CENI : Trois figures sanctionnées par le Trésor américain

Il s’agit de Corneille Nangaa, Norbert Basengezi et Marcellin Basengezi, respectivement président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), vice-président de la CENI et Haut conseiller de la CENI. A partir d’aujourd’hui, tous leurs avoirs aux Etats-Unis d’Amérique sont gelés et il leur est interdit de voyager ou de faire les affaires avec le pays de Donald Trump. L’administration américaine les reproche d’avoir entretenu la corruption, en vue d’empêcher et de retarder l’organisation des élections crédibles et inclusives. Pour Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, les États-Unis continueront à travailler avec ceux qui cherchent à éliminer des allégations de corruption, mais n’hésiteront pas à faire appel aux autorités américaines pour imposer des sanctions encore trop lourdes aux acteurs en RDC et dans le monde, qui minent le processus démocratique et promeuvent la corruption.

Ce 21 mars 2019, le Bureau chargé du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor des États-Unis a sanctionné trois hauts fonctionnaires de la République démocratique du Congo (RDC) en vertu de l’ordre exécutif (E.O.) 13413, tel que modifié par E.O. 13671, qui autorise des sanctions à la lumière d’actions ou de politiques qui sapent les processus ou les institutions démocratiques en Rdc.

«Cette action fait suite à la corruption persistante de hauts responsables au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) (…) dans le but d’empêcher et de retarder la préparation d’élections crédibles et inclusives », a déclaré Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor, chargé du terrorisme et du renseignement financier. «Nous sommes aux côtés du peuple congolais qui s’est rendu aux urnes le 30 décembre, mais restons préoccupés par un processus électoral défaillant dans lequel, après l’élection présidentielle, la CENI a continué à entraver le processus démocratique et n’a pas réussi à faire en sorte que le vote reflète la volonté du peuple congolais. Les États-Unis continueront à aider ceux qui cherchent à éliminer des allégations de corruption crédibles, mais n’hésiteront pas à faire appel à nos autorités pour imposer des conséquences tangibles et importantes aux acteurs pervers en RDC et dans le monde, qui minent le processus démocratique et le trafic de corruption ».

Plus précisément, l’OFAC a désigné trois hauts responsables de la CENI: Corneille Nangaa Yobeluo, président de la CENI; Norbert Basengezi Katintima, vice-président de la CENI; et le fils de Katintima, Marcellin Basengezi Mukolo, haut conseiller de la CENI. À partir d’aujourd’hui, tous les avoirs des personnes désignées relevant de la juridiction des États-Unis sont gelés et il leur est généralement interdit de faire des transactions avec les Etats-Unis.

La CENI avait rejeté les allégations de corruption

« Nous avons appris avec stupéfaction, ce vendredi 22 février 2019, par le biais d’un communiqué du Département d’Etat américain, les sanctions interdisant l’entrée dans l’espace américain aux autorités de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) », indique un communiqué signé par Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de cette Institution d’appui à la démocratie.

Et de renchérir que la CENI voudrait rappeler à l’opinion tant nationale qu’internationale qu’elle poursuit avec abnégation, détermination et professionnalisme sa mission constitutionnelle de conduire le processus électoral en République Démocratique du Congo. Cependant, elle rejette les allégations de corruption et/ou des violations de Droits de l’Homme, d’abus ou d’atteinte à la démocratie dans l’exercice de sa mission telles que formulées dans le communiqué précité.

JMNK

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