Congo-Brazzaville: L’opposition exige le retrait des troupes au Pool

par -
0 1064

Les membres du comité restreint du collège des présidents du collectif des partis de l’opposition dirigée par M. Mathias Dzon, a exigé Brazzaville dans une lettre ouverte au Président Denis Sassou N’guesso, l’arrêt immédiat des opérations avec le retrait des troupes militaires déployées dans le département du Pool.

Les signataires de cette lettre ouverte à savoir Mathias Dzon, Jean Itadi, Christophe Moukoueké, Raymond-Serge Mviri et Henri Boukoulou, membres du comité restreint, ont dévoilé que la crise qui a éclaté le 04 avril 2016 dans le Pool, depuis 6 mois gagne en intensité avec des faits d’une extrême gravité et font courir au pays le risque d’un embrassement total si rien n’est entrepris pour arrêter rapidement cette folie meurtrière.

Face à cette situation pour le moins confuse, le collectif des partis de l’opposition congolaise a posé les questions suivantes au chef de l’Etat : « Que se passe t-il dans le département du Pool ? » Qui attaque qui dans le Pool ? Quelles mesures préconisez–vous pour ramener la paix dans ce département et dans tout le pays après tant de violences, de violations et de déchirements ?

Ainsi, le collectif des partis de l’opposition a invité le Président Denis Sassou Nguesso garant de l’unité nationale, de la paix et de la sécurité du peuple, à dire clairement et nettement au peuple congolais dans une déclaration à la nation, ce qui se passe réellement dans le département du Pool, en indiquant ce qui reste à faire pour sortir le pays de cette crise à la fois grave et douloureuse qui endeuille chaque jour de nombreuses familles congolaises.

A cette même occasion, les membres du comité restreint, ont réitéré leurs l’appel à l’arrêt immédiat des hostilités, au retrait de toues les forces militaires dans le Pool, afin de rechercher ensemble par le dialogue national inclusif, des solutions de retour de la paix effective dans le Pool et plus largement des solutions de sortie définitive de la crise multidimensionnelle actuelle au Congo.

Par ailleurs, dans une déclaration politique publiée au cours de la conférence de presse animée conjointement par les membres du comité restreint présidé par M. Mathias Dzon, le collège des présidents des partis de l’opposition congolaise s’est interrogé sur ce qui se passe exactement dans le Pool, car après les guerres meurtrières de 1997 -2001, le gouvernement avait bénéficié d’importants financements extérieurs pour le désarmement et la réinsertion des différentes milices, à savoir les Ninjas, les Cobras, les Cocoyes et autres.

D’où vient –il donc que l’on parle aujourd’hui des Ninjas, armés, nourris et capables d’affronter toute une force publique ? Ensuite, d’où vient–il que le pasteur Ntoumi nommé commissaire en charge de la cicatrisation des séquelles de guerres, avec rang de ministre et ayant transformé son conseil national de la Résistance (CNR) en parti politique, pour avoir lui-même participé aux élections législatives de 2012, soit aujourd’hui reparti en forêt pour terroriser les populations comme le répètent quotidiennement des membres du gouvernement et les médias à la solde du pouvoir et se mettre en situation d’affronter la force publique ? Que s’est-il donc passé entre Ntoumi et le gouvernement dont il était encore membre, il n’y a pas si longtemps.

A ce sujet, le collectif des partis de l’opposition a exigé au gouvernement de mettre publiquement à la disposition du peuple congolais et de la communauté internationale des explications claires et précises sur ce qui se passe actuellement dans le Pool.

Cependant, le collège des présidents a constaté avec considération que la situation du Pool devient un terrain sur lequel la haine et la division se développent de façon inquiétante à travers un véritable battage médiatique et une véritable campagne guerrière orchestrée à grande échelle par des formations et des hommes politiques affiliés ou proche du pouvoir.

Enfin, les partis de l’opposition congolaise signataires de la déclaration du 17 août sur les élections législatives 2012, ont rappelé que la crise multidimensionnelle que traverse le Congo dont la crise du Pool ne constitue qu’un aspect particulier, ne peut être jugulée de façon globale et durable qu’à travers un vrai dialogue national inclusif, sous l’égide de la communauté internationale.

(Roch Bouka/Correspondent Rtga World à Brazzaville)

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse