Collation des grades à l’Université KAM: Un rêve d’une autre Afrique grace à la formation originale d’un nouveau type d’homme

par -
0 132
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Une  jeune université naît dans la périphérie des périphéries, à Tshikapa précisément, au cœur de la République  Démocratique  du  Congo. Elle est appelée UKAM, le  mot KAM venant  de  l’égyptien  ancien « Kamit » ou  « Kemit » qui  signifie « noir » et  qui  coïncide curieusement  avec les trois premières lettres du petit ruisseau « Kamilambu » qui  baigne son campus. Cette université a  fonctionné  d’abord comme structure de recherche sui generis, issue des préoccupations majeures de ses principaux fondateurs (Bimwenyi Kweshi, Mgr Kabongo Kanundowi, Museka Ntumba, Kabasele Lumbala, Ntumba Muena Muanza, Mufut’a Bitupu, Panu Mbendele, Mukoma Kambuyi…), rêveurs  d’une autre  Afrique grâce à la formation  originale d’un  nouveau  type d’homme,  démarqué des  créatures occidentales.

Depuis 2011, la jeune  université a  une  haute  ambition, celle  de restructurer le  monde  colonial à partir de la  formation de  nouveaux  acteurs  sociaux  en  Afrique  et en  tenant  compte  des  apports  de  tous  les  peuples de la planète dans les divers domaines  de  la  vie sociale. Cette ambition est clairement indiquée dans  son logo, fait, d’un  côté, du dessin qui  signifie les  possibilités infinies  de Dieu et de sa créature la plus semblable, l’homme, et, de l’autre, de  la  carte  d’Afrique avec les pyramides d’Egypte comme racines arrosées avec  une  jarre d’eau par  des  recherches scientifiques) qui procurent le savoir profond. Tout cela n’ayant pour but que de développer l’Afrique. Elle  vise, à travers cette ambition, à  produire un nouveau type d’homme africain, capable de dépasser le capitalisme et le  socialisme sur  base des cultures africaines, considérées comme source  d’inspiration. Sa  perspective originale  d’analyse vise  à vaincre  l’ignorance et  la  naïveté,  l’avidité et  l’égoïsme du  peuple  noir afin d’augmenter sa capacité de penser et d’intervention sur son environnement naturel et social. Sa  perspective fondamentale d’inculturation  privilégie la  recherche des divers  aspects de  la  vie  sociale dans  le  sens de  la  découverte de la conception et des pratiques des sociétés africaines  « traditionnelles », considérées comme point de départ de la refondation des divers secteurs  de  la vie « moderne ».

Depuis avril 2011 ont  été  organisés des séminaires populaires de recherche culturelle avec des experts de la culture locale, sous la conduite des professeurs Kabasele Lumbala,  Museka Ntumba et  Ntumba Muena Muanza. Plusieurs  licenciés de  la  place ou de  Kananga, dont  Maman  Nyashi Ntambwe et M. Muamba Kantu  ka  Njila, y ont  apporté leur contribution. Le module de recherche inauguré tend  à former ces hommes et femmes de terrain à des  techniques  de recherche scientifique pour  les  appliquer  sur  les  cultures  africaines. Il remet  en cause les  préjugés conventionnels qui existent  entre les détenteurs des savoirs scientifiques  et ceux  des  savoirs  populaires. Sont ici, en fait, remises en question les idées reçues sur les rapports  de  force entre  les  cultures, entre  les  savoirs et entre leurs  détenteurs.

C’est  le rêve de Lilian  Thuram qui écrit : « Le jour où il y aura sur  les  affiches  aux  murs des écoles, et dans les  livres, des scientifiques, des inventeurs… de toutes les couleurs, le jour où l’histoire des grandes civilisations africaines, asiatiques ou amérindiennes, telles que celles du Mali, de l’Inde et du Mexique, sera enseignée, les mentalités évolueront… Seul le  changement de  nos  imaginaires peut nous rapprocher et faire tomber nos barrières culturelles…et faire comprendre (…) que le  Noir n’est pas plus que le Blanc,  le Blanc n’est  pas plus  que  le  Noir,  il  n’y a pas  de  missionnaire, il n’y a pas  de fardeau blanc, pas  d’éthique noire,  pas  d’intelligence blanche. C’est tout le  passé du  monde que nous devons reprendre pour mieux nous comprendre et  préparer l’avenir de  nos enfants ».

C’est  dans  cette  perspective  révolutionnaire de la bousculade  des savoirs et recherches conventionnels que le public desdits séminaires de recherche a été réparti en trois catégories: Niveau  simple : ceux  qui  n’ont  pas  fait  d’école ou à peine l’école primaire. Niveau  moyen : ceux qui ont fait l’école  secondaire  ou quelques années  post-primaires. Niveau supérieur : ceux qui ont fait des études postsecondaires (un graduat, une licence). La formation elle-même consistait à  attiser la soif de la connaissance des cultures africaines, à les approfondir, à fournir des outils de recherche (des techniques d’enquête, des grilles d’analyse et  d’interprétation). La  recherche se faisait en langues  africaines : Cyokwe, Pende et surtout Ciluba, langues vernaculaires dominantes dans le milieu. La  restitution des résultats découverts se faisait, elle, en Ciluba, langue régionale de communication populaire. Plus de cent personnes – pères et mères de famille – se déplaçaient sur plusieurs Km vers l’UKAM à pieds chaque samedi, manifestant un vrai engouement pour une recherche qui semblait particulièrement les concerner en éveillant leur « conscience  noire » endormie et  en les  rendant  capables de  trouver des  solutions  pratiques à  leurs  problèmes quotidiens de  la faim,  de la maladie, de la tracasserie administrative, de l’instrumentalisation et de l‘aliénation politique et  religieuse, etc. A suivre…

( Laurent Lukengu/Tshikapa)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse