Beni : la Monusco appelle à la mobilisation des communautés

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La conférence de presse hebdomadaire de la Monusco a gravité, hier mercredi, autour de la situation de récentes tueries à Beni, au Nord-Kivu. Laquelle situation faisant état de massacre à grande échelle, perpétré le 13 août dernier contre les populations civiles par de présumés éléments du groupe rebelle ougandais ADF, dans les localités de Rwangoma (six kilomètres au Sud-Est de Beni), Mbelu et Kisanga, situées dans la région de Beni.

Selon les informations recueillies au cours de cette conférence de presse, le bilan provisoire qui avait été rapporté par la Monusco le 14 août courant a été de trente et un (31) corps trouvés dans la morgue de Beni et de cinq (5) autres victimes enterrées sur le lieu du massacre. Le nombre de victimes aurait augmenté jusqu’à franchir la barre de la cinquantaine. Les victimes revenaient pour la plupart de leurs champs, avant d’être capturés et tués par les assaillants.

Selon la mission onusienne, cet incident a provoqué le déplacement des populations civiles, à partir de la région de Beni et d’Erengeti, vers les localités de Luna, Ndalia et Idohu. Des centaines d’autres déplacés ont été signalés à Beni-centre, indique la même source.

Ainsi, le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et coordonnateur humanitaire, Dr Mamadou Diallo, a été, hier, l’invité principal de la conférence de presse onusienne. Il expliqué certains points-clés concernant la Journée mondiale de l’aide humanitaire célébrée le 19 août de chaque année.

Dans ses réponses données aux questions des journalistes, il a indiqué que l’architecture de la défense et de la sécurité au Congo est d’abord l’œuvre, l’action et le mandat des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC) et d’autres structures de sécurité du pays. Cette architecture, a-t-il insisté, doit-être mobilisée pour pouvoir s’attaquer durablement à ces groupes armés dont l’action est néfaste pour la sécurité, la vie et la quiétude des populations congolaises.

« On ne devrait pas seulement accepter qu’un groupe armé continue d’opérer dans ces zones-là, alors que l’engagement du Gouvernement de la Rdc à travers ses Forces armées et de sécurité, l’engagement de la Communauté internationale à travers la Monusco, sont réaffirmés pour pouvoir faire ce travail », a-t-il déclaré.

Le docteur Mamadou Diallo a indiqué qu’au plan politique et stratégique tous les efforts qui sont actuellement en cours, visent à mettre la pression militaire sur ces groupes armés, pour les neutraliser. « Il va sans dire que l’action de l’opération conjointe « Usalama » et de l’opération « Sukola » a abouti à une pression militaire accrue sur ces groupes armés, et nous sommes entrain de voir les résultats. Parce que, pour pouvoir détourner l’attention et faire face à cette pression, les ADF et les autres groupes armés sont entrain de commettre des atrocités sur la population civile », a-t-il indiqué.

Aussi croit-il que ceci ne devrait en aucune façon détourner l’attention de la mobilisation des Fardc et la Force de la Monusco, et réduire les retentions de poursuivre les opérations « Usalama » et « Sukola ». Il faut plutôt intensifier ces opérations, mobiliser les communautés congolaises dans les territoires de Beni et Lubero, mobiliser la société civile « afin que tous ensemble, l’on apporte une réponse multiforme à cette question », renchérit le représentant spécial adjoint de Ban Ki-Moon en Rdc. Pour lui, il n’est pas que la réponse à cette question des groupes armés à l’Est soit l’action d’une opération militaire. C’est aussi une action communautaire d’engagement avec les communautés, d’alerte, d’éveil « afin que tous ensemble nous puissions identifier quelles sont les motivations de ces groupes, quels sont les hommes et les femmes qui animent ces groupes, comment est-ce que nous pouvons travailler pour réduire la capacité de recrutement, réduire les capacités militaires. Et enfin, offrir une piste à ceux et celles qui pensent qu’ils ont une autre façon de pouvoir faire les revendications, de se joindre au processus de démobilisation piloté par le Gouvernement de la République, afin de pouvoir retourner à la vie civile et de pouvoir utiliser leurs énergies afin de faire autre chose qu’à ruiner la sécurité, la paix et la quiétude de leurs concitoyens ».

Des combats asymétriques

Il a par ailleurs ramené le débat sur la stratégie militaire dans le cas de conflits asymétriques comme celui dont les Fardc et la force de la Monusco sont entrain de livrer contre les groupes armés. « Ce groupement s’apparente beaucoup plus à des bandes de guérilla qu’à des formations militaires constituées et identifiables. Dans un contexte comme celui-ci, la configuration des Fardc et de certaines unités de la Force de la Monusco peuvent ou ne pas être la réponse adéquate dans le cadre de ce combat asymétrique », a déclaré M. Mamadou Diallo.

Pour sa part, M. Théophane Kinda de la direction de l’information publique de la Monusco a également souligné que la Monusco n’est pas dépassée par les événements. Et il n’est pas correct de l’affirmer, a-t-il répondu à une question lui posée. « Nous avons en face un ennemi qui est très mobile. Qui change des tactiques. Et il faut que nous nous adaptions par rapport à ces tactiques… Donc, on s’adapte, on essaie de faire en sorte qu’on puisse lutter et intervenir ».

La Monusco et les Fardc décidés à intensifier la traque des Adf

De son côté, le commandant de la Force de la Monusco, le lieutenant général Mgwebi, a affirmé que quelque soit le lieu où les éléments Adf se rendent, les casques bleus en tant que force, en appui aux Fardc, essayent de les traquer, de les déloger de leur bastion. « Déjà la semaine dernière, dans la zone dite triangle de la mort, nous avons mené des actions d’envergure, où nous avons délogé des éléments Adf, de même, des actions ont été menées ailleurs dans la région, et nous allons poursuivre ces actions en appui aux Fardc », a-t-il dit.

Ce soldat sud-africain a félicité la coopération entre la Force de la Monusco et les Fardc. Cette collaboration, confirme-t-il, existe sur le terrain et les résultats sont produits. Les Fardc ont mobilisé dans le territoire de Beni, des forces spéciales et des pelotons pour traquer le groupe terroriste Adf. Et face à ce déploiement de la force de la Monusco et des Fardc, a-t-il poursuivi son explication, les Adf ont adopté une position de mobilité. Et cette mobilité se traduit par le fait qu’ils changent des positions et dans cet exercice, ils s’en prennent aux populations civiles sans défense.

Le lieutenant général Mgwebi a fait savoir que dans le territoire de Beni, la Force de la Monusco envisage de mettre sur place une approche intégrée qu’impliquerait les organisations de la Société civile afin d’analyser et de comprendre les chaines de recrutement, l’appui logistique qui est apporté à ce groupe terroriste des Adf, en vue de trouver une solution définitive dans la question Adf.

Il est assez difficile d’identifier les éléments appartenant à ce groupe, l’on ne saurait exactement si ce sont des éléments djihadistes ou alors des terroristes qui ont été formés de façon spontanée. Il y a des éléments qui viennent de l’extérieur, et d’autres appartiennent au territoire.

En termes d’identification des personnes qui ont été tuées, il y a entre autres des musulmans. La question d’identification est assez difficile à résoudre.

(Lepetit Baende)

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