Boulevard Tshatshi négligé à Kinshasa, Jardin botanique à Kisantu

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Alors que l’on parlait la semaine dernière, dans cette enquête relative aux sites véritables  diamant à la poubelle, cas de la Place des évolués dans la commune de la Gombe à Kinshasa, marché du sexe et des stupéfiants pour grands et petits hommes ; Plage Muanda au Kongo central où la musique quelconque accompagnée des danses obscènes se consomment à volonté ; divers sites touristiques dans la partie Est de Kinshasa qui chavirent,… cette suite dans la capitale et à Kisantu au  Kongo central  est plus interpellatrice…

Il est 18 heures, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa capitale de la Rd Congo. Sur le boulevard Tshatshi, allant du ministère des Infrastructures au Kempisky Fleuve Congo Hôtel, ou au Pullman Grand Hôtel Kinshasa, c’est selon,  les deux axes ont été fort aménagés, plus particulièrement en prévision de l’organisation du 14ème sommet de la Francophonie, il y a bientôt 4 ans. Rendez-vous de toutes les cultures, le lieu aux lampadaires à mille feux est pris d’assaut par ceux qui veillent sur leur forme après les stress d’une journée de travail chargée. Marche, footing, bicyclette, voire simples rencontres pour tailler bavette en bonne compagnie,… tout cela fait la classe, la beauté, la joie de voir ‘’Kin la belle’’ dans sa plus belle robe.

Dans cet environnement, fière chandelle, les mœurs ne sont pas en souffrance comme sur la fameuse Place des évolués, en tout cas. Excepté quelque 5 agents de sécurité, comme dans la fable ‘’le corbeau et le renard’’ dont les yeux étaient rivés sur une jeune fille d’environ 20 ans, malpropre, assise à quelques pas d’eux comme venue répondre à un  rendez-vous du client,… L’on peut deviner les raisons ayant milité quant à ce : ce n’est pas n’importe quel végétarien qui habite ce coin que l’on appelle ‘’siège huppé de nouveaux riches’’. La sécurité aussi bien civile, policière que militaire est tous azimuts, les maisons se construisent et se modifient sans souci de la saison. Une niveleuse chinoise est à pied d’œuvre ici, une institution de Breton wood est échafaudée plus loin, des personnes ayant pignon sur rue ne se comptent pas. Alors, pas de brouhaha comme au fond  d’une marmite bouillonnante dans des quartiers populaires de la ville. S’il n’est pas n’est pas souhaitable de résider ailleurs, cela  vaut le coup sur Tshatshi.

Une note noire, cependant. Le boulevard initialement alléchant devient de plus en plus insalubre et moins éclairé. Des eaux usées, verdâtres de surcroît, avec un dépôt supra et subaquatique ont élu domicile là où le jet d’eau envoutait les regards hier. Plus une fontaine n’a fonctionné depuis des lustres, si l’on veut remonter dans le temps. Qui pis est, repérer une poubelle publique relève d’un parcours de titan. Et lorsque l’on se souvient de l’adage très épris des Kinois, ‘’ à la guerre comme à la guerre’’, des bouteilles en plastique, des papiers de toilettes, et bien d’autres bon à rien jonchent la pavée. Le bijou s’en va à la poubelle ! La lumière s’éteint petit à petit tant on n’a pas remplacé les lampes à bien d’endroits.

De Kin à Kisantu

Il a fallu compléter l’enquête hebdomadaire. Les limiers se rendent par simple hasard à Kisantu, au Kongo central, à près de 130 km de Kinshasa. Arrivés à Kasangulu, l’on y raconte une histoire récente. Une jeune fille qui s’est retrouvée dans ‘’la 25ème commune ’’ après s’être échappée du filet des bourreaux depuis une résidence suspecte de certains expatriés à Kinshasa. Enlèvements, vols et viols par les nationaux et plus encore par des expatriés deviennent légion. Comme les services font leur travail, ce dossier est suspendu stratégiquement. Mais l y aura une suite.

A Sonabata, une bâtisse en chantier date d’une trentaine d’années. C’est la maison laissée par le Grand maître Franco Lwambo Makiadi. À moins d’y rencontrer des reptiles dangereux, ce cadre qui pouvait pourtant constituer un grand musée à la taille de l’illustre disparu doublé de patron du TP OK jazz, avec à l’affiche les œuvres de l’artiste, dans son village d’origine, est abandonné à son triste sort et n’attend qu’une à une, ses briques se détachent. Que du gâchis.

Mais le périple se poursuit. Cap sur Kisantu (pour dire sainteté, selon les missionnaires)  dans Inkisi (fétiches selon les autochtones). Le lingala dame les pions au kikongo, voire au kintandu du patelin. L’occasion est propice pour y visiter le célèbre jardin botanique, un peu zoologique aussi, parce qu’on y trouve encore à peine un crocodile, un babouin, un boa, une tortue,… pas plus. A l’entrée, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Il  fait de bonnes affaires : 2500 Fc par tête, 1000 Fc pour accès véhicule dont la vitesse  ne doit pas dépasser 40km/h.  Mais ce n’est pas sans larmes aux yeux que l’on devra déplorer les conditions dans lesquelles les agents travaillent. Pas de tenue appropriée dans ce jardin  mal entretenu et dont le visionnaire serait inconsolable dans sa tombe. A 16 heures, toutes les masses d’argent perçues sont versées.  Il ne faut pas aller jusqu’à destination finale de ces sommes faramineuses de peur de se retrouver dans de sales draps … pourtant, il ne faut pas faire semblant de rêver le Congo ; il faut le vivre, le changer,  le (re)valoriser.

(MB)

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