Congo-Brazzaville

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Dossier spécial sur la vie des partis politiques et la question constitutionnelle

«Après la pluie, vient le beau temps», dit un adage populaire. C’est réellement ce qui semble être bien le cas au sein de la DRD qui, à un certain moment, a connu un silence qui a laissé pantois de nombreux observateurs de la scène politique nationale. Autant dire que les analystes ont jusqu’alors du mal à définir la position réelle de DRD sur la question constitutionnelle.

Cependant, il y a lieu de dire que, depuis plus d’une année, la Dynamique Républicaine pour le Développement, présidé par Héllot Matson Mampouya avait adopté une certaine stratégie qu’il convient de considérer comme une «Marche du caméléon». Ceci, bien entendu, pour résoudre ou apporter les solutions aux attentes de ses militants. Désormais, vu l’impératif, la nécessité, le contexte, l’urgence, le temps et l’analyse de la situation, la DRD a jugé utile de convoquer la session du Conseil national promis depuis quelques temps pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur les grandes questions de l’avenir du pays.

Quelle est la réelle position du DRD ?

Il faut signaler que le peuple congolais a soif de connaitre les positions réelles de ce parti de la 3ème génération sur ses grandes orientations politiques et surtout sur sa contribution pour sauver le peuple congolais.

En créant la DRD, Héllot Matson Mampouya s’exposait déjà à un exercice fort difficile qui concerne tous les leaders des partis politiques ; celui lié à la conquête du pouvoir et à la gestion de la cité. Mais, à l’occasion de la 1ère session ordinaire de son parti, sera-t-il capable de créer les grandes surprises, afin de se démarquer ou continuera-t-il à garder son silence ? Aujourd’hui, il est vrai que le pays traverse un virage assez délicat, surtout lorsqu’il s’agit de la fin du dernier mandat du président Denis Sassou Nguesso. Chaque leader politique de l’opposition, de la majorité présidentielle et du centre joue sa carte. Beaucoup de ceux-ci ont presque pris position dans plusieurs sens. Alors, quoi nous réserve-t-il le président de la DRD, Yâ Hellot Matson Mampouya ? Loin de la question constitutionnelle qui n’est plus un sujet tabou au sein de la DRD, ce parti – dont la capacité de mobilisation n’est plus à démontrer – est à considérer comme une véritable carte à jouer pour l’alternance démocratique et politique au Congo.

Il y a de cela, près de deux ans et depuis la date de sa création, le 18 mai 2013, ce jeune parti, devenu grand parmi les dinosaures au sein de la classe politique congolaise, a connu des avancées spectaculaires par sa mobilisation et son audience au sein de la population dans les douze départements du Congo. Il a été présent à la première élection (locale) et a gagné officiellement une vingtaine des conseillers à l’issue de ces échéances électorales.

Signalons que la DRD n’a encore signé aucune alliance politique avec le PCT, ni avec un autre parti, encore moins avec une quelconque plateforme politique. Son appartenance à la majorité présidentielle n’est que de fait. Alors, son silence cache quoi exactement ? De bonnes nouvelles, Hellot Matson Mampouya reste certainement l’homme qui sait prendre position au bon moment pour changer la donne politique comme l’entend espérer le peuple congolais désireux avoir le changement dans le pays.

Il est à constater que tous les leaders politiques actuels, qui sont sorti d’une même école du patriarche Bernard Kolelas, sont hostiles au changement de la Constitution initié par le parti au pouvoir(PCT). Chacun tient à utiliser sa stratégie. Donc, les uns se sont déjà prononcés ouvertement contre ce projet inconstitutionnel du pouvoir, tels que Guy Brice Parfait Kolelas du MCDDI et Paulin Makaya de l’UPC ; les autres, par contre ont adopté une certaine sagesse caractérisée par le silence qui devrait aboutir à des résultats bouleversants allant dans le sens du respect de l’ordre constitutionnel. C’est le cas de Hellot Matson Mampouya de la DRD, de Michel Mampouya du PSVR, de Claude-Alphonse Nsilou du RC et de l’abbé Yanguissa de la «Devise». Autant dire que tous ces leaders politiques, tous moulus de l’école politique de Bernard Kolelas, sont bien hostiles au changement de la Constitution. Mais, qui d’entre eux pourra atteindre, un jour, la sommité pour diriger la destinée de ce pays ? Le cap 2016 paraît donc un véritable indicateur pour mieux connaitre la réponse à cette question.

Un conseil national du 23 au 25 juillet 2015

Il y a lieu de penser que le Président de la DRD prépare les grandes surprises agréables dans un silence absolu. A cet effet, le conseil national, convoqué du 23 au 25 juillet 2015, pourrait cacher beaucoup de choses. Certainement, plusieurs questions seront abordées au cours de cette première session du conseil national de la DRD, parmi lesquels : la position de la DRD sur la question de la réforme institutionnelle, le respect des conclusions du dialogue, de Brazzaville, d’Ewo et de Dolisie ; la participation de la DRD à élection présidentielle de 2016, le bon fonctionnement de la DRD…et les accords ou alliances politiques, etc.

Jusqu’aujourd’hui, tout le monde se pose plusieurs interrogations à ce que pourrait réserver la DRD comme surprise agréable. Ce qui inquiète, vraisemblablement, le PCT, c’est qu’il n’a eu aucun accord politique avec la DRD. De ce fait, le parti de Hellot Matson Mampouya est libre et entièrement indépendant pour prendre la meilleure option qui lui convienne pour sauvegarder ses arrières et atteindre ses objectifs. L’on peut dire que, pour certains observateurs, Hellot Matson Mampouya est devant une situation qui nécessite l’interpellation de sa conscience, afin de choisir en toute conséquence le chemin à orienter son parti.

Mais, ce qui rassure ses militants, c’est qu’il avait refusé de signer le document initié par le PCT pour dire le grand «OUI» au changement de la Constitution. Fidèle à ses positions, comme il l’est toujours, n’a jamais accepté à ce que le PCT de Pierre Ngolo lui dicte la ligne à suivre. Et, l’on espère qu’il ne pourra pas décevoir ses militants. C’est sûr, d’ici le 25 juillet 2015, le caméléon pourrait changer de couleurs pour imiter celles de son environnement.

Pour mémoire, lors de sa déclaration de la fondation de la DRD, Hellot Matson Mampouya disait: « …Ainsi nous nous sommes rassemblés autour de l’amour pour notre patrie et le désir de lui apporter le meilleur de nous-mêmes en privilégiant la paix et la cohésion nationale. Partageons notre inébranlable foi en notre pays et en sa capacité à accélérer son développement au profit de chacun d’entre nous sans distinction aucune ; nous avons épousé le serment des pères de l’indépendance pour transcender les divisions factices et stériles, les égoïsmes et l’irrationnel, afin de nous engager vers la fraternité, l’unité et la solidarité… Ce fut là le rêve de Bernard Kolelas dont je ne me suis jamais départi et ne me départirai jamais. Nous avons le devoir de l’enrichir… ».

Il poursuivait en disant: «…La démocratie est la forme organique de notre action. C’est pour elle que la Dynamique s’est créée et par elle seule qu’elle vivra. La Dynamique Républicaine pour le Développement s’engage à en être l’avant-garde et le modèle, même face à des comportements non démocratiques. Le progrès est notre but ultime. Il constitue ce rêve congolais qui s’estime en droit de revendiquer la jouissance des avancées matérielles, mais aussi sociales, philosophiques, tout en préservant les valeurs de notre culture bantoue, dans un partage harmonieux tenant compte de la diversité humaine et en équilibre avec l’environnement…».

Je commence à envisager la sortie

Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. Ainsi, certains militants de la Dynamique Républicaine pour le Développement pensent que le projet de changement de Constitution initié par le PCT pour maintenir le Président Sassou au pouvoir ne pourra pas aboutir. Car, Denis Sassou Nguesso, Président de la République, avait lui-même répondu ce qui suit dans son livre, je cite «Parler vrai pour l’Afrique» à la page 89 et 90: « …Est-ce que parmi ses jeunes certains sont capables, d’assumer des responsabilités politiques ?…Réponse : «Mais je suis persuadé que le Congo ne manque pas de jeunes capables de prendre la relève». Les plus âgés font-ils la place aux plus jeunes? Réponse : «Sans doute. Ceux de nos dirigeants politiques qui peuvent être considérés comme des anciens commencent à quitter la scène politique, qu’il s’agisse de Kolelas, de Yhombi, de Lisouba et d’autres. Moi-même d’ailleurs, à soixante-six(66)- soixante-sept(67) ans, je commence à envisager la sortie, parce que notre constitution stipule que, à plus de soixante-dix(70) ans, on ne peut plus être candidat à la présidentielle…»

«…Cela veut-dire que, si vous êtes réélu en juillet 2009, ce sera votre dernier mandat ? Réponse : «en tout cas, la Constitution précise que le Président de la République ne peut effectuer plus de deux(2) mandats…» Et pour conclure, l’on espère que le premier Magistrat Congolais, Dénis Sassou Nguesso, pourra bien aussi observer les conseils de son conseiller Claude Melin qui, au cours d’une émission, disait : «Le conseil que je donne au président de la République est de sortir par la grande porte, à la Mandela en 2016 et de laisser à son successeur le soin de se préoccuper des questions de changement de constitution ; il sera plus respecté que jamais… » Par conséquent, l’opinion attend avec impatience ce qui se cache derrière ce fameux conseil national de la DRD.

(Roch Bouka/ Correspondant RTGA World à Brazzaville)

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