Congo-Brazzaville: Polémique sur les circonstances de la mort de l’ex-colonel Marcel Ntsourou

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Thierry Moungalla, ministre congolais de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement
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Plusieurs voix se sont  levées depuis l’annonce officielle  par le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville du décès de l’ex-colonel Marcel Ntsourou, ancien gouverneur militaire et civil de la ville de Pointe-Noire, chef des renseignements militaire du Congo et ancien Secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité.

L’homme purgeait sa peine d’emprisonnement à perpétuité pour rébellion, assassinat, coups et blessures volontaires et association de malfaiteurs.  Il avait été déjà jugé deux fois par la Cour criminelle. En 2005, il avait été acquitté dans l’affaire dite des disparus du Beach et en 2013, à l’issue du procès des explosions du régiment blindé à Mpila, il était ressorti libre après un an et demi de détention préventive, mais avec condamnation à cinq ans de travaux forcés  avec sursis, laquelle avait ensuite été alourdie à cinq ans de prison ferme.

Une polémique s’est installée sur les circonstances de sa mort. Si  certains n’hésitant pas à parler de crime, à qui donc profite-t-il? L’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH)  demande plutôt une enquête internationale indépendante pour déterminer les mobiles du décès.  Dans leur troisième déclaration relative à la mort soudaine de Marcel Ntsourou, la Fédération de l’opposition congolaise présidée par Mme Claudine Munari  à salué la mémoire de l’illustre disparu en tant que brave officier de l’armée congolaise et déplore les circonstances de sa mort.

Dans cette déclaration publique rendue à la presse nationale et internationale, elle  déplore l’embastillement systématique des dirigeants politiques, des opposants comme le Général  Jean-Marie Michel Mokoko, Paulin Makaya, André Okombi Salissa et tous les autres. Enfin, la Fédération de l’opposition congolaise réaffirme sa détermination à faire de 2017 l’année de la libération de tous les prisonniers politiques au Congo.

Le Gouvernement est prêt à une autopsie

Du côte du pouvoir, « le gouvernement, est tout à fait  favorable et prêt pour une autopsie si tel est le souhait  de la famille, à ce que l’autopsie soit réalisée sur la dépouille de Marcel  Ntsourou pour des raisons tout à fait évidentes de transparence, » a déclaré  le Ministre congolais de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement, M. Thierry Moungalla, c’était au cour d’une conférence de presse qu’il a animée à Brazzaville, en présence des journalistes de la presse nationale et internationale et du Conseil à la communication et des relation avec les medias, Claudia Sassou N’guesso, assistée de son staff.

Le ministre est revenu sur la raison qui a conduit à la mort Marcel N’Tsourou, notamment son malaise après l’entretien avec l’avocat Me Ludovic Désiré Essou, l’intervention de l’infirmerie de la maison d’arrêt et le constat de son décès à l’hôpital des armées par le médecin assermenté vers 11h 20 le vendredi 17 février 2017 dernier.

Sur la  rumeur de l’interdiction de la  famille de l’illustre disparu d’accéder à la dépouille mortelle de Marcel Ntsourou,  Thierry Moungalla a démenti en disant : « qu’au moment où le décès a été constaté, il a fallu transporter le corps à la morgue. A ce moment-là, et je le  dis de façon formelle, les membres de la famille de Marcel Ntsourou étaient bel et bien présents et ont assisté au dépôt du corps à la morgue municipale de Brazzaville.

Sur la question des obsèques, le ministre a fait savoir que dans les traditions bantoues, c’est la famille qui s’en occupe. Les autorités restent donc à la disposition de la famille. A propos de la garde à vue de l’avocat  Ludovic Désire Essou,  le Ministre  Moungalla a fait savoir que dès lors que Marcel Ntsourou avait été jugé et condamné, il n’était plus le client de Maître  Essou. Pourtant, ce dernier est allé le visiter après avoir visité un autre de ses clients célèbre détenu à la maison d’arrêt de Brazzaville.

«Maître  Essou a vu Marcel Ntsourou quelques minutes avant son décès. Pour ces raisons, il doit être interrogé pour faire la lumière sur les conditions de sa mort. Parce qu’effectivement il y a eu mort d’homme, que cette mort d’homme se passe dans des conditions brusques qui semblent être, à ce stade des investigations, un arrêt cardio-respiratoire, c’est-à-dire un évènement brusque et imprévisible, qu’une enquête est ouverte», a déclaré le ministre Thierry  Moungalla.

Le porte-parole du gouvernement a également  réagi à la demande d’une enquête indépendante formulée par l’opposition. «Je ne comprends pas la notion de “commission d’enquête indépendante. C’est une notion qui m’échappe sur le plan juridique. Je crois que tout le monde a suivi le communiqué du Procureur de la République, qui a annoncé qu’il diligentait une enquête à travers la police judiciaire. Il est logique que le Procureur engage une procédure. Alors, toute autre procédure serait à la fois superfétatoire et superflue, puisque je ne vois pas ce qu’une commission dite indépendante que parle madame Munari  pourrait apporter de plus que les investigations de la justice congolaise». Thierry Moungalla a assuré que conformément aux traditions, la veuve a accès à la dépouille mortelle de son époux. En tout cas dossier à suivre !

(Roch Bouka/Correspondant RTGA World au Congo-Brazzaville)

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