BILLET: Le mariage précoce de filles, comment y mettre fin ?

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Une réalité incontournable qu’est le mariage. Cela se définit comme une union conjugale rituelle et contractuelle, à durée illimitée ou indéterminée, reconnue et encadrée par une institution. Se référant à l’article 320 de la loi numéro 16/ 008 du 15 juillet 2016 modifiant  et complétant celle n° 87-010 du 1er Août 1987, il est l’acte civil, public et solennel par lequel un homme et une femme qui ne se sont engagés, ni l’un ni l’autre dans le lien d’un précédent mariage enregistré, établissent entre eux une union légale et durable dont les conditions de formation, les effets et la dissolution sont déterminées par la présente loi. Dans la tradition chrétienne, cela est conçu comme une alliance d’un homme et d’une femme, dans le but de former une famille.

En Rdc,  toutes les dimensions du mariage sont pratiquées à savoir, le mariage coutumier, le civil et le religieux. Mais dans ces unions, il existe un phénomène qui résiste à toute mutation sociologique : le mariage précoce de filles, mieux, de celles n’ayant pas atteint l’âge de la majorité. Le phénomène date de plusieurs décennies et est lié soit à la coutume soit à un besoin lucratif. En effet, dans l’ancien temps, le mariage était quelque chose de négocié entre les deux familles, sans tenir compte de la volonté des principaux acteurs à savoir, la fille et le garçon. Leur volonté était simplement diluée dans les avis des responsables des deux familles qui concevaient un plan merveilleux pour leurs enfants. Dans cette détermination à bien faire, l’âge de la fille n’était pas pris en compte. A peine à la période d’adolescence et donc plongée dans son enfance, elle était déjà choisie pour devenir une épouse et mère.

Aujourd’hui, le législateur congolais a fait évoluer les choses. Les différents codes de la famille ont été modifiés et complétés par d’autres lois pour justement garantir un mariage consensuel et responsable. Tel est le cas de la loi du 15 juillet 2016 qui, en son article 352, précise que l’homme et la femme ne peuvent, avant dix-huit ans, contracter mariage. A l’article 357 de la même loi de spécifier que l’enfant, même émancipé, ne peut contacter mariage. Malgré toutes ces dispositions juridiques, les pesanteurs de la coutume restent encore de marbre dans certaines tribus. Pourquoi ces mariages précoces ? Quels en sont les causes ? Comment y mettre fin ? Toutes ces préoccupations sont savamment et valablement prises en charge par l’Avenir-Femme dans ce numéro qui consacre aussi ses colonnes aux témoignages des femmes ayant contracté des mariages avant l’âge de la majorité. A vous de saisir la balle au bond.

Jacques-Olivier MULUBA

 

 

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