Changement d’habitudes alimentaires oblige

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Les Kinois appelés à consommer les micro-cossettes de manioc

Les producteurs agricoles du Plateau des Bateke recommandent à la population kinoise un nouveau produit de qualité qui soit meilleur pour le changement des habitudes alimentaires. Il s’agit des micro-cossettes de manioc. Celles-ci présentent d’énormes avantages sur les macro-cossettes de manioc consommées depuis toujours par les Kinois. Entre autres, bonne petite durée de production, l’hygiène alimentaire supérieure, la longue durée de conservation (jusqu’à plus de cinq mois), la facilité et la rapidité à pilier ou à moudre, grande valeur nutritive (exemptées de la cyanure), etc. Quant à l’aspect économique, l’on signale que le prix des micro-cossettes reste stable en toutes saisons. C’est un produit très bénéfique et très économique.

Grâce au financement de l’Union européenne,  l’Ong italienne COOPI- Cooperazione Internazionale développe un projet dénommé « Augmentation de la disponibilité des denrées alimentaires de Kinshasa par l’appui à la production au Plateau de Bateke » qui se clôture déjà à la fin du mois en cours. Lequel vise de contribuer à la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire dans la ville-province de Kinshasa à travers l’augmentation et la diversification de la disponibilité des denrées alimentaires et la stabilisation des prix sur le marché.

Dans le cadre de ce projet, l’Ong COOPI collabore étroitement avec la COPAP Absl, la Coordination des producteurs agricoles du Plateau de Bateke (vaste étendue de savane située dans la commune urbano-rurale de Maluku à une centaine de kilomètres à l’Est du centre-ville de Kinshasa). Ainsi, 151 organisations paysannes du Plateau de Bateke ont-elles été renforcées en techniques améliorées de production agricole.

Par conséquent, des produits alimentaires d’origine agricole provenant du Plateau des Bateke inondent ce dernier temps la ville de Kinshasa. Notamment, des produits maraîchers (tomates, aubergines, oignons, ciboules, choux pommés, choux de Chine, amarantes, poivrons, piments piquants, gombos, etc.) et vivriers (maïs égrené, macro-cossettes et micro-cossettes de manioc, chikwanges, arachides, haricots, niébés, etc.).

Et pour permettre aux Kinois et Kinoises de s’approvisionner de tous ces vivres 100 % nature et à bas prix, la COPAP dispose désormais d’un dépôt d’évacuation des produits agricoles construit dans les normes avec ses annexes nécessaires et aussi bien aménagés dans l’enceinte de la Paroisse Sainte-Thérése au quartier 7 de la commune de N’Djili en face de l’Hôpital de l’amitié sino-congolaise. Ce dépôt a été inauguré depuis le vendredi 03 avril 2015.

A cette occasion, les producteurs agricoles du Plateau de Bateke ont présenté à la population kinoise un nouveau produit de qualité. Il s’agit des micro-cossettes de manioc, qu’ils recommandent désormais aux Kinois et Kinoises en vue de changer leurs habitudes alimentaires. Et pas plus tard que le samedi 15 août dernier, les producteurs agricoles du Plateau de Bateke ont eu à rencontrer les mamans vendeuses de « fufu », entendu, la farine de manioc, afin de leur recommander l’utilisation imminentes des micro-cossettes de manioc.

Celles-ci, à en croire les experts, présentent hautement d’avantages sur les macro-cossettes que consomment les Kinois depuis toujours. Entre autres, bonne petite durée de production, l’hygiène alimentaire supérieure, la longue durée de conservation (jusqu’à plus de cinq mois), la facilité et rapidité à pilier ou à moudre, grande valeur nutritive (exemptées de la cyanure), etc. Quant à l’aspect économique, l’on signale que le prix des micro-cossettes reste stable en toutes saisons. C’est un produit très bénéfique et très économique, assurent les producteurs agricoles du Plateau de Bateke.

Les producteurs agricoles témoignent les micro-cossettes de manioc

Mme Rosalie Biuma est vice-présidente de la Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (CONAPAC) et présidente de la Fédération des producteurs agricoles de Kinshasa (FEPAKIN) et également productrice des micro-cossettes de manioc au Plateau de Bateke, précisément à Dumi. Elle nous a confiés que les micro-cossettes de manioc sont produites dans les villages congolais depuis très longtemps, sous le nom de « Kamwanga ».

C’est un produit alimentaire qui aide beaucoup les mamans congolaises dans l’arrière-pays, puisque, avec ou sans soleil, les micro-cossettes de manioc sèche même à l’air libre. Maman Rosalie Biuma a insisté sur le fait que les macro-cossettes contiennent du cyanure, nocif pour la santé humaine. Tandis que dans les micro-cossettes, presque tout le cyanure contenu dans le manioc est vidé lors du traitement.

Quant à la préparation, Mme Biuma affirme que les micro-cossettes de manioc ont une bonne concentration par rapport aux macro-cossettes et elles se conservent plus longtemps. « La population n’a pas encore la culture de consommer les micro-cossettes de manioc. Elle pense à tort que leur quantité est moindre. Pourtant, les micro-cossettes de manioc sont beaucoup plus économiques que les macro-cossettes. Nous continuons le travail de sensibilisation », a-t-elle déclaré en affirmant que c’est depuis vers les années 2008 et 2009 que les micro-cossettes de manioc sont produites au Plateau des Bateke.

Et par rapport à la qualité de la farine, la présidente de la Fédération des producteurs agricoles de Kinshasa a affirmé que la farine des micro-cossettes de manioc est beaucoup plus meilleure que celle des macro-cossettes. C’est ce qu’a également réaffirmé un autre producteur agricole de Mbankana au Plateau des Bateke, M. Clément Mwembia, président de la Coordination des producteurs agricoles du Plateau de Bateke (COPAP Asbl) et vice-président de la FEPAKIN.

Appel au soutien pour la vulgarisation des produits agricoles

Ce dernier a, pour sa part, déclaré que les micro-cossettes de manioc sont un produit de très bonne qualité. « En tant que producteur agricole, je préfère les micro-cossettes de manioc aux macro-cossettes d’abord parce que leur transformation est très rapide et le séchage prend moins de temps (seulement 24 heures). Ce qui m’intéresse plus dans ce produit c’est sa durée de conservation. Il peut se conserver jusqu’à six mois », a expliqué M. Clément Mwembia.

Toutefois, il soulève deux défis majeurs par rapport à la commercialisation des micro-cossettes de manioc. Le premier est le manque de culture de la population à consommer ce produit et le deuxième est manque criant des marchés des consommateurs. « L’Ong COOPI nous appuie. Son objectif est d’aider les producteurs agricoles à transformer le manioc. Elle nous accompagne également à vulgariser les micro-cossettes de manioc auprès de la population de la ville-province de Kinshasa. Il faut que les gens comprennent que ce produit ne contient pas de cyanure, son amidon est pressé et il ne connîit pas l’humidité. C’est un produit très économique, il a une longue durée de conservation et sa farine est de très bonne qualité. Le prix est le même avec les macro-cossettes mais les micro-cossettes sont plus durables et la farine est plus concentrée. Un autre avantage, c’est la possibilité d’extraire l’amidon qu’on peut même commercialiser », a expliqué le président de la COPAP.

  1. Lumuamu Yala Diesel, producteur agricole depuis 20 ans et membre de l’Association des cultivateurs religieux de Mutiene toujours au Plateau des Bateke a indiqué que même dans la fabrication des bonnes chikwanges, il faut presser le manioc à la manière des micro-cossettes. « Notre souci c’est d’avoir un soutien pour vulgariser nos produits», a-t-il dit.

Quant à Mademoiselle Nancy Mbonga du Domaine d’exploitation agricole de Mbankana, les micro-cossettes ont la meilleure qualité de farine (goût, saveur) par rapport aux macro-cossettes. De la transformation à la conservation, les micro-cossettes rapportent plus d’argent. Cette productrice agricole évoque comme difficulté majeure, la méconnaissance du produit. Voilà pourquoi, estime-t-elle qu’il y a nécessité de la vulgarisation. « Nous avons besoin du soutien pour vulgariser ce produit auprès de la population », a-t-elle souligné.

Un membre de l’organisation paysanne « Lamuka tokende », chef de la 5ème Cité au Plateau des Bateke, Papa Mayala Victor a expliqué que tout au début, ils ont été formés sur la technique de la production des micro-cossettes de manioc et ils ont beaucoup apprécié. Puisque, le temps court pour le séchage permet de vendre vite.

Mais vu les difficultés, poursuit-il, surtout de l’épluchage du manioc qui demande de payer les gens pour le faire, le coût du transport du champ au site, les producteurs agricoles de la 5ème Cité ont pu arrêté la production des micro-cossettes de manioc.

Le vice-président du Comité de développement (CODEV) de Mbete dans le Plateau des Bateke, M. Douglas Masala a reconnu comme Papa Mayala d’avoir suivi la formation sur la transformation des micro-cossettes, « mais nous n’avons pas encore commencé à les utiliser, vu la difficulté de la vente sur le marché. Parce que la population n’a pas encore compris les avantages de ces micro-cossettes. Beaucoup continuent de s’adonner aux macro-cossettes. Pourtant, ce sont des micro-cossettes qui devraient être utilisées par la population. Bonne qualité, bonne hygiène, nous invitons les gens à acheter, à utiliser et à consommer désormais, les micro-cossettes de manioc ».

 

(Un récit de Lepetit Baende)

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