Bruxelles: Une messe de requiem organisée en mémoire d’Etienne Tshisekedi

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Une messe de requiem en mémoire de l’ancien Premier ministre de la RDC et Opposant historique, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, a été dite hier jeudi 9 février dans la Basilique de Koekelberg en Belgique. C’était en présence d’un parterre d’officiels belges et une foule immense des Congolais vivant à l’étranger et plusieurs autres nationalités dans cette cathédrale. Ladite célébration a commencé à 12 heures, juste après l’entrée du corps de l’illustre disparue.

Malgré le froid de la capitale belge, plusieurs milliers des Congolais sont allés rendre un dernier hommage au lider maximo.

La messe était officiée par l’Archevêque de Kananga, Monseigneur Madila. Plusieurs officiels belges, dont le Vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Alexandre De Croo, ainsi que l’eurodéputé Louis Michel ont pris part à ce culte.

Les membres de la famille politique (UDPS et Rassemblement) et biologique de l’illustre disparu ont également pris part à ce culte qui s’est déroulé entre larmes, tristesse et engagement pour poursuivre le combat d’Etienne Tshisekedi. Au cours de cette messe, des condoléances particulières ont été présentées à la veuve Kasalu Jibikila Marthe, ainsi qu’à tous les enfants du grand opposant de la RDC décédé le 1er février à Bruxelles et dont la dépouille continue à être gardée au frais, en attendant son rapatriement grâce aux efforts du Gouvernement de la République de concert avec sa famille biologique.

Des témoignages

Au cours de cette messe, plusieurs témoignages ont été livrés par les membres de la famille du Sphinx de Limete. Pour le frère cadet de de ya Tshitshi, ce dernier était pour lui un père. « La détermination, l’humilité, l’identification d’un vrai amour, sans oublier le sens d’un engagement. À aucun moment tu te crucifierais aux autres, ni devoir détenir un savoir absolu.  Et pourtant tu étais notre référence, ma référence et mon sage,  souvent agaçant mais idéal. Tu es mon grand frère le plus extraordinaire que Dieu m’ait donné. Tu n’as pas hésité un seul instant à m’inscrire sur vos papiers avec ma belle-sœur, qui est aussi ma seconde mère préférée, Yaya Marthe Kasalu. Ta chère épouse, comme fils aîné. Parfois, je vous trouvais, vous vous ressembliez tellement que j’avais du mal à vous prendre pour des époux. Tellement vous vous aimiez,  tellement vous vous aimez. J’avais à peine 7ans,  la mort de notre père, il y’a 55 ans comme l’année de ma naissance. Le goût du travail, c’est toi.  L’auto-responsabilisation, c’est toi. J’adore ta droiture. Et le fait de me faire comprendre que les études étaient mon seul salut, tu es le seul à m’avoir encouragé dans mes choix, mais que n’ai-je donc appris de toi ? », a-t-il dit, avant de poursuivre : « Tous les virus reçus de notre père Alexis Mulumba, tu me les a transmis mieux que s’il était là. Même l’intransigeance que lui, qui n’avait pas sa langue dans sa poche,  comme cette anecdote de reproches faits en public au curé belge, père  Marcel de la Mission Ntambwe Saint-Bernard de Luluabourg et de qui je porte désormais le prénom à l’époque coloniale.

Je te promets, je te promets que je tiendrai ma parole,  je tiendrai mon engagement pour faire connaître au monde entier le solidarisme,  ta philosophie. Je te promets que j’élèverai au mieux, tes neveux chéris, Alexis et Noëlla qui ne sont pas là, quoiqu’il advienne. Merci Tutu Étienne, mon Moïse du Congo. Ne t’en fais pas vieux.  Ne t’en fais pas. Qu’ils sablent du champagne jusqu’à la lie mais ton œuvre continuera à travers ton Josué et tous les Congolais ».

Après le frère cadet du lider maximo, c’était le tour de Clotilde Mulumba, sœur de l’illustre disparu, qui s’était aussi prêtée à l’exercice.

« Notre mère nous avait toujours parlé de l’enfance d’Etienne. Et j’ai compris que cet homme, Dieu l’avait envoyé avec une destinée spéciale sur  cette terre. Notre maman disait par exemple, que quand il était tout petit, il ne s’était jamais disputé avec ses frères. Quand il y avait des pleurs, des disputes à la maison, elle sortait et regardait, ce n’était jamais Etienne, qui était dans la dispute. Et surtout pas à la base. C’est son frère aîné et celui qui venait après lui qui se disputaient et se battaient toujours. Lui était toujours en dehors de ces disputes-là. Et il avait l’habitude de jouer seul. Il restait seul à l’écart, en train de parler seul, de faire des dessins par terre avec son doigt, pendant que les autres se disputaient et jouaient. Et pour le provoquer, l’un de ses frères passait essuyer ses dessins qu’il faisait sur le sol. Et c’est alors qu’il éclater de pleurs, se plaindre chez notre mère », a-t-elle témoigné sous un grand choc. Ce, avant de poursuivre : « Autre chose de spécial, nos parents n’avaient pas beaucoup de moyens. Et nous connaissons que dans le Kasaï, il n’y a pas beaucoup de cours d’eau, pour avoir des poissons, et il n’y a pas la forêt, c’est pourquoi les Kasaïens ne mangent pas beaucoup la viande. Les Kasaiens ont développé l’habitude de chercher des insectes, il y en a qui visaient des petites oiseaux, pour avoir la provision en protéine. Ce qui fait que l’aliment de base pour une famille moyenne au Kasaï c’était les légumes et le fufu. Alors, contrairement à ces deux frères, avant lui et après, qui exigeaient plus, Etienne était toujours prêt à manger son fufu avec le pondu appelé «matamba» en Tshiluba, qui est le légume le plus populaire et le plus connu dans notre société. Ce qui fait que notre mère aimait l’appeler affectueusement «Tshisekedi Tsha Matamba wanyi ». Cet homme avait un sens de générosité extraordinaire, et de responsabilité assez tôt dans sa vie. Parce que notre papa est mort quand moi l’avant dernière j’avais 9 ans, et notre cadet avait 7 ans. Ce qui est arrivé ce que dans les temps, les filles se mariaient très jeunes. Et notre maman s’est mariée à 14, 15 ans. Elle a commencé à mettre au monde. Et quand moi suis venue au monde, Etienne avaient vingt ans. A cet âge, moins de trente ans, il a pris la responsabilité de toute cette famille. Je peux vous avouer que nous n’avons jamais manqué de rien. Etienne a assumé ses responsabilités vis-à-vis de sa maman veuve, et de ses frères et sœurs. Et il nous a toujours donnés tout ce dont on avait besoin. Et il nous conscientisait toujours de nous prendre en charge. Il disait «vous avez eu la grâce que papa est mort mais je suis là, prêt à vous payer les études». Surtout à nous les filles il nous disait toujours «c’est bien de se marier, mais ce qui est mieux c’est d’étudier, parce qu’avec le mariage ce n’est jamais sûr.» Et puis il nous disait aussi une chose que nous pouvons jamais oublier « vous devez faire un effort, étudier, avoir un bon travail, et vous assumer. Parce que c’est que moi je gagne, c’est pour ma femme et mes enfants en premier lieu». Ce qui est rare dans la société Africaine, surtout Kasaïenne. Ce qui fait que tout au long de notre vie, on a toujours tenu compte de cela, on a jamais été à la base des discussions dans son foyer, on s’est pris en charge, on a étudié, on s’est marié dignement, et il était très fier de nous ».

(Bernetel Makambo)

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