Congo-Brazzaville : un procès s’achève, un autre s’ouvre

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Il s’agit d’un autre Général de division, Norbert Dabira qui débute aujourd’hui mardi au Palais de justice de Brazzaville. Si le Général Jean-Marie Michel Mokoko s’est dit piégé pour avoir accepté d’enregistrer un message de prise de pouvoir à l’issue d’un coup d’Etat, le Général Norbert Dabira par contre se passait pour l’agent recruteur de mercenaires et autres complices pour renverser les institutions.

Ce procès permettra d’édifier,  preuves à l’appui, la communauté internationale en général et les Congolais en particulier, sur les péripéties d’un coup d’Etat  qui a été évité grâce à un autre Général, en l’occurrence Nianga Ngatsé Mbouala, qui avait vendu la mèche aux autorités de la place.  En effet, après avoir été détenu pendant un mois à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), pour des raisons d’enquêtes approfondies, le Général Norbert Dabira a été finalement transféré le 6 février dernier à la maison d’arrêt centrale de Brazzaville.

Dès cet instant, l’on avait cru savoir que l’instruction de cette affaire qui pue fortement l’odeur de trahison, allait enfin démarrer. Dans la foulée, une confrontation entre les Généraux Norbert Dabira et Nianga Ngaté Mbouala avait été initiée par le Procureur de la République André Oko Ngakala. Avec l’ouverture du procès, l’affaire Dabira va enfin connaitre son épilogue, au terme d’un débat, contribuer à faire la lumière sur ce coup d’Etat raté dont l’auteur est malheureusement un fidèle parmi les fidèles du président Denis Sassou N’guesso.

Pour mémoire, le Général Norbert Dabira est soupçonné d’avoir mis au point un projet de coup d’Etat pour déstabiliser les institutions de la République. Dans son plan macabre, il projetait l’élimination physique du président de la République du Congo, en détruisant soit au décollage, soit à l’atterrissage, l’avion qui le transporte. Des sources concordantes affirment que si au plan international, le Général Norbert Dabira avait déjà eu des soutiens sûrs, au Congo par contre, il n’avait pas encore des alliés militaires de poids ayant des troupes sous leur contrôle. C’est ainsi qu’il va approcher le Général Nianga Ngatsé Mbouala, Commandant de la Garde Républicaine, qu’il jugeait certainement malléable en raison des querelles intestines au sommet de la sécurité présidentielle à cette époque. Cette thèse a été renforcée par l’arrestation de son Directeur de cabinet, actuellement en détention à la maison d’arrêt de Brazzaville. Il serait soupçonné d’avoir approvisionné les Ninjas-Nsiloulous du pasteur Ntumi chef rebelle dans les forêts du pool en armes.

Le Général Nianga Ngatsé Mboula aurait saisi cette occasion en or qui lui était gracieusement offerte pour se réhabiliter dans le giron et pour laver tous les soupçcons de putschiste qui pesaient lourdement sur lui. C’est dans ce contexte qu’il va user des créneaux requis et permettre aux services des renseignements de se saisir du dossier. C’est le procès le plus facile que le Congo va connaitre dans son histoire.

Soulignons que Dabira a été dénoncé par un autre Général qui s’est distingué pendant la guerre du 5 juin 1997, comme lui. C’est ce qui crédibilise la tentative du putsch. Un Général ne peut pas se permettre d’imaginer un coup d’Etat et désigner son auteur. Quoiqu’il en soit, le procès  est une occasion plus qu’indiquée pour tirer au clair cette affaire. On croit savoir que le Général Norbert Dabira, ne va pas opter pour la stratégie du silence, comme l’a fait son alter ego Jean-Marie Michel Mokoko. Car acceptant de parler tout en avouant son forfait, il peut bénéficier de circonstances atténuantes. Comme le dit un adage, une faute avouée est à moitié pardonnée. Il peut aussi nier les faits en y opposant des arguments solides et facilement vérifiables. Il est dans son droit.

Ce procès qui démarre ce 15 mai 2018 a une valeur pédagogique, d’autant plus qu’il s’agit d’un coup d’Etat, un moyen d’accession au pouvoir qui est prohibé par la constitution du 25 octobre 2015. Le constat révèle que les coups d’Etat sont de plus en plus rares aujourd’hui en Afrique et sont condamnés par la communauté internationale.

La constitution de la République qui condamne dans son article 65 que le président de la République est  élue pour un mandant de 5 ans, renouvelable deux fois. C’est le mécanisme prévu par la Constitution pour accéder à la magistrature suprême. Ce qui revient à dire que le Général Norbert Dabira qui est en porte-à-faux avec la loi fondamentale, devra batailler fort pour se tirer d’affaire.

(Roch Bouka/Correspondant de la RTGA World au Congo Brazzaville)

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