BCC: Le comité politique monétaire maintient son dispositif actuel inchangé

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Au cours de sa septième réunion, la réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) présidée le 05 juillet dernier par Déogratias Mutombo, Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), a analysé l’évolution récente de la conjoncture économique tant au niveau intérieur et qu’extérieur ainsi que les perspectives à venir et échangé sur le dispositif de politique monétaire approprié à cette situation.

Dans un communiqué rendu public à cet effet, le CPM constate qu’au plan extérieur, les perspectives de l’économie mondiale publiées par le Fonds Monétaire international (FMI) au mois de juillet dernier, indiquent une baisse de la croissance mondiale à 3,1 % en 2016 après un taux de 3,2 % projeté en avril dernier. Cette situation résulte principalement de l’accentuation des incertitudes économiques et politiques lesquelles ont été alimentées par le résultat du référendum du Royaume- Uni du mois de juin, qui a consacré sa sortie de l’Union européenne, Brexit.

Dans les économies avancées, poursuit le même document, la croissance devrait s’établir à 1,8 % en 2016 et en 2017 contre 1,9 % en 2015. Dans les pays émergents et en développement, la croissance devrait se situer à 4,1 % en 2016, en raison de l’amélioration des perspectives à court terme dans certains pays, en l’occurrence la Chine, grâce notamment aux mesures d’accompagnement des Autorités, Pour ce qui est de l’Afrique Subsaharienne, la croissance devrait faiblir à 1,6 % en 2016, soit la moitié du niveau réalisé en 2015 de 3,3 %, à la suite de la contraction de l’activité dans les grandes économies sur fond de la faiblesse des cours de matières premières qui impactent négativement les recettes publiques.

S’agissant des facteurs de risque pesant sur les perspectives économiques mondiales, hormis le choc du Brexit, il y a lieu de souligner notamment la persistance des effets de la crise financière dans le système bancaire européen, les turbulences sur les marchés financiers et  l’aversion pour les risques.

En outre, le CPM a analysé l’évolution des cours de matières premières intéressant l’économie nationale, il en ressort que le cours du cuivre a enregistré une progression de 1,8 %, s’établissant à 4.869,00 USD le dollar américain contre un reflux de 13,0 % pour celui du pétrole qui s’affiche à 43,02 dollars le baril. Ce niveau correspond quasiment à la moyenne de 43,0 dollars le baril attendue par la Banque mondiale en 2016, laquelle est soutenue par les ruptures des approvisionnements et une forte demande au deuxième trimestre.

Le mois de juillet a connu une stabilité relative du Franc congolais

Au plan intérieur, la tendance baissière de l’activité économique en Rdc devrait se poursuivre en 2016 comme attesté par les estimations de la croissance économique, sur base des réalisations de production à fin mars 2016, qui la situent à 5,3 % contre 6,9 % en 2015. S’agissant de l’opinion des chefs d’entreprises sur l’évolution de la conjoncture à court terme, il importe d’indiquer que le mois de juillet s’est inscrit également sur la même tendance que les autres mois de l’année. En effet, après une moyenne négative de 3,5 % au premier semestre 2016, le solde du baromètre est ressorti à – 1,8 % au mois de juillet 2016.

Sur le marché des biens et services, les tensions observées sur ce marché à la suite de la dépréciation du Franc congolais face au dollar américain ont été exacerbées par la décision de la suspension des importations du ciment gris en Rdc. A cet effet, le taux d’inflation mensuelle est passé de 0,486 % au mois de juin à 0,564 % en juillet, portant ainsi le cumul annuel à 1,682 % contre 0,390 % à la période correspondante de 2015. En glissement annuel, l’inflation se situe à 2,128 % contre un objectif de 4,2 % à fin décembre 2016.

Sur le plan des finances publiques, à fin juillet 2016, l’exécution du plan de trésorerie du secteur public, en ce compris l’amortissement de la dette, affiche un déficit de 51,96 milliards de CDF. En cumul annuel, la situation financière de l’Etat est déficitaire de 257,18 milliards de CDF, niveau largement supérieur au déficit cumulé attendu à fin juillet de 49,096 milliards.

Sur le marché des changes, le mois de juillet a connu une stabilité relative du Franc congolais avec une prédisposition à la dépréciation après l’épisode de forte dépréciation observé au mois de juin dernier. Le taux de change s’est établi à 997,17 CDF le dollar américain à l’indicatif et à 1.065,87 CDF au parallèle moyen, soit de dépréciations respectives de 1,3 % et 3,2 % contre des dépréciations de 3 % et 4,4 % entre fin mai et fin juin 2016. S’agissant des réserves de change, elles se sont chiffrées à 1.031,85 millions de USD contre 1.091,48 millions, un mois plus tôt, à la suite des effets de la détérioration de la balance des paiements.

Sur le secteur monétaire, la base monétaire s’est contractée de 43,9 milliards par rapport à fin décembre 2016 tenant à la baisse des Avoirs Extérieurs Nets de 406,8 milliards de CDF mais augmentée par les Avoirs intérieurs nets de 362,88 milliards de CDF dont un montant de 290,20 milliards dégagé par le Crédit Net à l’Etat.

Pour ce qui est du marché interbancaire, il est demeuré dynamique avec des opérations qui se sont dénouées au taux moyen pondéré de 1,7 %. S’agissant du Bon BCC, il a Injecté, d’un mois à l’autre, 28,0 milliards de CDF ; son encours étant passé à 22,0 milliards de CDF. S’agissant des conditions financières, il sied de souligner que le taux directeur réel a dégagé une marge négative à fin juin, à la suite de la hausse de l’inflation. Quant au taux débiteur des banques, il reste plafonné autour de 19,0 % pour la monnaie nationale et 14,0 % en devises.

Eu égard à ce qui précède, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangé le dispositif actuel de sa politique monétaire. Ainsi, le taux directeur est maintenu à 2 %, les coefficients de la réserve obligatoire sont fixés respectivement à 10 % et 9 % pour les dépôts en devises à vue et à terme, et à 2 % et 0 % pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme. Quant à la régulation de la liquidité, elle se poursuivra via le Bon BCC.

(Jean-Marie Nkambua)

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