BCC : Le taux directeur passe de 2 à 7%

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Deogratias Mutomnbo, Gouverneur de la BCC
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De la Banque centrale du Congo (BCC), il nous revient que le Comité de politique monétaire (CPM) a, eu égard à l’accélération du rythme de formation des prix intérieurs sur le marché des biens et services et à l’accentuation des tensions sur le marché des changes, décidé de modifier le dispositif de la politique monétaire en augmentant le taux directeur de 5 points de pourcentage. Ce dernier passe de 2  à 7 %. Avec cette hausse, la BCC entend limiter la demande de liquidités des banques commerciales et ainsi d’éviter une trop forte inflation. Ce taux directeur a aussi une influence sur les taux de change d’une monnaie, la demande pour une monnaie sur le marché des changes (Forex), et donc la valeur de cette monnaie par rapport aux autres, variant au gré du niveau des taux directeurs.

Depuis le mercredi 28 septembre 2016, la Banque centrale du Congo (BCC) s’est dotée d’un nouveau taux directeur, après plusieurs années de maintient. Ce taux passe de 2 à 7%. Il a été arrêté à l’issue d’une réunion du Comité de politique monétaire (CPM) du 28 septembre 2016, présidée par Deogratias Mutombo, Gouverneur de cette Institution. Selon les doctrinaires, les taux directeurs sont les taux d’intérêt fixés par une Banque centrale (d’un pays ou d’une union monétaire), taux auxquels cette banque centrale accorde des crédits à court terme aux banques commerciales.

Soulignons que les taux directeurs sont pour les Banques centrales des instruments de régulation économique au service de leurs politiques monétaires, dont les objectifs sont toujours d’une part de limiter l’inflation, et d’autre part de favoriser la croissance économique. Un crédit obtenu par une banque commerciale par refinancement avec un taux d’intérêt (taux de refinancement) peu élevé, permettra à cette banque d’accorder à son tour des crédits (augmentés certes d’une certaine marge) peu onéreux aux entreprises et aux particuliers : l’activité économique et la croissance s’en trouveront favorisés.

A l’inverse, une hausse des taux directeurs aura pour objectif de limiter la demande de liquidités des banques et ainsi d’éviter une trop forte inflation. Les taux directeurs fixés par les Banques centrales ont aussi une influence sur les taux de change d’une monnaie, la demande pour une monnaie sur le marché des changes (Forex), et donc la valeur de cette monnaie par rapport aux autres, variant au gré du niveau des taux directeurs.

Frilosité de la croissance

A l’occasion, le Comité a analysé les développements économiques récents aux plans extérieur et intérieur et les facteurs de risques y associés à court terme.  Au plan extérieur, il se dégage que les développements économiques restent dominés par la frilosité de la croissance mondiale. A un trimestre de la fin de l’année, la problématique de la relance de la croissance mondiale se pose avec acuité au niveau des Etats et des Institutions financières internationales dont un engagement plus poussé est requis. De ce point de vue, le Comité de Politique Monétaire, eu égard à la faiblesse de l’écart de production à l’échelle mondiale, a encouragé toute initiative des Pouvoirs Publics et des banques centrales visant le redressement de la croissance économique et la productivité au travers notamment des politiques ambitieuses axées sur l’offre et la demande. A cet effet, les décisions récentes de politique monétaire des banques centrales des économies avancées méritent d’être saluées et soutenues par des actions des Gouvernements aussi bien budgétaire, fiscale que sectorielle.

Dans le même chapitre, le CPM a soutenu les résolutions du Forum sur la Révolution verte africaine (AGRF) tenu à Nairobi au Kenya soulignant la nécessité de réglementer les politiques agricoles et encourager la création des entreprises de transformation et de fabrication de produits alimentaires du secteur privé dans les zones rurales. En effet, dans un contexte de choc exogène, des approches ambitieuses, comme celle-ci, devraient favoriser le développement de la demande intérieure et asseoir une croissance économique plus inclusive.

S’agissant des cours de matières premières intéressant l’économie nationale, il y a lieu de noter que le cours du cuivre au mois de septembre 2016 a enregistré une hausse de 4,5 % par rapport à son niveau de fin août alors que celui du pétrole a reculé de 0,3 % pour la même période.

La croissance économique, sur la base des données de production à fin juin 2016, est estimée à 4,3 % en 2016 contre 6,9 % en 2015. Du point de vue de l’offre, cette croissance resterait soutenue par la contribution du secteur tertiaire qui se situerait à 2,6 points contre 3,5 points en 2015, grâce au dynamisme observé dans la branche « Transports et télécommunications » avec 1,2 point de contribution. Quant à l’approche par la demande globale, il y a lieu d’indiquer des contributions de 3,7 points et 0,6 point respectivement pour la demande intérieure et la demande extérieure nette. Dans la même veine, le solde brut des chefs d’entreprises s’est affiché à -4,8 % au mois de septembre contre -1,9 % un mois plus tôt.

Sur le marché des biens et services, l’inflation se situerait au mois de septembre à 0,580 % contre 0,570 % un mois avant, portant le cumul annuel à 2,999 %. En annualisé, le taux d’inflation se situerait à 4,127 % et en glissement annuel à 3,319 %contre un objectif de 4,2 % à fin décembre 2016.

En ce qui concerne les finances publiques, au mois de septembre 2016, l’exécution du plan de trésorerie du secteur public, intégrant l’amortissement de la dette, se clôturerait par un déficit de 117,9 milliards de CDF. En cumul annuel, la situation financière de l’Etat afficherait un déficit de 363,8 milliards de CDF.

Franc congolais : des dépréciations de 1,6 % et 4,8 %

Sur le marché des changes, une poursuite des pressions a été notée. En effet, les taux de change indicatif et parallèle moyen ont enregistré, d’un mois à l’autre, des dépréciations de 1,6 % et 4,8 %, se situant respectivement à 1.040, 96 CDF le dollar américain et 1.137,47 CDF. S’agissant des réserves de change, elles se sont chiffrées à 996,21 millions de USD correspondant à 4,40 semaines d’importations des biens et services.

S’agissant du secteur monétaire, la base monétaire a atteint 1.356,94 milliards de CDF, soit une augmentation de 93,29 milliards par rapport à fin décembre 2015. Cette progression de l’offre de la monnaie centrale résulte de la hausse des Avoirs intérieurs nets de 464,77 milliards de CDF sur fond d’une baisse des Avoirs extérieurs nets de 371,48 milliards.

Pour ce qui est du marché monétaire, les transactions sur le marché interbancaire se sont dénouées au taux de 1,7 % contre 1,59 % un mois plus tôt. Quant au marché en banque, il n’a enregistré aucune opération au cours du mois sous revue. S’agissant des conditions monétaires, il sied de noter que le taux directeur s’est situé à 2,0 %, soit une marge négative de 1,31 point par rapport au niveau de l’inflation en glissement annuel. En dépit de cette situation, l’instrument Bon BCC reste attrayant, son encours se situe à 17,0 milliards de CDF. Pour ce qui est des taux débiteurs des banques commerciales, ils restent plafonnés autour de 19 % en monnaie nationale et 14 % en devises.

S’agissant des coefficients de la réserve obligatoire, ils sont maintenus respectivement à 10 % et 9 % pour les dépôts en devises à vue et à terme ainsi qu’à 2 % et 0 % pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme. Quant à la régulation de la liquidité, elle va se poursuivre via l’adjudication du Bon BCC.

(Jean-Marie Nkambua)

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