Blocage dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre: Un évêque dévoile la vérité

A l’extrême gauche, Mgr Fridolin Ambongo

C’est une lapalissade de dire que la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre prend du retard. Il a pourtant suscité un grand soulagement au moment de sa signature. Mais depuis, plus rien ne bouge. Les acteurs politiques de la Majorité et de l’Opposition se rejettent la responsabilité du blocage de ce processus. Mais qui dit vrai ? Il revenait, dans ce contexte, aux évêques de révéler au  grand public de quel camp provient le blocage et quelles sont ses réelles motivations ?

Une certaine presse a voulu faire croire à l’opinion publique que la non désignation du Premier ministre par le Président de la République serait la cause du blocage de la mise en exécution des résolutions de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

En fait, cette propagande veut faire prendre au Président de la République une décision qui, non seulement irait à l’encontre du bon sens, mais qui plus est, viendrait d’une organisation dépourvue d’un organe de décision reconnu.

L’on dit que la vérité sort de la bouche des enfants, cette fois-ci, c’est un évêque qui s’en est chargé. En effet, Monseigneur Fridolin Ambongo a déclaré le 1er mars 2017 : « la question du leadership au sein du Rassemblement apparaît comme un point essentiel de blocage ».

Comme tout responsable chargé des bons offices dans un règlement de conflit, pour ne pas accabler une partie au différend à régler, Monseigneur Fridolin Ambongo a été extrêmement modéré dans son affirmation. La vérité est toute simple : le Rassemblement constitue, en tant que tel, la cause du blocage du processus actuel.

Dans les faits, le Rassemblement n’existe pas ! Ce conglomérat des projets politiques absolument disparates, n’était soudé que par deux éléments : le prestige de feu l’ancien Premier ministre Etienne Tshisekedi et l’argent de Monsieur Moïse Katumbi. Or, voilà que Dieu a repris le président de l’UDPS et il se trouve que Moïse Katumbi est très affaibli par sa séparation de son grand-frère. Qui en RDC ignore le poids des relations familiales dans une quelconque carrière ? Cette situation a mis l’ancien gouverneur du Katanga dans un profond  désarroi et ses nouveaux amis politiques dans le doute quant à la poursuite de sa carrière politique.

Ces deux événements ont considérablement perturbé les points d’ancrage du conglomérat qu’est le Rassemblement. Voilà ce qui explique la multiplication des candidatures pour le poste de président du Conseil des sages du Rassemblement. Ayant perdu son timonier, le bateau sans boussole vogue désormais à tout vent. Comment dans ces conditions, continuer de penser qu’un groupe aussi dépourvu de cohérence puisse se proposer au leadership d’une Nation ?

Si au niveau de la désignation du président du Conseil des sages, il y a déjà tant de difficultés, qu’en sera-t-il alors lorsqu’il faudra former un gouvernement ? La réponse est simple, le Rassemblement fait la démonstration qu’il n’a de rassemblement que le nom. Une fois de plus, la preuve est faite qu’un projet, dépourvu de valeurs idéologiques identifiables, même soutenu par énormément d’argent, ne peut survivre aux perturbations qu’impose toute évolution politique.

Le peuple congolais doit prendre conscience de cette réalité et cesser de prêter l’oreille à des politiciens qui n’ont pour seul objectif que d’occuper des postes. Le politicien Belge Thierry Michel n’a peut-être pas tort d’affirmer ce jeudi 2 mars 2017 au Fespaco, à Ouagadougou : « le Burkina a des vrais opposants, la RD Congo des opposants alimentaires ».En somme, on ne fait pas la politique pour son ventre, ni pour celui de ses amis. L’on fait la politique pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens.

L’Avenir

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