Comment éradiquer la milice du chef Kamwena Nsapu ? Emmanuel Ramazani Shadari consulte la notabilité du Grand Kasaï

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Sur instruction du Président de la République, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadari, en présence de son vice-ministre et du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, a amorcé une série d’échanges avec la notabilité du Grand Kasaï, afin de proposer des pistes des solutions à la situation sécuritaire précaire imposée par l’activisme de la milice du chef Kamwina Nsapu. C’est ainsi qu’il a échangé avec les députés provinciaux et sénateurs, les Gouverneurs de trois provinces (Kasaï, Kasaï-Central et Kasaï-Oriental), quelques membres du Gouvernement et les ministres provinciaux, tous de l’espace Kasaï.  Et ce, parce que la sécurisation des Provinces implique la contribution non seulement du Gouvernement de la République, mais aussi des parlementaires, des autorités Coutumières, autres acteurs politiques, Société civile, bref toute la population.

S’adressant aux sénateurs et députés sur le phénomène Kamwina Nsapu et ses conséquences sécuritaires, le VPM Emmanuel Ramazani Shadari a indiqué que la situation sécuritaire dans vos circonscriptions respectives demeure toujours préoccupante. Le  climat généralisé de terreur et d’insécurité a affecté la majorité de la population, de vos provinces respectives, il convient à ce sujet de vous rappeler que la propension insurrectionnelle de M. Kamwena Nsapu s’est manifestée pour la première fois au mois d’avril 2016, à son retour d’Afrique du Sud, à l’issue d’une rencontre avec les Notables de sa juridiction où il leur a demandé de se prendre en charge.  Et les actions des bons offices initiées par le Gouverneur de la Province du Kasaï Central se sont malheureusement soldées par un échec.

Face à son refus d’obtempérer et de coopérer, sa milice ayant ouvert le feu sur les agents de l’ordre, il s’en suivra un affrontement entre les deux parties alors que les forces de l’ordre voulaient rétablir l’autorité de l’Etat dans cette partie du territoire national. Soulignons que M.  Kamwena Nsapu se dit hostile au pouvoir en place et déclare qu’il attend l’avènement d’un nouveau régime. Il vise également une hégémonie sur tous les Chefs de groupement voisins, mais la plupart de ces Chefs n’acceptent pas son leadership et lui ont refusé toute allégeance. Le tableau des affrontements de la milice de Kamwena Nsapu avec les forces de l’ordre dans les trois provinces du Kasaï à savoir Kasaï central, Kasaï Oriental et Kasaï est peint des actes de cruauté et de barbarie. A ces jours, ces actes d’insécurité ont atteint les provinces de Lomami par le territoire de Mwene-Ditu, et le Sankuru.

Avant de donner le bilan de l’activisme de ces miliciens à l’intention de ses hôtes, le VPM a cité quelques raisons majeures qui ont été identifiées comme étant à la base de l’extension de l’insurrection de partisans de Kamwena Nsapu dans les trois provinces. Il s’agit de la cohabitation tumultueuse entre les services de l’Etat et l’autorité coutumière mettant en cause leurs collaborations dans la gestion harmonieuse de l’entité ; Le ressentiment de certains chefs coutumiers contre le décès de M. Kamwena Nsapu, et dont les adeptes sont déterminés à le venger, la perte de leur influence auprès de leur population ; Le recours et la croyance aux pratiques fétichistes qui les rendraient invulnérables face aux baies des forces loyalistes ; La prolifération des entités coutumières ; L’instrumentalisation, la récupération et la politisation de la crise par certains acteurs politiques.

Pour une solution rapide

Unanimement, les hôtes d’Emmanuel Ramazani Shadari ont salué l’initiative du chef de l’Etat, avant d’appeler la population au calme. Pour l’honorable Ambroise Kamukuni, Député national élu du territoire de Kazumba dans le Kasaï-Central, le phénomène d’insécurité a commencé au Kasaï-Central, avant de se répandre dans les autres provinces environnantes. Nous avons été réuni dans un premier temps au niveau des élus afin d’envisager des solutions rapides. L’accent est mis sur l’approche du dialogue permanent afin que ce phénomène s’arrête une fois pour toute. Chaque jour qui passe, ce sont nos populations qui souffrent, les électeurs meurent. Pour mettre fin à cela, nous avons recommandé que le Gouvernement, ainsi que les élus prennent des dispositions d’approcher tous ceux qui sont menés de près ou de loin à ce phénomène pour que la paix revienne dans ces provinces respectives. Et, le VPM qui va faire rapport à sa hiérarchie a promis qu’une solution rapide devra être trouvée pour qu’il n’y ait plus de trouble ni à Kananga, Dimbelenge, etc. puisque ce phénomène est en train de se répandre dangereusement dans d’autres provinces.

Quant à l’Honorable Kalau Ngungu Godé, élu de la circonscription électorale de Tshikapa territoire, ils sont venus échanger avec le VPM, surtout qu’ils cherchent à rentrer vers leurs bases après la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Ces trois provinces sont menacées par la milice de Kamwena Nsapu depuis près de six mois. Aujourd’hui, les élus du peuple ont été reçus par le Vice-Premier ministre pour trouver les solutions pour éradiquer ce phénomène. Le VPM a insisté pour que nous puissions descendre sur terrain et sensibiliser la population afin que les enfants n’adhèrent pas à ce mouvement, pour que les parents les interdisent d’aller dans la rue de peur de rencontrer l’Etat. Et chercher les voies et moyens de mettre de l’ordre dans l’administration parce que l’origine de tous ces problèmes, c’est le conflit du pouvoir coutumier. Il a pris la responsabilité de chercher à donner les documents appropriés à chaque groupement pour que le fonctionnement soit harmonieux.

A l’Honorable Kalonji Mukendu Romain, Député national, élu de Miabi de souligner que la réunion avec le VPM a concerné les causes du phénomène Kamwena dans les Kasaï. Le ¾ du territoire de Miabi est dans les mains de ces miliciens qui y opèrent et avaient l’intention d’aller bruler la société SAKIM. Les causes surtout à Miabi, c’est le mécontentement, parce que là où les enfants se débrouillaient, on  a remis à cette société SACIM qui en venant n’a pas engagé les originaire de Miabi. Parce que là, il y a une roche appelée Kimberlite de 100 mètres de profondeur.

Les efforts que le Gouverneur a fait en négociant avec les enfants démontrent qu’ils sont d’accord de se rendre. Ils ont posé certaines conditions. Il y a un problème aussi des policiers et des militaires. Quand les gens quittent la brousse fouillant les exactions, on leur demande 5000 ou 3000 FC, c’est ce qui peut encore radicaliser ces gens-là. Ils quittent encore la ville pour la brousse. Nous demandons à l’Autorité de démilitariser toutes ces zones. Il n’y a pas quatre jours qu’ils ont enlevés. Je lance un message à toute la population du Grand Kasaï d’arrêter avec ce phénomène, parce que cela ne nous avance en rien. Nous sommes en train de nous organiser pour que nos revendications soient acceptées et puis suivies par l’Autorité.

Soulignons que ces échanges se poursuivent aujourd’hui mercredi avec les chefs coutumiers et d’autres catégories sociales, pour permettre au Gouvernement d’être très outillé, afin de trouver une fois pour toute une solution durable pour mettre fin à ce conflit.

(Jean-Marie Nkambua)

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