Cohabitation pacifique intercommunautaire: Les femmes du Nord Kivu prennent le bâton de pèlerin

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Une vue des membres de la délégation (ph tiers)
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Une délégation de femmes leaders du Nord Kivu séjourne à Kinshasa depuis la semaine dernière, pour un plaidoyer appuyé auprès des autorités sur les questions vitales de la province. Le renforcement de la sécurité figure au centre des préoccupations. La délégation est constituée d’environ vingt membres, dont un homme, le prénommé Clovis. L’échange avec la ministre du Genre, Femme et Enfant, Chantal Safu Lopusa a été l’une des étapes de l’agenda des pèlerins, incluant aussi les autres ministères.

« C’était une grande prière pour les femmes leaders du Nord Kivu  que de venir ici à Kinshasa (en délégation), afin de rencontrer les autorités, a indiqué la porte-parole de la délégation. Et de poursuivre : Nous sommes venues avec beaucoup de préoccupations, dont notamment celle relative à l’insécurité. En effet, les femmes qui constituent cette délégation ont accepté de se mettre ensemble, avec une vision se résumant à la paix : au Nord-Kivu, dans nos territoires respectifs, au Congo. Et nous avons des objectifs : la participation et l’implication de la femme dans le processus de paix au Nord Kivu et en RD Congo. Bien d’autre maux sont corollaires à l’insécurité. La présence des groupes armés dans nos entités,  les kidnappings… Il importe de renforcer l’autorité de l’Etat, par une forte présence d’administratifs à la base.

Au milieu de la semaine, autour de la ministre du Genre, Femme et Enfant visiblement détendue, les membres de la délégation se sont dévoilées :

« Il y a méfiance entre les communautés. Et l’Initiative pour un leadership cohésif, I.L.C a organisé plusieurs rencontres avec les hommes : les notabilités, les chefs coutumiers… Il n’y a pas eu de résultat attendu. C’est ainsi que l’I.L.C a réuni aussi les filles du Nord Kivu. L’idée principale était de briser la méfiance entre communautés, en vue d’une cohabitation pacifique. C’est partant de cette idée-là que l’I.L.C a mis ensemble les femmes de toutes les communautés. D’où, la mise à contribution de la femme pygmée, des Nande, des Tutsi, des Hutu… Il a été organisé une série de retraites à Goma. On a énuméré les problèmes saillants du Nord Kivu et proposé les pistes de solution. Et après plusieurs retraites, l’idée est venue de nous lancer en plaidoyer auprès des autorités : le plaidoyer s’est fait au niveau local, provincial et à l’étape actuelle, au niveau national ».

Pauline Wamariya (à g).Ici, autour de la table avec la ministre du Genre, Femme et Enfant (ph tiers)

Membre de la délégation, constate le désengagement progressif de la Monusco

L’Avenir : Vous avez été reçues par quelques autorités. Dites-nous : comment ça se passe ?

P.W : Nous sommes une délégation de femmes leaders du Nord Kivu cohésifs. Nous sommes venues avec nos doléances relatives à l’insécurité persistante. Et là, nous sommes ensemble, les femmes de tous les territoires sont suffisamment représentées. En tant que femmes, nous nous sommes dit qu’il est possible que nous puissions  apporter notre contribution, pour que la fondation de la paix soit consolidée. Depuis que nous sommes venues, nous avons déjà rencontré le ministre des Affaires sociales. Et nous épinglons les problèmes selon le domaine. Nous sommes sûres que l’insécurité est la conséquence des problèmes que nous vivons. Nous disons : chaque autorité, chaque ministre que nous allons rencontrer, il faut que nous puissions causer spécifiquement avec lui, pour des pistes de solution dans le domaine qui le touche personnellement. Nous avons été avec la ministre du Genre, Famille et Enfant et avons rencontré le ministre des Affaires coutumières. Celui-ci nous a promis d’être notre ambassadeur, primo en tant que fils du Nord Kivu, il connait tous les problèmes que vit la population de cette province. Secundo, il nous a rassurées d’être notre émissaire auprès du gouvernement central. Nous avons cette certitude qu’il va plaider pour la population du Nord Kivu, afin que la sécurité revienne. Mme la ministre du Genre, Chantal Safu a été très contente, elle nous a posé des questions pour savoir comment nous sommes arrivées à Kinshasa, en tant que femmes. Nous lui avons expliqué, elle a promis son soutien. Elle a même prévu d’adjoindre à notre délégation quelqu’un de son cabinet pour nous accompagner, chaque fois que nous allons rencontrer une autorité. En tant que femme, elle a dit qu’elle va faire parvenir notre voix au gouvernement.

Le ministre des Affaires coutumières ne s’est pas contenté de nous entendre ; il nous a aussi édifiées. Car il est bien que nous parlions de la loi, mais il convient aussi d’amener la population à connaître ses droits et ses devoirs. Le ministre nous a donné une documentation pour que nous puissions à notre niveau en tant que femmes, aller vulgariser auprès de la population. Car il y a des chefs usurpateurs, il y a aussi des chefs ayant-droit qui quittent leur village parce qu’il y a des groupes armés. Cette situation met à mal l’autorité de l’Etat qui est établie. Se trouvant en insécurité, il arrive que celui qui est investi au nom de l’Etat quitte le milieu.

Et avec la Monusco ?

Nous allons présenter ce que nous avons prévu pour la Monusco. Parce que nous, nous connaissons la mission de la Monusco. Il se fait qu’aujourd’hui, avec la persistance de l’insécurité, nous nous sommes dit qu’avec la Monusco qui a notamment mission de protéger la population, il faut que nous allions vers la Monusco, pour comprendre pourquoi l’on est en train de diminuer les éléments de cette Mission dans notre province, alors qu’il y a encore beaucoup de choses à faire.

A ce niveau, pensez-vous que vos attentes ont été trouvées ?

Jusque-là, nous sommes sûres, parce que les autorités rencontrées nous promettent d’être nos ambassadeurs auprès de la hiérarchie. Nous espérons que nous allons rentrer avec un résultat positif.

Comment se présentent les différentes étapes de rencontres ?      

Nous attendons d’être reçues par les membres du cabinet du Président de la République. Nous projetons aussi de rencontrer les diplomates établis à Kinshasa. Nous serons ensuite reçues par la Monusco. Nous espérons qu’ils vont aussi nous expliquer les enjeux et nous donner une réponse favorable.

Un mot à l’endroit de votre base que vous avez laissée au Nord Kivu ?  

De la part des mamans qui nous ont déléguées, c’était un message clair : allez en tant que femmes, comme nous voulons nous impliquer et que nous le faisons toujours dans la sensibilisation sur la paix, au niveau de nos jeunes qui sont en forêt, les jeunes qui ont intégré les groupes armés. Il y a des papas qui aident ces jeunes-là. Nous disons que nous sommes déjà conscientes que nous devons faire la sensibilisation pour que la paix revienne. Et à ces dames qui sont restées à Goma, nous leur avons dit : nous, nous partons avec un message que vous nous avez donné à transmettre. C’est à cela que nous nous attelons partout, et chacun dans son domaine.

Etes-vous optimistes ?  

Nous le sommes. En dehors des personnalités rencontrées, nous négocions aussi d’autres audiences auprès de presque tout le monde, et chacun dans son domaine. Les titres fonciers, ça aussi, que de l’insécurité ! Nous projetons également d’avoir des explications utiles des ministres conjointement du Budget et des Finances, relatives à l’inflation et à la non- stabilisation de la monnaie. Donc, nous sommes venues avec des problèmes, et aussi avec des pistes de solution à ces problèmes-là.

Après Kinshasa, quelles sont les perspectives   ?

Après cette étape, nous irons faire la restitution auprès de notre population. Par après, nous allons animer des ateliers sur des thèmes comme la vulgarisation des lois, la sensibilisation des jeunes…

Il y a des mamans qui vont se rendre sur terrain, chacune dans leur domaine, pour aussi apporter cette paix tant recherchée. En tant que femmes leaders du Nord Kivu, nous sommes engagées et déterminées.  Et notre engagement, c’est de sensibiliser, d’être cohérentes et de nous unir pour que nous puissions travailler main dans la main, comme une seule personne.

(Payne & Judith Ebondo)

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