Condamné pour 18 ans d’emprisonnement: Les militants du MLC croient à l’innocence de Jean-Pierre Bemba

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Eve Bazaïba Masudi (SG MLC)
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Reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI), l’ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, a été condamné mardi 21 juin courant à 18 ans de prison. Ses huit années passées en prison seront déduites de sa peine. En tant que chef militaire, il avait été déclaré coupable le 21 mars, de la vague de meurtres et de viols commis par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003, en Centrafrique. Il ne s’agit pas de 16+16+18+18+16 pour faire 94 ans à la condamnation de chaque crime à charge de Jean-Pierre Bemba, mais plutôt la peine la plus lourde qui est requise, à savoir 18 ans. Mais tenant compte de 8 ans passés, le président national du MLC a 10 ans de prison, en attendant également l’appel susceptible de réduire encore la peine entre 5 et 8 ans, si les circonstances aggravantes ne sont pas prises en compte.

Comme dans une église où les chants à la gloire du Très-Haut sont entonnés en attendant la venue du Messie, au siège du MLC, ils étaient des centaines de militantes, militants et cadres du parti au siège interfédéral du Mouvement de Libération du Congo, à attendre le verdict du procès le plus long de la Cour pénale internationale, à l’audience du mardi 21 juin 2016. Le verdict a transformé l’église en un lieu de deuil au siège du MLC.

A quelques heures du prononcé, les partisans de Jean-Pierre Bemba, 54 ans, croient encore à la sanction positive en faveur du Président national du MLC en ce qu’il est reconnu innocent dans un procès que certains cadres du parti croient en un règlement de compte par ce qu’ils appellent de « procès politique ».

Après le prononcé, c’est la consternation, la colère et les larmes qui coulent sur les visages des militantes et militants du MLC et leurs alliés. Toutefois, l’espoir fait vivre, dit-on. Au MLC, les cadres et militants croient à l’innocence de Jean-Pierre Bemba, qu’il ne serait pas l’auteur présumé des crimes mis à sa charge.  Plusieurs zones d’ombres ont échappé aux non-initiés en matière juridique, qui estiment par voie de conséquence la présence d’une main noire.

Sinon, la République démocratique du Congo dans l’affaire qui a opposé Mme la Procureure Fatou Bensouda à Jean-Pierre Bemba, n’est pas partie au procès, ni encore moins témoin des atrocités commises en République centrafricaine. C’est du moins ce que dit le porte-parole du Gouvernement de la République, en ce qu’il a pris acte du verdict sans commentaire. Pour Lambert Mende qui compatit à la souffrance d’un compatriote qui a bénéficié de l’assistance consulaire et que la RDC n’est pas impliquée dans ce procès, il dit «  Nous prenons acte de ce verdict comme une information qui concerne un sénateur originaire de la RDC, ancien vice-président de la République sans autre commentaire, parce qu’il s’agit d’une affaire dans laquelle ni la RDC ni son gouvernement ne sont concernés à un titre ou à un autre », fait-il savoir.

Selon M. Mende, le gouvernement espère que « notre compatriote Jean-Pierre Bemba a bénéficié de tous les droits auxquels lui donne sa qualité de prévenu, parce que nous lui devons assistance consulaire ».

Le MLC dénonce la justice sélective de la CPI

Pour Mme la Secrétaire générale du MLC, après avoir suivi le verdict de la Cour, il y a eu l’avis de la Cour concernant la culpabilité de Jean-Pierre Bemba qui découlerait de sa négligence en tant que responsable. « Lorsqu’on a procédé à l’exercice de fixation de la peine, le bureau du procureur avait donné l’avis pour 25 ans. Et aujourd’hui, la Cour a requis 18 ans et a demandé que les 8 années soient déduites de ces 18 ans pour qu’il soit infligé 18 ans au sénateur Jean-Pierre Bemba », a déclaré la députée nationale. Pour le MLC, affirme-t-elle, le parti a toujours plaidé non coupable, étant donné que Jp Bemba n’a pas été à Bangui pendant la période incriminée c’est-à-dire octobre 2002 et mars 2003. Leurs propos confirmant, depuis le 21 mai courant, que la Cour a reconnu que pendant la période incriminée, il y avait des conflits à Bangui et les principaux protagonistes de cette crise étaient cités nommément, en l’occurrence l’ex-feu Président Ange-Félix Patassé et l’ex-président Bozizé. L’un était légalement et légitimement élu et l’autre venait prendre le pouvoir par les armes. Partant, la Cour avait reconnu que les deux parties chacune avait ses alliés ; elle a reconnu également que les troupes qui sont allées à Bangui, c’était à la demande expresse de Ange-Félix Patassé et que Jp Bemba lorsqu’il entendait les exactions qui se seraient en train d’être commises en RCA, il a pris un certain nombre des mesures soit pour les limiter, soit pour les éradiquer. Lesquelles mesures citées par la Cour à savoir le fait d’avoir saisi les Nations-Unies de manière verbale et par écrit ; d’avoir saisi la RCA, les ONG des droits de l’Homme notamment la FDIH et d’avoir diligenté des enquêtes en demandant aux personnes sur place.

« Nous continuerons, nous ne cesserons jamais à dénoncer la justice sélective de la Cour Pénale Internationale ; nous ne cesserons jamais  de dénoncer  la justice discriminatoire et la politisation à outrance de la Cour Pénale Internationale parce que d’un côté, on reconnait qu’il n’est pas protagoniste principal, et de l’autre côté on s’acharne contre la personne de Jean-Pierre Bemba et des troupes du MLC mises à la disposition de la RDC à sa demande expresse. Nous ne cesserons jamais de rappeler que les victimes des exactions en RCA ont droit de connaitre les véritables auteurs de ces crimes. On ne peut pas aller laisser les véritables auteurs et s’acharner à la personne de Jean-Pierre Bemba. C’est une justice discriminatoire ; nous ne cesserons jamais de dénoncer que la CPI est devenue un business car, vous devez savoir que le budget de la Cour arrive à 100 millions d’Euros, parfois à 103 et voir 105 millions d’Euro chaque année et 40% de ce budget s’avère être logé au bureau du Procureur et le reste, c’est au niveau de l’administration. Nous ne cesserons de dénoncer que si la Cour a été mise en place, c’est pour la protection de victimes de graves crimes internationaux, mais les fonds des victimes à ce jour ne dépassent pas 2 millions, 3 millions d’Euro pendant plusieurs années, 2002  que la Cour est en œuvre. Donc, les victimes ne sont pas considérées au profit de business qui s’organise à la Cour Pénale Internationale », a dénoncé la Secrétaire Générale du MLC, tout en faisant confiance à toute personne éprise de justice et de  paix à faire le plaidoyer au niveau de la justice internationale pour que la CPI ne soit pas la Cour Politique Internationale, comme le dénonce les pères africains, dit-elle.                        

Alexis Lenga wa Lenga

A en croire, les responsables du parti, le procès contre Jean-Pierre Bemba est une machination. C’est la plus mauvaise justice internationale jamais connue contre Jean-Pierre Bemba, président national du MLC. Sinon, nous avons encore de l’espoir, affirme Alexis Lenga wa Lenga, que la défense qui a déjà initié un dossier en appel, nous donne encore de l’espoir et que les militantes et militants doivent toujours rester vigilants et continuer à dénoncer comme d’habitude nos ennemis.

Fidèles Babala

 

Pour l’élu de la Tshangu, pendant plus de 7 ans le MLC est amputé de son président national. Nous tous, sommes toujours derrière lui comme le témoigne la projection de son procès que nous suivons ici au siège interfédéral. D’après le jugement, il est condamné pour 18 ans et comme les avocats vont aller en appel, le Procureur va tenir compte du temps passé en détention. Mais, je voudrais dire quelque chose d’important, c’est-à-dire, qu’on arrête l’individu en prison, mais on ne fait pas obstruction à ses idées. Tel que nous sommes là, ce qui nous rassemble ce sont les idées de Jean-Pierre Bemba. Nous avons cheminé ensemble, certains de nos collègues ont commencé dans la rébellion, nous les avons rejoint après. Aujourd’hui, nous n’allons pas nous fatigué, nous irons jusqu’au bout avec lui, jusqu’à l’appel.

Cependant, la motivation de l’appel, souligne Fidèle Babala, c’est que le jugement était entaché de beaucoup de fautes et erreurs, d’où la nécessité de faire appel.

 

Pius Romain Rolland

 

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