Bisbilles préélectorales à Limete, UDPS/T : Le ‘lider maximo’ est vraiment mort

Les « combattants » ne s’en sont pas laissés compter et ont fait reculer Fatshi  et Kamerhe en les menaçant de pires représailles, le conduisant à contester leur propre choix effectué pourtant « en âme et conscience » et sans machine à voter vingt-quatre heures seulement après.  

La surprise est totale dans l’opinion après la désignation de Martin Fayulu dimanche 11 novembre 2018 comme candidat commun de l’Opposition à la présidentielle de ce 23 décembre. Il faut dire que la fumée blanche sortie de la cheminée des assises de Genève fait effet de gaz lacrymogènes dans bien de QG politiques dont surtout celui de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social –aile Tshilombo. La preuve n’est pas à chercher bien loin. En effet, dès l’annonce de cette nouvelle en primeur par nos confrères de Jeune Afrique on line, la toile s’est enflammée. Et, loin du web, dans le monde réel au temple naturel de l’UDPS/T à Limete, à  Kinshasa, les éclairs étaient perceptibles. Une fois encore depuis la disparition d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba le 1er février 2018, aux environs de 17 heures à l’Hôpital Saint Elisabeth de Bruxelles, les violons de la discorde se sont faits plus stridents chez « la fille ainée de l’Opposition » qui vient d’enregistrer un vrai camouflet politique.

Etienne Tshisekedi est vraiment mort, constatent peu-à-peu des analystes politiques et autres observateurs des péripéties de la vie politique au Congo-Kinshasa. Son rejeton, Félix Tshilombo Tshisekedi partant favori même à la lumière du sondage BERCI après avoir été rondement intronisé président du parti de papa, n’a pas réussi à décrocher la candidature commune de l’Opposition. Ce, malgré les vociférations des caciques de cette formation politique qui n’ont eu de cesse de lancer force fatwas et oukases dans les médias et les réseaux sociaux, à l’instar de cette mise en garde qui revenait comme un leitmotiv : « l’UDPS ne soutiendra que la candidature de son président à la course à la magistrature suprême de décembre ». La rodomontade a fait un flop et c’est un tout autre acteur politique à la tête d’une formation presque insignifiante sur l’échiquier politique qui a raflé la mise. La gifle politique est là. Sacrilège !

Le poids politique de l’UDPS a-t-il été dégonflé avec la mort de son ‘lider maximo’ ? Mystère et boule de gomme…  Lider maximo, justement. Voilà un terme venu de la lointaine île caribéenne de Cuba où un certain Fidel Castro a incarné jusqu’à après son effacement de la scène politique à cause du poids de l’âge et de la maladie le leadership politique dans toute sa splendeur. C’est lui qui désigna avant d’aller à la retraite son frère Raoül pour poursuivre l’’œuvre révolutionnaire. A Limete, le leader naturel qu’aura incontestablement été Etienne Tshisekedi wa Mulumba sur la scène politique zaïroise puis congolaise a de toute évidence failli dans l’organisation de sa succession.

Avec lui, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social a été toujours au premier plan dans les rendez-vous avec l’histoire politique mouvementée de ce pays. L’opinion se souviendra assez aisément de Genval où grâce à sa seule équation personnelle, le patriarche de Limete s’attirait les révérences des katumbistes qui avaient pourtant le vent en poupe, quoique sortis fraichement sortis des rangs de la « kabilie » avec des propositions juteuses pour son retour quoique médicalement dangereux en 2016 afin d’être utilisé comme épouvantail. L’opposant en chef congolais ne s’en remettra pas et rendra l’âme quelques lunes plus tard. S’il était encore en vie, face aux Katumbi, Bemba, Kamerhe, Matungulu, Muzito, Fayulu, et consorts à Genève, il aurait été coopté candidat commun de l’Opposition, ou à la rigueur été appelé à désigner d’autorité celui-ci.

C’est probablement pour toutes ces considérations que « la base » de Limete, suivie de celle de l’UNC a donné de la voix, obligeant Vital Kamhere et Félix Tshilombo Tshisekedi à retirer leurs signatures, c’est-à-dire à contester le fruit de leurs négociations de Genève quelques heures après. Une évidence devrait découler du camouflet de Genève, ces politiciens-là ont encore du chemin à faire sur la scène politique avant de mériter la place de des monstres sacrés comme le défunt ’lider maximo’ de l’UDPS dans la cour des « grands » et y porter une voix déterminante, écoutée et respectée.

Entre-temps, que pèse réellement aujourd’hui l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social aile de Limete ? Que valent les récriminations des opposants radicaux et de leurs affidés dans la société civile ou la hiérarchie de l’Eglise catholique de Kinshasa contre la machine à imprimer les votes affublés de tous les quolibets pour cause de risques d’une contestation qui de toute évidence fait partie de l’ADN d’une certaine classe politique congolaise ?

 

JMNK

 

 

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