Ce jeudi 1er juin 2017: Un séminaire sur la Japon organisé à l’ÉNA

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Une vue des participants /Ph. BE
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L’Ecole nationale d’administration (ÉNA ), a servi de cadre, ce jeudi 1er juin 2017, à la tenue d’un séminaire sur le Japon. Thème choisi : « l’administration publique au service du développement ; leçons du Japon ». Orateur : l’ancien Vice-premier ministre Daniel Mukoko Samba, Professeur d’Economie à l’Université de Kinshasa, et également ancien boursier du Gouvernement du Japon.

Plusieurs étudiants de l’ÉNA ont pris part à cette rencontre d’échanges. D’entrée de jeu, l’ambassadeur du Japon, M. Hiroshi Karube a exprimé sa joie de partager ce moment avec ceux qui sont formés pour prendre la relève de l’administration en République démocratique du Congo. Il sied de préciser qu’il s’agit du 2ème  séminaire organisé à l’ÉNA, à la suite du  premier tenu en décembre 2015.

Dans son mot de circonstances, M. Hiroshi Karube, Ambassadeur du Japon, a souligné que l’indépendance et le développement du Japon sont dus aux efforts des jeunes japonais qui ont avidement absorbé et exploité les technologies et les connaissances occidentales, d’où l’organisation de  ce séminaire à l’ ÉNA, pépinière renommée des futurs cadres d’administration.

A l’école des jeunes japonais

M. Karube a ensuite fait remarquer que le développement économique du Japon a été réalisé, entre autres, par la stabilité politique, les capacités humaines importantes dans la fonction publique. Sur ce deuxième point, M. Karube a souligné que les fonctionnaires doivent toujours penser à l’intérêt public et non pas l’intérêt privé, et qu’il faut avoir le sentiment d’appartenance aux institutions publiques, provinciales et gouvernementales. Rappelant que ce même sentiment était d’autant plus important au Japon au cours du 19e siècle ou après la Seconde Guerre Mondiale, où la survie de l’État du Japon prévalait sur tout, M. Karube a exhorté les énarques de travailler avec cet esprit.

Après l’ambassadeur, le 2ème Secrétaire chef de la Coopération de l’ambassade du Japon en Rd Congo, M. Tatsuro Unuma, a procédé à la présentation générale de son pays. Situation géographique, historique, politique, économique, administratif,… tout a été passé au peigne fin.

Le secret de la croissance

Lorsque la parole est donnée à Daniel Mukoko Samba, celui-ci a, de prime abord, tiré deux concepts du thème. Il s’agit premièrement de l’ «administration publique » et du « développement » ensuite, affirmant que « la bataille de la croissance se gagne dans la durée ».

Partant d’une étude comparative, l’orateur a épinglé le cas du PIB par habitant de l’Indonésie et celui de la Zambie. Ce, pour la période allant de 1950 à 2010. Durant cette période, la Zambie n’a fait que stagner entre 500 et 1000 dollars, alors que l’Indonésie elle, se retrouve dans la fourchette de 500 à 4.500 dollars. Quant à la Rd Congo, qui était autour de 600$ de PIB par habitant en 1950, la courbe ascendante jusqu’en 1974 va de plus en plus decrescendo est se situe actuellement autour de 260 $ constant du PIB par habitant. Et, au moment où la Rdc, l’un des pays les plus pauvres au monde, tend vers 0, le Japon lui, est dans les 22.000.

En Afrique sub-saharienne, le Botswana interpelle. Ce pays,  le moins corrompu de la région, jouit d’une bonne stabilité politique,  et de la bonne gouvernance spécialement en ce qui est de la gestion prudente de ses ressources.

Que faire pour la Rd Congo ?

A en croire Daniel Mukoko Samba, qui reposait son argumentaire sur le miracle japonais, tout passe par la stabilité, pas de personnes, mais en termes de mobilisation des énergies pour une destination connue. Depuis 1955, le parti PLD conduit la Primature japonaise  jusqu’à ce jour, excepté quelque 6 ans. Le BDP Botswanais est au pouvoir depuis 1966 ; les deux pays organisent les élections de manière certaine et régulière. Les services publics sont dévoués et stables. Le système institutionnel est aéré.

Mais au-delà de la stabilité, Daniel Mukoko a insisté sur la vision. Celle-ci comporte aussi deux ingrédients : outre les institutions de qualité pour contrôler toute action humaine en vue du bien collectif, le sens de la communauté.

D’ores et déjà, une réinitialisation s’impose. Il revient à chacun de prendre conscience du niveau d’effondrement, de prendre l’option en vue du relèvement, de réinventer un mode de vie sociale qui capitalise les ressources humaines, prenant pour boussole l’Etat et la Société civile pour naviguer dans l’administration.

Leçons à tirer du Japon

Relever les défis passe par le ‘’Machizukuri ‘’. Il s’agit d’un mot japonais pour dire Création, fabrication, ou encore, aimer, bâtir, réinventer sa ville, son quartier, sa résidence, l’école où l’on a acquis des compétences, voire son entreprise qui n’est pas seulement un lieu de travail mais aussi une communauté. Il sied donc de cultiver l’esprit d’appartenance à la communauté : la capacité collective de résoudre les problèmes de la collectivité tout en protégeant les valeurs de celle-ci.

Les interventions ont été suivies par la session de question-réponse active, où les participants ont eu un échange dynamique et interactif avec les intervenants.

 

 (Emmanuel Badibanga)

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