Chaussées dégradantes, inondations, santé publique en péril

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Le retour des averses présage désolation à Kinshasa

Dans deux semaines, intervient la fin (conventionnelle) de la saison sèche. La ville de Kinshasa sera à nouveau arrosée par le cycle de pluies, dont notamment les averses. Ce sont des moments qui plongent des familles et des quartiers entiers dans la désolation.  Des témoignages indiquent que pas un seul quartier n’est épargné par des scènes d’inondation et des eaux stagnantes à la surface, faute de couler normalement dans les caniveaux et les différents cours d’eau de la ville. Il arrive que  l’averse, une fois renforcée par un vent violent, engendre désolation au passage. En ces occasions, des toitures de maisons et des panneaux publicitaires emportés, des arbres écroulés. A l’heure où le discours sur le changement climatique préoccupe les décideurs de par le monde, la capitale congolaise n’est pas moins familière ces calamités, celles de pluies accompagnées  de forts vents. Des accidents de circulation ont été signalés en maints endroits de la capitale, et des témoins ont dénombré des blessés à foison.

Des quartiers entiers en pleurs, chaussées dégradantes, santé publique en péril

Quand vient la pluie, tout naturellement des dommages sont à l’attente et cela ôte la quiétude. Telle mère se soucie de l’état de sa toiture qui suinte la pluie tombant. Des passants habitués à emprunter une voie quelconque, redoutent que des occupants n’y fassent couler les eaux des fosses septiques, mettant ainsi en péril la santé publique. A cet effet, il nous revient  que des eaux provenant de la pente de la commune voisine de Makala, aux confins des frontières avec Bumbu submergent saisonnièrement le quartier Yolo sud. Pour l’heure, les habitants de cette localité de Kalamu ont les pieds dans l’eau, une situation persistante causée par  la détérioration de la tuyauterie de la Régie de distribution d’eau potable dans la même partie de Makala. Dès lors, il s’observe qu’à chaque pluie, la canalisation précaire présage le débordement, partant du rond-point Ezo jusqu’en certains endroits du quartier Mombele, dans la commune de Limete. Des témoignages indiquent qu’en son temps, l’urbaniste de l’administration coloniale avait prévu de gros collecteurs d’eaux usées, pour desservir des quartiers entiers.  Depuis que les constructions anarchiques sont à l’ordre du jour notamment dans le périmètre de l’Institut agronomique de Mombele (Place Ezo), des retombées fâcheuses dérangent la vie des habitants de Yolo sud. Cette situation qui remonte à quatre années, devrait s’inscrire dans l’ordre des priorités du pouvoir urbain, du Conservateur des titres fonciers chargé notamment de proscrire des constructions anarchiques, l’autorité communale ainsi qu’un probable comité des sinistrés de Yolo sud.

 

Quand la destruction du réseau routier kinois dérange 

Parmi les maux qui déplaisent à Kinshasa, l’on ne dénombre pas seulement de la forte musique et des bars de plein air, et des marchés où des aliments sont étalés à même le sol mais aussi les inondations saisonnières et les difficultés de transports. Il est un principe qu’aucune ville ne peut se prévaloir d’une société de transport urbain compétitif, si elle (la ville) ne peut en amont, se prémunir d’un réseau routier viable. C’est, en fait, ce qu’avait compris le concepteur du macroprogramme de la révolution de la modernité. Pour l’heure, en effet, il revient aux animateurs d’institutions d’intérioriser la vision du Chef et de la défendre. C’est alors qu’ils pourront convaincre d’être pour le Chef, contrairement à d’autres qui sont avec le Chef mais pour leurs intérêts dissimulés.

Dans son édition du mercredi 19 courant, Africa News, un tri-hebdo local a ressorti le calvaire des habitants de Makala, Ngiri Ngiri et ceux du quartier Kimbangu dans la commune de Kalamu, suite à « l’état piteux de la route Elengesa, une route qui se détériore davantage… Une situation qui pousse notamment les chauffeurs de taxis à éviter cet itinéraire, rendant le transport en commun difficile et rarissime, dans ce coin de la capitale congolaise ».

Après l’espoir suscité par l’intervention de la main-d’œuvre chinoise, dans le cadre du programme de la réhabilitation et la modernisation des chaussées, il s’observe que celles de Kinshasa ne rassurent plus. Des véhicules ont déserté la jonction des avenues Commerce et Luambo Makiadi (ex Bokassa), où les eaux stagnantes empêchent au conducteur de se faire une idée sur le creux de la chaussée où il place les pneus. La dégradation est le maître-mot sur les artères de grande circulation, à l’instar de l’avenue Luambo Makiadi, principale voie d’entrée au marché central. Des plaintes sont enregistrées de part et d’autres, d’un coin à l’autre de la capitale, au sujet des routes. L’avenue Kianza dans la commune de Ngaba a perdu de son asphalte. L’avenue de l’Université est défigurée, de même que l’avenue Victoire et même celle du Commerce, au centre-ville.  Cette situation revêt une ampleur particulière, en un temps où le taux de circulation de véhicules et de piétons a galopé à Kinshasa. La voie routière reliant le site de l’université de Kinshasa au quartier Kimwenza nécessite réhabilitation, de même que partant de l’entrée N’Djili à N’Djili-Kikimi (ex N’Djili Brasserie), en passant par l’ex Centre congolais de maraîchers et fermiers (Cecomaf).

Le quartier Mososo à la merci de la rivière Yolo

Dans la commune de Limete, il nous revient que la rivière Yolo sort de son lit au gré des averses, contraignant du fait même des habitants environnants du quartier Mososo à la débandade. Des téléreportages effectués ont montré, plus d’une fois, la complexité d’une réalité décennale, décrivant la promiscuité et l’instabilité de la vie dans un quartier où certaines habitations de fortune bordent la rivière. Et en cas  d’inondation, le tableau présente des familles éclatées pour la circonstance : la mère s’abrite quelque part avec les enfants, le père à cheval entre un lieu d’accueil et la maison où il veille sur les biens.

La rivière Kalamu : une opération de curage s’impose 

La rivière Kalamu doit être curée, pour empêcher que la rétention des eaux pénalise régulièrement des habitants des parages. La pluie du lundi dernier a une fois de plus justifié le principe de cause à effet. Des habitations de fortune qui longent la rivière notamment au quartier Bongolo ont fait les frais de la rétention des eaux. Selon des témoignages, cette situation qui n’est pas attribuable à la dernière pluie, pose néanmoins en termes d’urgence la question de l’évacuation des déchets dont ceux en plastique qui encombrent la rivière. « Les derniers travaux de curage ont fait date, à proximité de l’université kimbanguiste. Mais face au volume de déchets se renouvelant et s’amassant de jour en jour, les premiers résultats obtenus appellent d’autres efforts. Il est même souhaitable que les autorités lancent une campagne d’éducation, pour rappeler à la population que les déchets en général et plastiques en particulier n’ont leur place ni à même le sol ni dans l’eau qui coule », a fait observer un père de famille.

  Le quartier Ndanu, déversoir de la rivière N’Djili

Lorsqu’une pluie alimente la chronique en raison des dégâts causés, le principe veut qu’on aligne (machinalement le quartier Ndanu). En effet, cette localité de Limete aux abords de la rivière N’Djili, présente fatalement un relief creux, prêt à recueillir le volume débordant de la rivière. A chaque pluie, des habitants se servent essentiellement des bols et des sceaux pour évacuer les eaux. En contresens, leur énergie s’étiole dans la mesure où, une quantité de ce qui est vidé de la parcelle y retourne, des rues hautes contrastant, dans cet ordre d’idée,  avec des parcelles  basses. Il en résulte notamment la formation de la boue pendante des jours avant de se sécher. Une situation partagée avec le quartier Des Marais, s’étendant derrière le pont rivière N’Djili.  Dans cette partie-là et en remontant la rivière jusqu’au quartier Dingi Dingi à Kisenso, des maraîchers et maraîchères ont restreint le lit de la rivière,  pour élargir leurs espaces d’exploitation.                                                                                                                                             A ce jour, des voix indiquent que les habitants de Ndanu feraient les frais de la non-application du principe de la continuité de l’Etat. Ce quartier pour rappel, a abrité trois décennies plus tôt, la fabrique de pneus Goodyear. « Peu avant 2003, l’Hôtel de Ville sous la gouvernance Théophile Mbemba, avait promis conséquemment des travaux de construction d’une digue sur la rivière N’Djili. A cet effet, le vœu des sinistrés est que le cheminement du programme sino-congolais dans l’exécution des grands travaux en cours, remette à jour cette volonté politique décennale.

La pluie confote l’insalubrité dans les marchés de Kinshasa 

Dans le contexte kinois, la pluie éprouve d’ordinaire les gestionnaires de marchés. Cette situation se globalise, partant du marché central jusqu’à celui de la Liberté dans la commune de Masina. Le marché Gambela qui est le deuxième en importance à l’échelle de la ville, a la réputation d’un lieu insalubre. D’autres s’organisent dans des conditions similaires de précarité. C’est le cas du marché Somba Zikida à proximité de l’aérodrome de N’Dolo dans la commune de Kinshasa. Les marchés rond-point Ngaba, Matete et Tomba à Matete, Ngaba sur l’avenue Kianza, le marché du quartier VI à N’Djili, le marché  Kingasani II à la Place-Pascal, Bayaka à Ngiri Ngiri, la liste n’est pas exhaustive. Depuis la « mort administrative » du service d’hygiène au niveau communal, il se fait que l’administration du marché perçoit une taxe sous la rubrique salubrité, sans que cela ne produise d’effets. Des témoignages indiquent que d’un coin à l’autre de la capitale, la population perçoit cette taxe comme une forme d’escroquerie. Dans la mesure où, l’insalubrité devenue une seconde nature des marchés kinois, est une menace à la santé publique. A cela s’ajoute des pratiques courantes des vendeurs et vendeuses sur les  aliments, posant le problème de l’insécurité alimentaire à Kinshasa. Entre-temps, de grandes décisions, des initiatives d’envergure et suivies en termes des travaux de modernisation d’espaces vitaux comme les marchés, tardent à prendre corps. Or la gestion courante de la cité inclut notamment l’impératif de préserver la santé publique et sécuriser ainsi vendeurs (contribuables) et consommateurs (le terminal du circuit économique partant de la production à la commercialisation, et qui en subissent le contrecoup).

(Payne)

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