CENCO: Echec et mât, Joseph Kabila reprend l’initiative

La non signature, le dimanche 27 mars 2017 à Kinshasa par les acteurs politiques et sociaux prenant part au dialogue politique piloté par les Evêques de la CENCO, de l’Arrangement particulier, un document additif qui devrait actionner la mise en œuvre de l’Accord dit de la Saint-Sylvestre, a suscité beaucoup d’interrogations, de scepticisme et même de la psychose au sein de l’opinion plurielle qui, vite, a tourné le regard vers le Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange, duquel, opposition et Majorité et communs de mortels attendent une solution idoine en qualité de Garant de la Nation afin d’éviter au pays une impasse aux lendemain incertains.

Les Evêques avaient reçu, du Chef de l’Etat la mission d’obtenir plus d’inclusivité autour de l’Accord conclu le 18 octobre 2016 à la cité de l’Union Africaine, sous la médiation de l’ancien Premier ministre Togolais Edem Kodjo, et se sont pendant plus de trois mois, mouillés la soutane, sans obtenir ce que les Congolais attendaient de ces pourparlers.

L’accord conclu nuitamment le 31 janvier 2016 sous la médiation des clergés, avait, pour les esprits avisés, déjà planté le décor de l’impasse d’autant qu’il (l’accord) n’avait pas pu, comme c’était le cas avec l’Accord de la Cité de l’Union africaine, vider toutes les questions qui fâchent, préférant à la place s’atteler aux principes.

Cette stratégie des princes Catholiques, bien qu’ayant permis aux uns et autres de passer la fête de fin d’année en toute quiétude, elle se montre aujourd’hui moins payante avec l’échec de la signature de l’Arrangement particulier, qui n’est, autrement, que l’échec d’une harassante médiation qui n’a que trop durée.

Face à cette triste réalité et ayant apparemment compris la leçon, les Evêques de la CENCO, conduits par son Président, l’Archevêque de Kisangani, Mgr Marcel Utembi ont rencontré hier mardi 28 mars 2017, le Chef de l’Etat Joseph Kabila pour lui rendre compte et surtout, solliciter son implication personnelle pour mettre fin à la dérive d’un dialogue qui, au départ, avait pour mission primordiale l’organisation prochaine des élections, mais qui s’est vu embrigadé par une boulimie pour le positionnement aux postes ministériels.

Rendant compte de cette audience, avec le Chef de l’Etat, l’Abbé Nshole, Secrétaire général de la CENCO, s’exprimant au nom et pour le compte de la CENCO, s’est félicité de l’attitude du Chef de l’Etat qui s’est engagé à obtenir le consensus sur les matières qui posent problèmes, en l’occurrence, le mode de désignation du Premier ministre et la désignation du président du Comité national pour le suivi de l’Accord “CNSA”.

Joseph Kabila reprend l’initiative

L’ouverture de la culture du dialogue prônée par Joseph Kabila depuis son accession à la Magistrature Suprême en 2001 fera école et restera inscrite dans les annales comme une jurisprudence qui traversera les âges.

Le communiqué de la présidence de la République portant la signature du Chef adjoint du cabinet du Chef de l’Etat stipule que la CENCO a confirmé à Joseph Kabila, la fin de sa mission de bons offices lui confiée à Kingakati en date du 29 octobre 2016 et reconduite à Kinshasa le 05 décembre de la même année.

Pour cette dernière fois, la Cenco, qui en a pris l’habitude, n’a pas daigné sollicité une énième rallonge préférant tout simplement jeter l’éponge face à l’intransigeance d’une Opposition habituée à se dédire au grès des diktats de leurs maitres à penser ou de leurs pourvoyeurs.

Garant de la Nation, Joseph Kabila, Président de la République n’a trouvé mieux que de reprendre du service pour réconcilier les Congolais et les emmener comme en 2006, puis 2011 aux élections crédibles et apaisées organisées dans un climat de paix, de fraternité et de confiance mutuelle.

Qui bloque ?

D’outre-mer aux confins de terres congolaises, la question de savoir qui met du sable dans la machine au moment où le navire semblait déjà approcher le rivage, se pose.

De trois composantes parties prenantes à ces discussions de la CENCO, à savoir, la Majorité Présidentielle qui s’est toujours montrée homogène depuis le début des travaux, la Société civile qui elle, bien que bicéphale, semble ramer au grès de vague, se trouve l’opposition politique divisée en quatre courants antagonistes incapables de ramer dans la même direction. L’opposition dite signataire de l’Accord du 18 octobre visiblement objective, est parfois talonnée par le Front pour le respect de la constitution, un appendis du MLC, tous embrouillés par le Rassemblement divisé en plusieurs ailes, dont l’aile dite Bana Mbongo ou aile Katumsi qui se complait à tout mettre en cause, même à tenir tête aux princes de l’Eglises Catholique qui, au départ prenaient ces activistes du Rassemblement comme des enfants de chœur.

Ci-dessous le communiqué de la Présidence de la République :

COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, a reçu ce mardi 28 mars 2017, une délégation de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, en sigle « CENCO», conduite par son Président, Monseigneur Marcel UTEMBI, Archevêque de Kisangani.

La CENCO a confirmé à Son Excellence, Monsieur le Président de la République, la fin de la mission des bons offices lui confiée le 29 octobre 2016 à Kingakati et reconduite à Kinshasa le 5 décembre de la même année.

En effet, la CENCO avait reçu du Chef de l’Etat la mission d’obtenir plus d’inclusivité autour de l’Accord de la Cité de l’Union Africaine du 18 octobre 2016 sur l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées.

Son Excellence, Monsieur le Président de la République a remercié la CENCO pour l’immense travail abattu dans des conditions souvent difficiles.

Les pourparlers du Centre Interdiocésain de Kinshasa ont permis des échanges fructueux et ont abouti à la signature de l’Accord du 31 décembre 2016.

Toutefois, malgré les efforts des uns et des autres, l’arrangement particulier devant compléter l’Accord obtenu, a achoppé sur deux divergences majeures.

Les points de non accord concernent le mode de désignation du Premier Ministre, la provenance et le choix consensuel de la personnalité qui devrait présider le Conseil National de Suivi de l’Accord, après le décès de Monsieur Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA, président du conseil des sages du Rassemblement.

 

Son Excellence, Monsieur le Président de la République a noté que la CENCO ne s’est pas contentée de constater les divergences ; elle a, en même temps, présenté des suggestions à partir desquelles le Chef de l’Etat s’implique dès à présent.

Pour Son Excellence, Monsieur le Président de la République, l’impasse actuelle ne doit aucunement signifier une rupture définitive du dialogue. Au contraire, les échanges doivent se poursuivre afin de déboucher, dans le plus bref délai, sur les voies les plus adéquates pour la mise en œuvre effective de l’Accord dit de la Saint Sylvestre.

Par conséquent, le Chef de l’Etat a pris acte du fait que le Premier Ministre devrait provenir de l’opposition non signataire de l’Accord du 18 octobre 2016 et plus précisément du Rassemblement.

S’agissant de la Présidence du CNSA, le Président de la République appelle les parties prenantes à désigner une personnalité consensuelle.

Le Président de la République, en sa qualité de Garant du bon fonctionnement des Institutions s’adressera prochainement à la Nation, à travers les deux Chambres du Parlement, conformément à l’article 77 de la Constitution.

Fait à Kinshasa, le 28 mars 2017

Jean-Pierre KAMBILA KANKWENDE WA MPUNGA

Directeur Adjoint du Cabinet

 

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