Congo Airways, la souveraineté congolaise dans les airs

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Il y a longtemps, voire très longtemps, la République démocratique du Congo a figuré sur la liste de bannissement, communément appelée la liste noire (black list), de l’OACI (Organisation de l’Aviation civile internationale). Il a fallu des réformes courageuses pour sortir l’aviation civile congolaise du trou. C’est dans cette optique que s’était d’ailleurs inscrit la Loi n° 10/14 du 31 décembre 2010 relative à l’aviation civile et l’arrêté ministériel du 13 novembre 2012 réglementant les conditions d’importation des aéronefs et produits aéronautiques. Parmi les conditions techniques exigées aux opérateurs aériens tant privés que publics, figure l’année de fabrication des aéronefs ne dépassant pas quinze (15) ans. Objectif, sortir le pays de la liste noire et sauver des vies par l’évacuation des « cercueils volants ». Fort malheureusement, certains opérateurs aériens privés ayant du mal à se départir de leurs vieilles habitudes, celles de sacrifier des vies sur l’autel de leurs intérêts égoïstes et mesquins, avec des appareils qui ne répondent pas aux normes, communément appelés « cercueils volants », dissocient cyniquement la libéralisation de la réglementation. Sur ce point, les avis sont partagés dans l’industrie. Certains soutiennent que l’âge d’un avion ne compte pas, c’est plutôt la maintenance qui devrait servir d’indicateur. D’autres, par contre, considèrent que l’amortissement d’un aéronef est de vingt ans et les cellules vieillissent avec le temps. Ces derniers soutiennent que la maintenance des aéronefs d’un certain âge coûte très cher, consomment plus de carburant que les aéronefs jeunes et polluent l’environnement. Par conséquent, il n’est pas évident qu’un opérateur incapable d’acquérir un avion jeune puisse disposer de ressources et de la volonté pour bien entretenir un vieil aéronef en fin de potentiels.

C’est également dans ce contexte de réforme assorti des mesures réglementaires d’assainissement, qu’a été créée, le 15 août 2014, la compagnie nationale d’aviation Congo Airways, née de la ferme volonté du Président de la République, Chef de l’Etat et mise en œuvre par le Gouvernement. Avec comme objectif de promouvoir la sécurité et la démocratisation du transport aérien au Congo, et de favoriser l’intégration socioéconomique  du pays, à travers d’importants mouvements de personnes et des biens. Pour autant, la compagnie nationale n’a pas dérogé à la règle. C’est la raison pour laquelle, elle a mis à profit plus du temps pour son décollage –créée en août 2014 mais son premier vol effectué en octobre 2015, soit un peu plus d’une année-. Dans le souci de se positionner, de s’affirmer voire de s’imposer, comme il en a d’ailleurs été toujours le cas pour tout exploitant aérien tant privé que public, dans un secteur aérien congolais libéralisé, où la concurrence déloyale bat son plein. Congo Airways a bénéficié, pour son lancement, de l’expertise internationale la plus diversifiée en matière d’exploitation aérienne.

Une montée qui fait peur

C’est fort de cette préparation pour se conformer à la réglementation du pays, que, très vite, Congo Airways a connu une longueur d’avance par rapport à ses concurrents. Avec  ses quatre (4) avions acquis sur fonds propres, à savoir deux (2) Airbus A320 et deux (2) bombardiers Q400, alors que le pays traversait des temps de trêve et ne bénéficiait d’aucun crédit de se procurer des avions sans recourir à l’aide étrangère, Congo Airways a démontré à la face du monde qu’avec la volonté et la détermination, il est possible de vaincre l’impossible.

Aujourd’hui, Congo Airways compte six (6) avions dont quatre (4) acquis sur fonds propres et deux (2) en leasing.

Avec ses 5 piliers de base, la sécurité, l’intégrité, la fiabilité, la satisfaction de la clientèle et le professionnalisme, la compagnie d’aviation nationale ne ménage aucun effort pour répondre à sa clientèle. Hier à 7 destinations, Congo Airways atterrit  aujourd’hui à plus de 13 destinations, avec près de 600.000 passagers transportés depuis sa création, dont redevances et tous les droits sont constatés et payés. De l’avis de certains observateurs, c’est la montée fulgurante de Congo Airways qui fait peur à ses concurrents tout en lui attirant tous les ennuis du monde.

Dans la logique de la réforme

Bien qu’étant publique, la compagnie nationale d’aviation est restée respectueuse des normes réglementant l’acquisition des aéronefs dans notre pays. Notamment, celle fixant à moins de quinze (15) le nombre d’années d’existence de l’aéronef à acquérir. Congo Airways est, malgré elle, restée dans les normes; car la sécurité  passe avant toute chose. Les plus sceptiques n’ont qu’à se référer à la série des avions acquis par la compagnie nationale. A l’heure où le monde travaille de manière à réduire à 50% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à l’horizon 2050, les mauvaises pratiques sont à décourager. Notamment, l’achat des aéronefs vieux de plus d’une vingtaine d’année et repeint  en vue de faire peau neuve et tromper la vigilance de paisibles citoyens. Aujourd’hui, les Congolais doivent être  fiers de voyager en compagnie de leurs avions, car ceux-ci ont été achetés grâce à leurs contributions.

Aussi, en créant Congo Airways, le Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange a voulu doter la nation d’une compagnie nationale aux standards internationaux, comme cela se passe sous d’autres cieux, même dans les pays dits de vieilles démocraties. Loin du président de la République en tout cas, l’idée de mettre en mal les compagnies aériennes privées  existantes, comme mentionnent malheureusement certaines feuilles de choux commandées par certains exploitants qui, en bons fauteurs en eaux troubles, confondent libéralisation avec libertinage. Qui ignore que depuis toujours, le n°1 congolais a prôné la libéralisation de tous les secteurs économiques, non sans la favoriser grâce à la politique acharnée de l’amélioration du climat des affaires ? Si tel est le cas, comment alors comprendre qu’un Chef de l’Etat qui cherche à créer des conditions favorables devant attirer les investisseurs au pays, puisse encore battre en brèches l’édifice pour la construction duquel il a consentis beaucoup d’efforts ?  Il vaudrait mieux en tout cas de chercher les poux ailleurs que dans la tête chauve de Congo Airways.

La démocratisation des prix…

L’opinion se souviendra qu’il fut un temps où voyager par avion était un luxe, un domaine réservé aux seuls friqués. Même non loin de nous, jusqu’aux années 2000, 2013… avant l’avènement de Congo Airways, le coût du billet pour un vol domestique se confondait avec celui des vols internationaux. Certaines compagnies aériennes privées, profitant de la situation confuse dans laquelle évoluait l’aviation congolaise, se sont tapé le luxe de fixer le prix d’un vol domestique à leur guise. Fort heureusement, avec l’avènement du « Léopard volant », le voyage aérien n’est plus un luxe, le prix du billet à la portée de toutes les bourses. Aujourd’hui, le drapeau de la RDC peut  flotter  partout où atterrit le « Léopard volant »,  représentant ainsi le symbole de la souveraineté de toute une nation.

Conquête  de la zone régionale

Dans sa troisième année d’existence, Congo Airways s’ouvre aux vols sous régionaux. Depuis le 28 février dernier, la compagnie nationale a effectué son vol inaugural à destination de Johannesburg en Afrique du Sud. Grâce à la détermination de sa direction,  cette compagnie d’aviation nationale vient de rompre avec la longue absence dans l’espace aérien international. Et ce, après avoir prouvé à travers les différents audits subis, qu’elle répond  aux normes internationales d’aviation.  Sur la liste des audits subits par Congo Airways, l’on cite la Monusco, IOSA, TOTAL et, tout récemment,  LITSON AND ASSOCIATES pour le compte des sociétés, question d’assurer à sa clientèle un voyage en toute sécurité.

Le personnel des Organisations internationales et des missions diplomatiques, pour se rendre à l’intérieur du pays, devraient soit prendre les aéronefs des Nations unies, ou emprunter des vols régionaux en passant par les pays étrangers. Et ce, parce que les assurances ne les couvraient dans les cercueils volants d’hier. Aujourd’hui, le personnel des Organisations et ces missions diplomatiques prennent place à bord du Léopard volant. Voilà le sens de la fierté nationale et c’est cela la souveraineté dans les airs.

Compte tenu de ce qui précède, plutôt que de s’en prendre à Congo Airways, qui en toute conscience travaille dans un terrain concurrentiel, certains exploitants aériens privés feraient mieux de se conformer aux normes et d’abandonner les pratiques honteuses qui ont plongé très bas le secteur de l’avion dans ce pays. Congo Airways est une chance à saisir pour ce pays. Ruiner cette compagnie pour des intérêts non avoués, l’histoire jugera sévèrement les commanditaires.  Congo Airways le plaisir de voyager.

(JMNK)

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