin des calomnies et des contre-vérités nuisibles à la paix dans le pays. « Pour moi, il n’y a pas de presse du pouvoir ou de l’opposition. Il y a la presse congolaise tout court», a-t-il précisé. Et d’ajouter : « On n’a pas besoin de museler la presse dans le pays. On a besoin d’une presse responsable, au service d’une cause : la paix dans le pays. Ce n’est pas à moi de vous apprendre comment aimer ce pays. Mais, souvenez-vous, il n’y a que ce pays qui vous appartient. Si vous ne pouvez pas aimer ce pays, qui le fera ? »

Joseph Kabila perplexe

Revenant sur les consultations en cours, et donc sur la raison de la présente rencontre avec les responsables des médias congolais, le Chef de l’Etat a exprimé sa perplexité devant l’attitude incompréhensible d’une partie de la classe politique congolaise.

Il a, en liminaire, rappelé que sa dernière rencontre avec les patrons de presse remontait à 2012 et ce, dans le cadre des concertations nationales qu’il avait personnellement initiées. Souvenons-nous! A l’époque, le contexte était humiliant pour toute la Nation: La ville de Goma venait de tomber entre les mains des forces rebelles et étrangères. L’objectif pour le premier citoyen congolais, et du reste, garant de la stabilité et de la paix sur l’ensemble du territoire, n’était-il pas de couper court aux rumeurs qui alimentaient l’insécurité récurrente à l’Est ? Et comment aurait-il pu lutter contre l’intoxication musclée de la population, arme que les ennemis de la République maniaient avec une certaine délectation morbide, s’il n’avait pas soudé la nation sur fond de la quête de la vérité tous azimuts, pour faire une juste lecture de la situation. Pourquoi cette guerre ? Qui était derrière cela et que devrions-nous faire pour en sortir ? C’est ce qui fut fait. Les Concertations nationales ont pris du temps mais elles ont débouché sur un certain nombre de recommandations dont la charge d’exécution a été naturellement confiée au présent gouvernement de cohésion nationale qui en est l’émanation.

Dès lors, qu’est-ce qui, aujourd’hui, a motivé le Chef de l’Etat à consulter de nouveau ? Le peuple est en droit de connaître la vérité et ce d’autant que cela intervient après la publication du calendrier global des élections et donc en plein processus électoral. C’est ce que la rédaction du quotidien l’Avenir a cherché à savoir après une analyse chronologique et attentive des faits.

Tous les analystes politiques se rappellent qu’en 2013, lors des Concertations nationales, il eut une frange de la classe politique qui les avait rejetées. Il y avait dans le lot, l’Udps, l’Unc et même l’Eglise catholique s’y était engouffrée. Et qu’est-ce que ces opposants aux Concertations voulaient ? Ils exigeaient un… dialogue à la place des concertations. Le gouvernement de cohésion s’est fait sans eux, mais ils ont continué à exiger le dialogue. L’opinion se souvient encore des sorties médiatiques des ténors de ces partis politiques où ils rappelaient les fondements juridiques du dialogue qu’ils réclamaient.

Ils furent même rejoints par la communauté internationale qui poussait le Président à ouvrir le fameux dialogue. En bon père de famille, Joseph Kabila a, il y a deux mois, cherché à savoir si les requérants du dialogue en avaient réellement envie ou était-ce une nouvelle farce ? Puisque quelques mois auparavant, le calendrier électoral dit global, réclamé, à cor et à cri, par la même bande, était rejeté par elle, au lendemain de sa publication sans aucune explication. On rase gratis. On change invariablement de position.

Sans projet politique. Sans idéal. D’où la réserve légitime du Président. Mais les informations qui lui parvinrent, à travers son émissaire, confirmèrent plutôt que les demandeurs du dialogue le voulaient réellement. Tous, dont l’Udps, l’Unc, l’Eglise catholique et la communauté internationale. Ainsi, il y a trois semaines, Joseph Kabila leva l’option de les recevoir pour prendre personnellement leur point de vue sur la nécessité ou non d’un dialogue. Si oui, quels seraient les points à inscrire à l’ordre du jour ? C’est l’objectif des consultations actuelles. Chacun des demandeurs du dialogue a, par la suite, défini sa délégation et accepté de rencontrer le Chef de l’Etat. Le responsable de l’Unc exigea même une audience, seul, avec le Président, dix minutes avant de recevoir toute la délégation Unc. Faveur qui ne lui a pas été refusée.

Mais contre toute attente, et comme si la culture politique faisait congénitalement défaut à certains opposants congolais, il y eut un ultime volte-face de la part des mêmes personnalités, demanderesses autrefois du dialogue. A quel jeu jouent-elles réellement ? Comment, dans ces conditions, construire le pays ? Les Congolais ne méritent-ils pas une classe politique responsable, comme en France ou aux Etats-Unis, pour ne citer que ces deux pays qui se distinguent par leur patriotisme.

Fort heureusement, toute la classe politique congolaise n’est pas dépourvue de bon sens. Ont été reçus jusqu’ici par le Président : La société civile, les confessions religieuses dont Monseigneur Monsengwo, la classe politique comprenant les partis de l’opposition et ceux du pouvoir, les institutions de la république, les patrons de presse et, prochainement, les représentants de la jeunesse congolaise.

Cinq points à l’ordre du jour

Pour l’instant, le Président écoute tout le monde et, à terme, rendra compte à la population du résultat de ces consultations. Il dira, à ce moment, s’il faut aller au dialogue ou pas. Dans l’hypothèse où nous allons au dialogue, et selon ce qui ressort des dires des consultés, cinq sujets seront alors à l’ordre du jour, notamment :

  1. Elections et calendrier électoral. Le calendrier global étant contesté, faut-il aboutir à un calendrier consensuel ? Comment on y arrive ? Est-ce à l’initiative du Président qui saisirait la CENI ou plutôt à l’initiative de l’ensemble de la classe politique ?
  2. Sécurisation des élections. Comment éviter le climat exécrable qui a perturbé les échéances électorales de 2006 et 2011 ?
  3. Financement des élections. Les prochaines élections devraient coûter à la Nation 1 milliard 200 millions de dollars américains. Est-on capable de les financer seuls, au nom de la souveraineté nationale? Doit-on compter sur la communauté internationale ? Avec quels risques ?
  4. Enrôlement des nouveaux majeurs. A combien sont-ils ? Doit-on se contenter de la réponse technique de la CENI ou doit-on les faire participer à toutes les élections ?
  5. La participation ou non de la communauté internationale. Faudra-t-il un médiateur, un facilitateur étranger ou allons-nous faire confiance à la sagesse d’un fils du pays ?

En somme, ces consultations ne tendent pas éviter les élections. Elles se préoccupent plutôt à trouver un consensus sur comment les organiser et pour quel objectifs ?

L’Avenir

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