Bilan des événements du 19 et 20 septembre 2016: La MONUSCO adopte une tactique surprenante

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La manipulation par les chiffres

La guerre des chiffres ne fait que commencer entre le Gouvernement de la République et le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), au sujet des événements du 19 et 20 septembre dernier dans la ville province de Kinshasa. Et d’aucuns craignent que cette tactique de la Monusco vise à mettre une fois de plus de l’huile au feu, provoquer le chaos. C’est ici que les Congolais épris de paix veulent savoir si cette guerre ne présage pas un clash entre les deux partenaires. N’est-ce pas une façon de clouer la Rd Congo lorsqu’on sait qu’en dépit de l’accord signé à la Cité de l’Union africaine, une frange de l’opposition soutenue par la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, ne jure qu’à la convocation d’un autre dialogue? Faut-il craindre le pire ?

Et pourtant, au lendemain des tristes événements qui ont endeuillés la République démocratique du Congo, entre les 19 et 20 septembre 2016, le Gouvernement de la République s’était engagé à mettre à la disposition de l’opinion nationale et internationale, un document intitulé “ Livre blanc”. Celui-ci reprend dans les moindres détails le déroulement des événements macabres auxquelles la Ville de Kinshasa a fait face.

A en croire le Gouvernement de la République, l’exécutif central s’attendait à une manifestation pacifique à la demande des partis politiques et associations qui se réclament de l’opposition politique. Et pour garantir la liberté des manifestations, le Gouverneur de la Ville province Kinshasa, André Kimbuta Yango avait même autorisé ladite marche. Malheureusement, à la place d’une marche pacifique, ce sont des cocktails Molotov qui ont accueilli les agents de l’ordre, des barricades érigées partout, des jets de pierre, des attaques aux bâtiments publics et privés, la mise à sac de centres médicaux et des sièges de partis politiques.

Pour Evariste Boshab, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, le livre blanc mis à la disposition des Congolais, apporte des détails sur le bilan de ces actes d’une extrême sauvagerie dont le bilan fait état de 32 morts, du nombre desquels 3 policiers et 1 brûlé vif; une fillette de 9 ans tuée pour s’être rendue à l’école et deux policières blessées. A l’occasion, le gouvernement de la République condamne tout recours à la violence pour semer  le désordre et le chaos dans notre pays et créer les conditions de remise en cause de l’ordre démocratique.

De la manipulation

Dans un récent rapport publié à Kinshasa, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) porte sur les violations des droits de l’homme commises entre les 19 et 21 septembre 2016 à Kinshasa et sur d’autres circonstances pertinentes pour comprendre le contexte général des manifestations organisées par la plateforme d’opposition du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, et appelant au respect des délais constitutionnels pour la tenue des élections nationales.

Entre les 19 et 21 septembre 2016, le BCNUDH a documenté plus de 422 victimes de violations des droits de l’homme à Kinshasa par des agents étatiques. Au total, le BCNUDH est en mesure de confirmer qu’au moins 53 personnes, dont sept femmes, deux enfants et quatre policiers, ont été tuées. Cent quarante-trois personnes, dont 13 femmes et 11 enfants, ont été blessées et plus de 299 personnes ont été arrêtées.

Le BCNUDH a, au cours de son enquête, été informé de plusieurs cas de violences perpétrées par des manifestants. Le décès de quatre policiers le 19 septembre a été documenté. Un agent de la PNC a été tué dans la commune de Limete. Des manifestants l’auraient battu avant de le brûler vif et de se saisir de son arme de service. Un autre a été lynché au commissariat de Kisenso. Deux autres, dont une femme, ont été lynchés dans la commune de Kimbanseke. Le gouvernement de la RDC a déclaré que quatre agents de la PNC avaient été tués au cours des manifestations.

Des manifestants auraient, par ailleurs, érigé des barricades, notamment en brûlant des pneus, lors de la journée du 19 septembre 2016. Au cours d’affrontements avec les forces de défense et de sécurité, ils leur auraient jeté des pierres et auraient également détruit et pillé trois sièges de partis politiques liés à la majorité présidentielle, à savoir le PPRD, l’Alliance des travaillistes congolais pour le développement (ATCD) et la Convention nationale congolaise (CNC).

Les autorités ont aussi signalé que des manifestants étaient à l’origine de la destruction et du pillage de nombreux bâtiments publics et autres installations. Selon les informations reçues par le BCNUDH, 28 commissariats, sous-commissariats et antennes et divers tribunaux14 ont été saccagés et brûlés par des manifestants. Aussi, 30 fusils avec munitions ont été volés, dont trois ont été récupérés pour le moment.

Que comprendre de ce rapport ?

Lorsque dans un Etat souverain, un bureau étranger se permet de mener une enquête qui contredit celle faite par le Gouvernement en place, de nombreux observateurs pensent qu’il faille craindre une chose, la préparation du peuple à un soulèvement populaire. Et ce, parce que le but inavoué pour les rédacteurs de ce rapport est d’expliquer à la population qu’elle a les autorités qu’elle ne mérite pas. Raison pour laquelle elles peuvent tout se permettre, jusqu’à tuer la population chaque fois qu’il y aura une manifestation d’une telle envergure. Soit, une très mauvaise conclusion qui ne repose sur aucune base logique !

Par rapport à cette menace, il va revenir aux autorités de Kinshasa d’ouvrir l’œil et le bon contre le travail de ce bureau qui n’est pas à sa première provocation et ne recule pas lorsqu’il faut acculer le Gouvernement de la République. Avec une communauté internationale bipolarisée et au moment où une frange de la population n’a pas pris part au dialogue sous la facilitation d’Edem Kodjo, il n’est pas interdit que ce rapport, même préliminaire, soit utilisé par les ennemis de la Rd Congo pour faire chanter le pouvoir en place à Kinshasa.

D’autres observateurs pensent que le Bureau conjoint voudrait amener la Rd Congo à se comporter un peu comme au Burundi, où non seulement le Gouvernement a enclenché le processus en vue de son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), certains services de l’ONU ont été conviés à quitter le pays. Si Scott Campbell a été déclaré persona non gratta par les autorités de Kinshasa, le message semble ne même pas arriver dans les oreilles de ceux qui se permettent de faire des rapports qui mettent en difficulté un Gouvernement établi vis-à-vis de sa population. Kinshasa ne devra pas être surpris outre mesure par ce rapport, d’autant plus que le n°1 de la Monusco ne s’est pas caché de déclarer aux Nations Unies que la situation de la Rd Congo était imprévisible. Et ce, pendant qu’il n’y avait pas péril en la demeure. C’est ici le moment de rassurer que le Gouvernement, dans ses fonctions régaliennes, ne va pas se lasser de protéger la population contre toute forme de violences. Il exige pour ce faire que l’exercice des libertés publiques ne puisse, en aucun cas, déstabiliser les bases qui fondent la Nation congolaise.

L’Avenir

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