Bas-Congo: La Réserve de biosphère de Luki en voie de disparition

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En son temps, le site Internet Sifya Grands Lacs tirait déjà la sonnette d’alarme sur la disparition de la Réserve de biosphère de Luki, l’une des deux seules zones de forêt primaire de la province du Bas-Congo, exploitée par les riverains pour son bois et ses animaux. Cette réserve perdait rapidement sa grande biodiversité qui fait sa spécificité. L’Unesco menaçait déjà de la rayer de la liste des aires protégées, si rien n’est fait pour assurer sa protection. Ci-dessous, la substance du récit proposé par le confrère Dieudonné Muaka.

La Réserve de biosphère de Luki située à 140 km de la ville de Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo, se dégrade peu à peu, perdant ainsi sa grande diversité d’espèces. Depuis plusieurs années aujourd’hui, elle subit une déforestation accélérée qui résulte du commerce du charbon et de la collecte de bois de chauffe.

Cité par le confrère, le chef de programme du Fonds mondial pour la nature au Bas-Congo, M. Laurent Nsenga avait indiqué qu’une cinquantaine de villages, installés à proximité de la réserve, exercent sur celle-ci une intense pression. A côté de l’agriculture de subsistance, le commerce de viande de brousse qui prospère dans la province encourage le braconnage à grande échelle. De nombreux scieurs de long s’y sont établis et exploitent abusivement les bois sous le regard passif des gestionnaires de la réserve, avait-il affirmé.

En 2012, une importante cargaison de bois a été saisie dans la zone centrale de la réserve. Arrêté et mis à la disposition de la justice, le propriétaire, ancien cadre de la réserve converti en scieur, avait été relâché non sans récupérer sa marchandise à la stupéfaction générale.

Menaces d’exclusion par l’Unesco, le gouvernement interpellé

C’est inimaginable ! Ils coupent du bois en toute quiétude et parfois sans tenir compte de l’âge des arbres comme si cette réserve était comparable à une porcherie sans maître“, s’inquiétait un paysan de Mangala, agglomération proche de ce site. Les travailleurs, frustrés, ont été formels : si rien n’est fait, leur paysage se transformera dans quelques années en une zone de forêt secondaire, juste bonne pour l’agriculture vivrière. Comme commençaient déjà de le faire certains villages établis dans les zones protégées.

Pourtant, depuis plus de quatre ans, les responsables de l’Unesco brandissaient la menace de rayer de la liste des aires protégées, la Réserve de biosphère de Luki, si le gouvernement congolais ne prend pas de mesures nécessaires pour assurer sa survie. La réserve de Luki, ont-ils fait remarquer, « ne répond plus, à l’état où elle se trouve, aux normes de l’Unesco qui exigent la protection sans faille de sa biodiversité ». Ils promettaient d’ailleurs qu’en fin 2014, si rien n’est fait pour améliorer et renforcer son système sécuritaire, elle sera d’office virée.

La réserve de Luki reconnue depuis 1979

Domaine boisé de l’Etat créé en 1937, la réserve de biosphère de Luki est l’une des deux seules zones de forêt primaire restantes dans la province du Bas-Congo. Elle a été reconnue comme aire protégée par l’Unesco en 1979. Elle couvre une superficie totale de 33 000 hectares. Relique de la forêt du Mayumbe unique en son genre, la réserve de Luki est aussi intégrée dans un processus transnational qui rassemble la RDC, l’Angola et le Congo/Brazzaville.

En 2011, l’Organisation des Nations Unies pour la protection de l’environnement y avait dépêché ses émissaires pour faire un état de lieux. Dans leur rapport, les experts recommandaient au comité national MAB (Man and the biosphere)/Rdc d’installer au plus vite « des cameras et des vidéothèques de sécurité dans cette réserve compte tenu de l’immensité de ses étendues ». Mais depuis lors, rien n’est encore fait jusqu’à présent.

Nombre d’espèces réduit de moitié

Après les zones tampon et de transition de la Réserve où presque tous les bois précieux tels que les “limbas plantains” sont sauvagement sciés, leurs destructeurs au nombre desquels les paysans des villages environnants, s’attaquent depuis les dernières années à sa zone centrale très riche en “tola”. Damien Nlandu Panzu, responsable chargé des travaux forestiers et cartographe de la Réserve regrettait que « de 1 052 espèces floristiques et près d’une soixantaine d’espèces fauniques qu’elle comptait jadis, il n’en reste plus que près de la moitié pour chacune d’elles ».

Laurent Nsenga de WWF avait préconisé la création de barrières notamment à Kai-Kalunga à l’entrée et au village Monzi, à la sortie de la Réserve. « Chacune disposera des certificats qu’elle aura à délivrer à tout véhicule transportant du charbon ou de bois afin d’attester leur provenance », suggérait-il.

(Lepetit Baende)

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