Confrontés à leurs propres numéros de téléphone: Des prévenus coincés

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Petit à petit, le Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe, qui poursuit 36 prévenus Kamuina Nsapu, est en entrain d’atterrir dans ce procès qui aura duré plusieurs mois. Hier à la prison militaire de Ndolo où se passent les audiences foraines, les prévenus Ben Tshimanga et Ngalamulume ont été confrontés et, preuve à l’appui et grâce à la magie de la technologie, il a été démontré que les deux prévenus qui ont du reste reconnus leurs numéros de contact respectifs, se sont appelés près de 50 fois les 28 et 29 juin 2017, les 02 et 13 juillet. Fait grave, le prévenu Ben Tshimanga à qui le Tribunal a montré le téléphone pour identifier dans le répertoire le numéro et le nom de Christian Mukadi s’est permis, séance-tenante, de les effacer. Normalement, pense la partie civile Rdc, il aurait dû être jugé et condamné en procédure de flagrance, parce qu’il a détruit les éléments  servant de preuve pour le Tribunal. Preuve que l’étau se resserre autour de ces prévenus.

Comme prévu, le Tribunal militaire de Garnison de Kinshasa/Gombe  a commencé hier, l’exploitation des relevés téléphoniques, pour savoir si on peut localiser les numéros qui ont émis et reçus les appels et les SMS.  Cette procédure a semé l’émoi dans le chef des prévenus qui ont cru à raison que les carottes étaient donc cuites pour eux et qu’ils ne s’en sortiraient pas indemnes. Des experts des sociétés de télécommunications : Vodacom, Orange, Africell et Airtel étaient tous-là et c’est grâce à eux que le Tribunal est parvenu à faire le lien entre les prévenus, afin d’établir les responsabilités dans les faits qui se sont produits en 2017 et pendant lesquels Kinshasa était mis à feu et à sang.

Après que des informations techniques aient fournies par les experts de ces sociétés de télécommunication sur demande du Tribunal, le prévenu Ben Tshimanga a été appelé à la barre. Il est reconnu comme le commandant en chef de la bande Kamuina Nsapu, aile de Kinshasa et nombreux sont les ordres qui sont venus de lui pour lancer les attaques : de la prison de Makala, du point chaud à Limete 11ème rue résidentielle, du marché central de Kinshasa ‘’Zando’’, du Parquet de Matete ou du Commissariat provincial de la Funa.

Fait grave, Ben Tshimanga dont le numéro a appelé plusieurs fois son co-prévenu Ngalamulume, rejette tout et parle d’un montage. Et ce, pendant que le concours de la haute technologie étant, il a été démontré que ce denier a, au cours de la période du 28 au 29 juin, et du 02 au 13 juillet, appelé abondamment Ngalamulume. Mentez mentez, il en restera toujours quelque chose. A force de mentir, nombreux se sont rendus compte de l’évidence. En réalité, Tshimanga veut tourner tout le monde en bourrique, pendant qu’il est conscient de ses bévues.

Soulignons qu’au cours de la même audience, les avocats de la partie civile Rdc ont exigé à Ben Tshimanga de répondre spontanément aux questions du tribunal, et à ne pas puiser les réponses dans un cahier. Car selon eux, ce cahier est révélateur du comportement du prévenu qui a été arrêté pour avoir adhéré dans un mouvement insurrectionnel et dont l’objectif était de renverser les institutions légalement établies.

Des prévenus dans l’émoi

Ce comportement qui consiste à tout nier même les évidences, n’émet pas pour autant la partie civile Rdc qui s’est exprimée par la bouche du Bâtonnier Frederick Diamano. Il est revenu sur les annotations qui ont été trouvées dans le cahier de Ben Tshimanga, selon lesquelles,  « la Rdc est un pays très mal dirigé ; dirigé par les corrompus et qu’on doit se débarrasser de ces dirigeants …». « Le président du Tribunal voulait s’approprier le cahier, il a compris qu’il y aurait blocage, parce que le prévenu a exigé la restitution du cahier, sans quoi on n’allait pas continuer l’audience. Nous avons salué la sagesse du Tribunal qui lui a restitué son cahier, à condition qu’il ne l’utilise pas. Donc, rien ne va bloquer le reste », explique-t-il.

Et de révéler que ce que nous allons faire, c’est d’être beaucoup plus  observateurs, parce que nous sommes à la période de la vérité. Et de rappeler qu’avant l’examen de ces relevés téléphoniques, tout le monde s’était mis  d’accord sur les principes suivants : la localisation par les antennes de prise en charge est une preuve selon laquelle l’utilisateur du téléphone était en cet endroit de l’antenne localisée, même s’il ment  qu’il n’a pas été là-bas. En plus, tout le monde était également d’accord que le numéro de téléphone, par l’identification qui est faite au moment où l’on prend l’abonnement,  ou l’on souscrit, ce numéro permet de donner exactement le nom de l’utilisateur de ce numéro. Conséquence, on est en train de nous projeter les numéros reconnus par les prévenus eux-mêmes.

Et de souligner qu’il est établi que tout le monde s’est mis d’accord que les contacts établis par les  sociétés de télécommunications sont exacts, et maintenant l’étau se resserre autour des prévenus.  Curieusement, Ben Tshimanga dit ne pas connaître Ngalamulume, pendant que les deux ont eu des contacts abondants, près de 50 appels en un jour, en une petite période. On leur pose la  question  en ces termes : vous ne vous connaissez pas, mais ces numéros se sont appelés, comment expliquez-vous cela ? C’est ça l’énervement, jusqu’à créer un scandale. On lui montre dans  le répertoire de son téléphone le nom de Christian Mukadi, il prend le téléphone et efface le nom et le numéro avec dextérité. C’est très grave. Normalement, il aurait dû être jugé et condamné parce qu’il a détruit des éléments  servant de preuve au Tribunal. On atterrit doucement.

Ce procès continuera la semaine prochaine avec le vœu, pour le Tribunal, de découvrir la vérité susceptible d’éclairer sa religion et de prononcer un jugement exemplaire après le réquisitoire du Ministère public et les plaidoiries des avocats. Qu’à cela ne tienne, nombreux sont les observateurs qui estiment que Ben Tshimanga n’aura aucune chance de s’en sortir, surtout pour avoir, séance-tenante, détruit une preuve accablante et sur sa prétention à crier au montage, même pour des faits avérés.

(JMNK)

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