Bientôt des pleurs et grincements de dents au Parlement: Sur 15.358 candidats à la députation nationale, seuls 500 siègeront à l’Assemblée nationale

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Le décompte électoral est en marche. Contrairement à toutes les rumeurs véhiculées souvent par les réseaux sociaux, les élections pointent déjà à l’horizon. Seuls les sceptiques durs à cuire refusent de voir. Ils s’enferment dans leur doute et fables dont ils détiennent le secret. Mais les esprits avertis sont déjà préparés à la bataille électorale du dimanche 23 décembre 2018. Un dimanche pas comme les autres dans la mesure où il peut changer le sort de millions de Congolais assoiffés du bien-être.

Les candidats à la présidentielle et aux législatives tant nationales que provinciales se préparent sérieusement. Chacun avec ses moyens.  A la présidentielle, la bataille n’est pas rude. Sur les 21 en course, seuls 2 ou 3 se battent réellement pour gagner. Les autres connaissent les vraies raisons pour lesquelles ils ont claqué chacun les 100 mille dollars Américains. Par contre à la députation nationale, la bataille s’annonce très très dure. Il y a d’un côté ceux qui remettent leur mandat en jeu et de l’autre ceux qui veulent y entrer.

L’on sait que généralement, l’électorat renouvelle près de 10% seulement de ceux qui ont siégé lors de la mandature passée. Plus de 15 mille personnes ont postulé pour 500 sièges. Tous les coups légaux sont permis pour gagner un siège. A chacun ses stratégies, méthodes, moyens et discours. Dans certaines circonscriptions électorales, une centaine de postulants doit se battre pour un ou deux sièges.  Certaines familles éclatent autour de la dispute d’un siège provincial.

Durant cette campagne qui s’achève dans trois semaines, on aura tout entendu : du message bien élaboré à du bruit inutile en passant par la danse et autres manifestations. Pour faire face au budget de campagne, certains candidats ont vendu leurs biens précieux : maisons, bijoux, voitures, terrains… sans parler de ceux qui ont contracté des emprunts dans des banques.

Les impressions des affiches, tricots, chapeaux, et autres biens à distribuer gratuitement auprès de l’électorat exigent de l’argent et beaucoup d’argent. C’est le prix à payer. Sans oublier les exigences matérielles et financières de la base qui ne fait pas la différence entre le législatif et l’exécutif.  Même si le siège ne s’obtient pas nécessairement par l’argent dépensé (beaucoup ont dépensé sans être élu). Il faut admettre que sans argent, il est difficile de porter haut son message et être voté par la base. La communication étant le centre de toute campagne, il est indiqué d’y mettre assez de moyens pour atteindre un public assez large et espérer son suffrage.  A l’heure où les médias sociaux, la télévision, la radio et la presse écrite sont en vogue, un candidat sérieux ne peut les négliger. Il doit mettre sa main à la poche pour les utiliser afin de porter haut et loin son message. Même ceux qui veulent faire du porte à porte doivent disposer de minimum d’argent pour bien le faire (l’électorat étant devenu très exigeant).

La déception  et la joie à venir

Une chose est d’avoir dépenser beaucoup pour obtenir un siège au Palais du peuple, une autre est de l’obtenir réellement. A voir les choses de plus près, la déception sera très grande pour ceux qui sont très sûrs d’eux-mêmes et qui ont investi énormément des moyens. Tout cela n’est plus loin. C’est une question des jours et semaines. Dans quatre semaines maximum, les uns vont pleurer et les autres jubiler.

Il y aura des pleurs et des grincements de dents. Plus de 14 mille candidats vont échouer. Ils vont regarder leur projet de devenir député tomber à l’eau. Beaucoup feront des crises de toutes formes. Ce sera un jour sombre pour eux. D’autres députés qui l’ont été le mandat passé vont tomber. Ce sera dur. Ils doivent alors revoir la qualité de leur vie. Réduire le train de vie en supprimant voyages et prestige pour ne s’en tenir qu’à l’essentiel. Ils devront faire face au mépris de ce même électorat qui les avait élevés.

Ceux qui ont hypothéqué des livrets parcellaires à la banque regretteront de l’avoir fait. Pendant ce temps-là, d’autres se réjouiront d’être admis dans la classe des privilégiés de la société congolaise. La fierté d’être appelés députés ou fils et filles de l’honorable. Pendant qu’on fête à gauche, on va pleurer à droite. Oui, c’est cela la vie d’une nation. Le jour de la proclamation comme à l’école. C’est pour bientôt. Soyez prêts, médecins cardiologues, vos cabinets recevront pleins de clients à l’instar des imprimeurs qui se la coulent douce en ce moment.

 

Muntu Bualu

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