Conférence de donateurs humanitaires de la RDC à Genève: Le Gouvernement Tshibala opposé

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Depuis quelques semaines, l’on assiste à un bras de fer entre le Gouvernement Tshibala et la communauté humanitaire œuvrant  au pays de Lumumba.  Il est essentiellement question des chiffres qui divergent entre les deux parties, mais aussi de la méthodologie de ces organisations non gouvernementales que Kinshasa n’approuve pas. Même si ces hommes et femmes sont en RDC pour aider des millions d’hommes, femmes et enfants démunis de tout, déplacés par les affrontements à répétition dans certaines régions du pays. Si la RDC a laissé faire longtemps dans ce secteur ou certaines structures se font du beurre sur la bête, elle a estimé qu’il était temps d’élever la voie et ne pas cautionner ces pratiques qui durent depuis longtemps.

Invité à prendre part très prochainement à la conférence de donateurs sur l’aide humanitaire destinée à la communauté congolaise,  le gouvernement, à travers son ministère de la Solidarité et Actions humanitaires avait besoin d’en savoir un peu plus sur cette grande rencontre, au lieu d’y aller comme tout autre invité, alors que cette collecte concernait son peuple, sa dignité et même sa fierté dans une certaine mesure.

Apres plusieurs réunions et déclarations entre les deux parties, sur la participation ou non à ce rendez-vous de Genève, le Gouvernement Tshibala a bien voulu rendre publique sa position et la justifier. C’est ainsi que dans une déclaration datée du 30 mars 2018, le ministre Biando Sango de la Solidarité et Actions humanitaires donne la position du gouvernement en expliquant en détails ses motivations.

Avant tout, il est question, dit-il, de la violation de la résolution 46/182 du 19 décembre 1991  de l’Assemblée générale des Nations-Unies sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence en ses points 2, 3 et 4 . Ces dispositions tablent essentiellement sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et la neutralité dans la façon d’aider un pays frappé par une catastrophe, le rôle premier, peut-on lire au point 4 revient donc à l’Etat touché dans l’initiative, l’organisation et la coordination ainsi que la mise en œuvre de l’aide humanitaire sur son territoire. Mais lorsque ces ONG interviennent dans le Masisi ou au fond du Kasaï auprès des populations sinistrées et déplacées par exemple, le pouvoir public est rarement associé. Elles descendent dans une contrée et planifient l’aide à distribuer parfois sans tenir compte des structures locales ou même des besoins des concernés qui n’ont d’autres choix que de recevoir cette aide, car étant dans le besoin.

Guerre des chiffres

Les chiffres sur les personnes déplacées (internes ou externes) à aider divisent les deux parties. Le Gouvernement Tshibala déplore le fait qu’il n’y ait pas de missions conjointes avec les acteurs humanitaires pour l’évaluation et la validation des données mises sur la place publique. La RDC se sent menacée dans sa souveraineté et dans son image par des organisations qui manipulent les chiffres de déplacés congolais sans qu’elle ne soit associée. Et ce, même si elle a des difficultés liées aux statistiques. Une façon de dire que même si l’étranger veut l’aider, il doit faire montre d’un minimum de considération, en le consultant pour harmonisation des chiffres, avant leur publication. Car, aucun pays au monde n’accepterait voir ses propres données positives ou négatives être mises sur la place publique sans son consentement. Ne dit-on pas : tout bien que tu fais pour moi sans moi est contre moi.

D’après le ministre Biando, les organisateurs de la conférence n’ont même pas pris le soin de communiquer au gouvernement congolais les termes de référence de ladite rencontre. Aucun plan d’utilisation des fonds collectés n’est connu de Kinshasa, ce qui le révolte davantage dans la mesure où chaque pays même le plus pauvre de tous, au nom de sa dignité, a le droit de savoir comment son peuple sera assisté et pendant combien de temps ? La bonne foi des humanitaires ne suffit pas pour laisser toute la gestion de l’aide en amont et en aval à leur totale disposition, sans aucun droit de regard. L’exemple le plus éloquent vient de Haïti qui a vu beaucoup d’argent être promu et donné aux humanitaires, mais sa population n’en a que trop peu bénéficier. Certes, la RDC vit des heures difficiles avec des épidémies, de guerres à répétition, des déplacements massifs, des famines et autres calamités désastreuses, qui demandent nécessairement que les partenaires humanitaires viennent au secours de la population. Mais tout doit se passer dans l’ordre et l’entente avec le pouvoir en place, de façon à ne pas donner l’impression d’être dans un pays conquis, un bien sans maître. 

Prise de conscience

En décidant de la création d’un fonds national de solidarité humanitaire lors de son conseil des ministres du 24 février 2018 avec un budget de 100 millions dont les 10 premiers millions vont être versés en ce mois d’avril, le gouvernement prend conscience du fait que la responsabilité première des déplacés et autres sinistrés congolais lui revient. Durant plusieurs années, ces compatriotes ont souffert de l’abandon total du gouvernement. Ils manquaient de tout dans différents sites où ils logeaient. C’est ainsi que finalement, les Ong humanitaires et autres structures d’encadrement ont pu les assister et sont généralement tentées de gonfler les chiffres pour accéder à plus de financement.

Ces fonds dont les Congolais souhaitent la pérennisation et la disponibilité, permettront non seulement la prise en charge des cas humanitaires, mais aussi la tenue des statistiques fiables à présenter aux partenaires. Ainsi, la collaboration sera facilitée entre les deux parties. « Aide-toi, le ciel t’aidera », dit un adage.  Avec des chiffres impressionnants concernant les déplacés internes et externes, la RDC est obligée de déployer beaucoup d’efforts pour pacifier tous les foyers de tension afin de rendre son territoire vivable et vider le prétexte de ces ONG qui vendent l’image d’une République où il ne fait pas beau vivre. En attendant que tout soit mis au point, les partenaires de la RDC et le gouvernement sont condamnés à s’entendre pour sauver des milliers de vie de ces citoyens vivant en brousse, privés de tout et sollicitant quelques biens importants pour leur survie.

(Muntu Bualu)

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