Bonjour, Campagne électorale

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Te voilà enfin venue, on t’a attendue puisque la Constitution nous a fait part de ton programme quinquennal. Nous t’accueillons à bras ouverts, et exprimons le vœu que tu sois la bienvenue, quand bien même une sagesse dirait qu’après l’heure, ce n’est plus l’heure.

Tu viens comme un visiteur matinal qui côtoie la cour de la parcelle avant les occupants. Au moment d’ouvrir la maison, va-t-on accueillir le visiteur matinal par une chaise ou par une salutation ? Par une chaise, il va falloir que le visiteur étire son temps, en attendant que l’hôte se débarbouille. Et si son temps presse ? Par une salutation, cela parfois suffit, si l’on ignore l’objet de sa visite : sera-t-il pour une bonne journée ou le contraire ?

Tu viens comme une pluie de nuit, aux uns portant la paix, aux autres le souci. Car ceux qui ont une bonne toiture prolongent leur sommeil ; quant à ceux qui n’en ont pas, c’est l’insomnie, le travail de nuit pour recueillir au moyen des bols, les eaux qui suintent.

Tu viens comme une fête : des deux choses, l’une : il faille s’endetter pour, soit rallonger la liste d’invités soit apprêter un cadeau qui soit acceptable pour ne pas dire appréciable.

Tu viens comme le soleil du matin : Tous ceux qui sortent de leur sommeil le côtoient, mais quelques-uns seulement verront son coucher. A mi-parcours de la journée, beaucoup arrêtent de vivre.

Tu viens comme les abords de l’océan que le touriste salue, sans voir les confins.

Tu viens comme une fête au quartier. Une occasion qui permet au va nu-pied d’entrer chez le notable, dans le lot des anonymes. Le  protocole les sert sur ordre de la maîtresse, après le départ du dernier des invités.

Tu viens comme un sol que côtoie un cultivateur. Fertile par endroit, le grain germe. Sur un sol pierreux, la houe et le râteau passent et repassent, l’espoir s’estompe, le grain ne pousse.

Tu viens comme un carnaval, nous apportant tout sauf l’essentiel. Tout bouge quand passe un carnaval : intellectuels, curieux, badauds, jeunes et vieux… Gare que des coupeurs de route ne gâchent la fête, cette fois-là à Beni, en Ituri, à je ne sais où, où l’envie d’ôter la vie est si encrée, si présente dans les réflexes qu’à chaque jour des victimes.

Tu viens comme une fête quinquennale de la parole. Ceux qui savent discourir, drainent du monde, haranguent des foules, pour semer le grain de l’illusion à ceux qui attendraient récolter la désillusion. La force de la parole, le charisme et la perspective du pouvoir et le culte rendu aux espèces sonnantes et trébuchantes, par ceux qui ont si bien su faire les choses, a constaté Léon Gontrand Damas. Et qui ont ‘’tout foutu de nous-mêmes en l’air’’…

Dans les saintes Ecritures, l’apôtre Jacques dit : ‘’Vous demandez mais vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal… ‘’.

Bonjour Campagne électorale, va ton chemin, je vais le mien. Après ton passage comme un vent qui précède la pluie, dans un Congo qui veut bien humer l’air frais de l’unité, de la paix et de la prospérité, condition pour les Congolais de ‘’lever nos fronts longtemps courbés’’.

Payne

 

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