Cinéma: Sortie internationale de « L’homme qui répare les femmes »

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«L’homme qui répare les femmes »,  film de de Thierry Michel et de Collette Breackman, a connu hier  17 février, sa sortie internationale en salle, en France. Thierry Michel et Collette Braeckman croisent leurs talents sur le destin exceptionnel de Dr Mukwege.

Pour la journaliste Collette Braeckman, c’est par devoir de mémoire qu’ils ont réalisé ce film. Cela vaut une banque de données très importante qui dénonce et témoigne des atrocités perpétrées par des hommes dans certaines contrées de la province du Sud-Kivu.  Comme on peut le voir dans le film, le Dr Mukwege s’insurge contre l’amnistie accordée à certains chefs de guerre. Leurs crimes demeurent impunis jusqu’à aujourd’hui. Le réalisateur belge s’est investi à regrouper, en reporter avisé, des informations sur les traces de crimes.

Dans ses pellicules, on découvre des fosses communes,  des armes des agresseurs, des points de vue de la population et ceux des autorités locales. On suit les témoignages éprouvants des survivants. Un  d’entre eux revient encore sur la scène du crime, et se remémore ce temps dur de son destin où il a vu sa femme enterrée vivante, aux côtés d’autres compatriotes. Un clergé se souvient du massacre des fidèles en plein culte, abattus de façon atroce avec des armes blanches. Et, Thierry Michel travaille sur  un personnage, le Dr Mukwege, un homme au destin exceptionnel, a-t-il relevé.

Lauréat du Prix Sakharov 2014, le Dr Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui répare ces milliers de femmes violées durant 20 ans de conflits dans l’Est de la RD Congo, un pays parmi les plus pauvres de la planète, mais pourvu d’un sous-sol extrêmement riche. Sa lutte incessante pour mettre fin à ces atrocités et dénoncer l’impunité dont jouissent les coupables, dérange. Fin 2012, le Docteur est l’objet d’une nouvelle tentative d’assassinat, à laquelle il échappe miraculeusement. Menacé de mort, ce médecin au destin exceptionnel vit, dorénavant, cloîtré dans son hôpital de Bukavu. Et cela, sous la protection des Casques bleus des Nations Unies. Mais il n’est plus seul à lutter. A ses côtés, ces femmes qu’il a aidées, grâce à son bistouri, à recouvrer leur intégrité physique et leur dignité.  Elles sont devenues, de ce fait, de véritables activistes de la paix, assoiffées de justice. Ces femmes ont vendu des bananes et autres produits maraîchers, pour organiser le retour au bercail de ce médecin avec sa famille, après des temps tumultueux hors du pays. Le Docteur Mukwege lâche : « le Congo est malade et on doit le soigner ». L’orateur poursuit sa pensée : « On en a marre de s’attendre aux conséquences. Il est temps de s’attaquer aux causes… ».  Le réalisateur termine le film avec espoir de paix. L’Est de la RD Congo n’est pas la capitale des violences sexuelles ; mais offre aussi un décor magnifique, une verdure luxuriante.

Pour Collette Braeckman, l’histoire ne finit pas. « Les gens vont réparer des crimes qu’ils ont causés à la communauté… », a-t-elle indiqué. Ce film constitue une base de données et de témoignages. Les agresseurs et autres chefs de guerre courent encore les rues, en toute tranquillité. L’amnistie, un idéal de paix que le Dr Mukwege ne partage pas. Car, démontre-il, les crimes méritent réparation.

 

(Saint Hervé M’Buy)

 

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