Benoît Kisuki : « C’est la capacité congolaise à maintenir nos forêts qui permettra aux partenaires de nous regarder autrement»

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A Marrakech au Maroc pour la COP22
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A Marrakech au Maroc pour la COP22, la Rdc n’est pas absente. Dans un salon de presque 4/3m vide, un écran plasma, quelques affiches en papier et chaises en fer, le kiosque du 2ème poumon mondial ne s’affiche pas à sa taille et à son ampleur par rapport aux autres. Benoit Kisuki, chargé de suivi des conventions internationales au sein de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICNN) a accepté de répondre à nos questions sur l’image de la Rdc dans cette conférence sur le climat. Peut-être que la Rd Congo, déjà minée par des problèmes politiques, n’a trouvé mieux que de jouer à l’équilibrisme. Pour un Gouvernement qui gère les affaires courantes, il était difficile de rêver à une délégation étoffée et bien élaborée.

 

Vous avez exposé aujourd’hui à la COP22, peut-on avoir le contenu de votre intervention ?

Mon intervention a tourné sur « le rôle stratégique des aires protégés  et le changement climatique. La problématique est l’enjeu en République démocratique du Congo ». Nous avons commencé par donner le contexte dans lequel nous évoluons dans le pays, notamment quelques mauvais indicatifs sur la démographie, la population, sa densité, l’indice de pauvreté, l’indice de chômage au niveau du pays.

Nous avons aussi évoqué les données macro-économiques qui se résument par le fait que la Rdc est un pays à faible revenu, mais avec un taux de chômage un peu plus élevé. Sans oublier les données écologiques importantes que nous brandissons dans cette COP ici avec les grandes diversités biologiques. Il est aujourd’hui approuvé que la diversité des espaces à protéger participe à la stabilité de l’écosystème. Or, on ne peut pas parler de changement climatique sans être capable de protéger l’écosystème. Nous étions en train de rappeler qu’au moins en Rdc, nous avons le deuxième poumon de la terre. Et à nous seuls, nous couvrons 62% de la forêt du bassin du Congo. Donc les forêts de la Rdc constituent un enjeu majeur pour le changement climatique. Après, nous avons parlé du rôle des aires protégées. Ici, l’attention a été mise sur les airs protégés avec des forêts qui peuvent rassurer la séquestration de carbone avec un résultat garantie au niveau international. Actuellement, les forêts qui sont couvertes par les aires protégés sont autour de 19.5 millions d’hectares qui réservent 3,2 gigatonnes de Co2. Donc, si nous essayons d’extrapoler avec la volonté politique  et si nous orientons les efforts vers le milieu humide forestier, nous pouvons arriver à couvrir autour de 40 millions d’hectare allant vers 30 millions de forêt. Si nous extrapolons sur la séquestration dans la superficie à venir, rien que pour les aires protégés, nous serons capables de séquestrer autour de 20 gigatonnes de Co2. Et ça, c’est une quantité garantie qui pourrait être déclarée au niveau international. Et il y a très peu de perturbation des écosystèmes.

La démographie congolaise en expansion, peut-elle être un frein ?

Nous sommes plus de 80 million d’habitants avec un taux de croissance de 3,1% par an. Imaginez-vous d’ici 2050, ce qui sera la population congolaise ! Et cette même population va utiliser le même espace. Le deuxième défi, c’est la superposition des exploitations des espaces naturels au pays : les carrés miniers, le bassin pétrolier, l’exploitation des forêts, … visiblement le pays manque un plan d’aménagement qui permet d’orienter les exploitations sans gêner certaines utilisations contre les autres.

Certaines langues pensent que dans ces genres d’assises, la Rdc ne fait pas vraiment entendre sa voix pour mériter sa place ?

Tout le monde sait que la Rdc est le deuxième poumon du monde. La vraie question est sur le travail interne pour garantir la conservation de ces forêts-là. Ceux qui financent ont besoin que la Rdc garantisse qu’elle a une telle superficie de forêt, la protège et qui ne sera pas détruite jusqu’à une période. Et c’est ce service éco-systémique-là que les partenaires internationaux doivent payer au niveau de la Rdc. Si nous n’avons pris des mesures drastiques pour interdire par exemple les exploitations minières et agricultures dans les aires protégés, donc toute activité humaine de nature à détruire les aires protégés, si l’état devient sévère dans l’application des lois… nous sommes  en mesure de convaincre les instances internationales. Bref, c’est la capacité que nous avons à maintenir nos forêts au service de l’humanité qui permettra aux partenaires de nous regarder autrement.

En venant ici, qu’attendez-vous après cette COP22 ?

Nous sommes dans un cadre de réflexion par rapport aux engagements des Etats dans la mise en œuvre des accords de Paris. Nous nous sommes tous mis d’accord à Paris de réduire le taux de l’élévation de température en dessous de 2°. Il a été demandé aux Etats au niveau national de réfléchir sur la contribution pour cette réduction que ça ne soit pas seulement l’affaire des pays développés. Et tous les pays présents ici présentent leurs efforts déployés pour participer à cette réduction. De deux, il y a la problématique de financement. C’est vrai l’accord de Paris a prévu le fond vert ou le fond climat, mais aujourd’hui il est question de voir quel est les efforts que des Etats devraient donner comme garantie pour pouvoir atteindre le résultat présenté au niveau national. Et c’est ce débat là que nous sommes venus faire ici. Tout le monde saura le contenu de notre contribution, nous aurons à présenter les preuves de notre bonne volonté dans le document stratégique de la Rdc et au même moment nous aurons aussi les recommandations des autres pays par rapport à nos ambitions.

En deux mots, que comprenez-vous par COP de l’action ?

COP de l’action veut dire, nous avons quitté les réflexions, nous nous sommes mis d’accord sur la température qui doit diminuer. Il faut maintenant des actions sur terrain. Il faut des actions pour l’atténuation du climat, des actions pour l’adaptation … nous amenons des projets concrets pour des résultats concrets avec un impact concret sur le climat.

Pour M. Robert Bopolo, ministre de l’Environnement et développement durable  qui a dernièrement animé un point de presse à Kinshasa, sur les enjeux de la participation de la Rdc à la 22ème session de la Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 22), à Marrakech, les principaux enjeux consisteront à “l’innovation en matière d’adaptation et d’atténuation aux effets des changements climatiques”, et “au développement des outils et mécanismes d’opérationnalisation de l’Accord de Paris, notamment un plan d’action et une feuille de route pour la mobilisation de 100 milliards de dollars américains pour la période d’avant 2020, dit-il. Et d’ajouter que les enjeux de la 22ème session de la Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et de la 12ème session de la Conférence des Parties servant de réunion des Parties au Protocole de Kyoto (COP22/MOP12) consiste également à renforcer l’ambition d’ici 2020, il sera l’occasion pour: donner un contenu plus étoffé à la définition des outils nécessaires en vue de garantir l’efficacité et la transparence des Mesures, Notifications et Vérifications, ainsi que le renforcement des mécanismes de suivi ; clarifier davantage le dispositif institutionnel de l’adaptation sous la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques.

(Onassis Mutombo)

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