Congo-Brazzaville: Le Général Norbert Dabira écope de 5 ans d’emprisonnement ferme

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La Cour criminelle de la République du Congo prêt le Tribunal de Grand Instance de Brazzaville, au terme de 5 jours de procès, a condamné le samedi 19 mai dernier le Général Norbert Dabira, à 5 ans de prison ferme, assortis de quelques restrictions. De l’enquête de moralité à la condamnation de l’accusé, le procès aura été édifiant. Des enseignements mériteraient d’être tirés du fonctionnement de la justice congolaise et de sa capacité à dire le droit.

La justice est rendue au Congo au nom du peuple congolais. L’affaire Norbert Dabira après celle de Jean-Marie Michel Mokoko et les autres accusés a suscité un intérêt, au regard de la qualité des personnes appelées à comparaitre.

Puisque les parties au procès, constituées par la défense et le Ministère public, ont rempli leur mission, chacune d’elle étant à sa place. Quant à l’accusé, le Général Norbert Dabira et au témoin de l’accusation, le Général Nianga Ngatsé Mbouala, ils se sont employés à respecter la procédure, tant du contenu des débats que de leur place dans la salle d’audience.

Au regard des problématiques soulevées par l’affaire Norbert Dabira, son procès criminel se révèle être d’une grande pertinence pour éclairer le débat sur la soumission à la loi de tout le monde. Norbert Dabira, Général de 2ème section, ancien Inspecteur général de l’armée et de la gendarmerie et ex-haut-commissaire à la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, vient d’être soumis à la force de la loi. Il devrait rester en prison les cinq années à venir. Dans la même perspective, Nianga Ngatsé Mbouala, Général de brigade, ancien Conseiller spécial du président de la République et ancien commandant de la Garde républicaine s’est conformé à l’exigence de la justice, en comparaissant en qualité de témoin de l’accusation. Une leçon qui met sur orbite le fonctionnement régulier et normal de la justice et qui renforce la démocratie congolaise. Autant dire que le procès Dabira fut-il le symbole porteur de l’idéal démocratique.

Les juges, à leur tour ont mis en valeur « la souveraineté de la nation, la raison en marche, le libre examen des citoyens ». La Cour, placée sous l’autorité de Christian Oba a eu le mérite de bien tenir la police des débats. Pendant les plaidoiries, les avocats de deux parties ont excellés dans leur art. Le public, puisque le procès a été public, a eu le bonheur d’apprécier la qualité des débats et le dénouement du procès.

De la même manière, la presse dans sa diversité a assuré, tant bien que mal, la couverture médiatique du procès Dabira. Chaque journaliste, en respect à sa ligne éditoriale, a rendu compte de ce qu’il a vu, entendu et senti. Puisque dans ce métier, les faits sont sacrés.

A l’évidence, on retiendra que les audiences ayant marqué le procès Norbert Dabira auront permis de célébrer le respect et les droits des différentes parties. Des questions préliminaires à l’admission des preuves au dossier qui ont été débattues durant les audiences, des réquisitions aux plaidoiries, le président de la Cour fait figure d’arbitre des débats, et n’intervenait que pour en assurer la loyauté, pendant que les deux parties se chargeaient des interrogatoires.

La vérité judiciaire élaborée à partir de données fournies par les parties a permis de requalifier les griefs pour lesquels le Général Norbert Dabira a été condamné à 5 ans de prison ferme. Accusé d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, c’est finalement pour proposition d’atteinte à l’intégrité physique du président de la République, que l’accusé sera condamné.

Si comme le remarque Guizot, « quand l’ordre public est menacé, quand les formes générales du gouvernement ou les personnes qui représentent ces formes sont attaquées, c’est la société qui est en péril. Bien qu’on s’ennuie, on ne doit point se lasser de le redire, le pouvoir n’existe que pour la société; tous ses droits correspondent à sa mission ». On peut tirer comme leçon, qu’en définitive, que la justice congolaise s’est affranchie de l’influence politique. Elle a rendu un verdict à caractère national, qui échapperait à toute forme de pression, et solennelle et lui confère fonction exemplaire.

2ème procès du genre

A l’occasion de sa session criminelle ouverte le 29 mars 2018, la Cour d’appel de Brazzaville a statué en plénière et tour à tour sur les affaires Général Jean-Marie Michel Mokoko et Norbert Dabira, accusés tous les deux d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. Mais il est observé que l’opposition, les Ong dites des droits de l’homme et autres pourfendeurs du pouvoir de Brazzaville couvrent le procès Dabira d’un silence étonnant.

Le procès Jean-Marie Michel Mokoko et autres ont suscité un tollé presque général, aussi bien chez les leaders de l’opposition, qu’au sein de la société civile. Les uns et les autres ont criaillé dans les médias étrangers pour attribuer à l’affaire Mokoko et autres un statut hautement politique. Aujourd’hui, alors que pour le même chef d’accusation (atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat), un autre Général est devant la barre, avec un témoin principal, lui aussi Général, ces mêmes leaders précités préfèrent marmonner entre leurs dents : « l’affaire Dabira, c’est une affaire entre eux ». C’est un ‘’deux poids deux mesures’’ qui trahit le discours aux élans tribalistes, de nombre des leaders aussi bien politiques que de la société civile. Ce discours est contraire au jeu démocratique dans le pays.

Entre eux, lesquels ?

La démocratie plurielle souffre au Congo de deux maux qui ne favorisent pas son développement. Ces mots tant décriés pendant le monopartisme, ont été ramenés au galop par le multipartisme. Il s’agit du régionalisme et du tribalisme.

Les réseaux sociaux, mais pas seulement, sont truffés de commentaires tendant à confirmer l’exacerbation des fléaux. « C’est une affaire des gens du Nord qui se déchirent entre eux ; une affaire des Mbochis ; Tala bango na bango bakomi kosuana eyimabe », ces mots se lisent sur les réseaux sociaux et s’entendent dans les transports en commun à Brazzaville. Et comme c’est une affaire des gens du Nord, ceux du Sud jubilent et se frottent les mains. Dommage !

Mais, quand est-ce que les Congolais vont-ils parler de l’unité nationale, d’un Congo sans ses deux points cardinaux politiques ? Sous d’autres cieux, les partis politiques se fondent sur les idées, une cause politique commune à défendre.  Mais il est triste de constater qu’au Congo, un parti politique a pour base, d’abord et avant tout, l’intérêt de son fondateur qui détermine la position du parti, la localité de son fondateur, sa famille biologique, sa tribu, sa contrée natale et sa région. Il n’y a pas de Gauche, pas de Droite. On ne parle pas dans ces partis de socialistes ou de communistes. Telle est entre autres, l’explication à donner à l’instabilité politique au Congo, où les alliances contre nature qui se font et se défont au gré de l’humeur du ou des leaders.

On ne peut pas affirmer, sans se tromper, que les opposants qui ont qualifié le procès Mokoko de procès politique ne l’ont fait parce que les idées politiques de Mokoko sont si différentes de celles de Denis Sassou N’Guesso. Loin s’en faut !  Le fait est que bien qu’étant de la Cuvette comme le président de la République, Jean-Marie Michel Mokoko est de la tribu Makoua. Il n’est pas considéré comme un Mbochi, stricto sensu. Au nom de sa tribu, il peut donc bénéficier de l’indulgence de ceux qui s’opposent aux Mbochis, parce qu’ils sont au pouvoir.

Son frère Norbert Dabira a le malheur d’être Mbochi, stricto sensu. Ainsi, il ne bénéficie pas de la pitié de ces congolais-là qui pensent que tous les Mbochis sont au pouvoir. Une appréciation globalisante qui fait penser à tort qu’au Congo, toutes les institutions, les administrations et services publics ne sont dirigés que par les Mbochis.

Ce débat de la honte pourra être fait un jour. On se rendra, alors, compte, par exemple, que le nombre des membres du gouvernement actuel, originaires de la Cuvette n’est pas loin de celui de leurs collègues ressortissants du Pool. On peut aussi faire ce même décompte institution par institution pour constater que ceux qui entretiennent ce débat sont de véritables poisons pour l’unité des filles et fils du Congo.

Il est fort certain que les opposants occuperont les médias pour parler de procès politique, quand viendra le tour de Jean-Martin M’Bemba, Téké du Pool ou celui d’André Okombi Salissa, Koukouya des Plateaux ; parce qu’ils ne sont pas Mbochis ? Sans doute que ces Congolais qui ternissent l’image du Congo attendent-ils les applaudissements de leurs compatriotes pour ce rôle qu’ils ont choisi ? Affaire à suivre

(Roch Bouka/Correspondant de la RTGA World à Brazzaville)

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