Banque de l’ombre et titrisation, le cynisme des financiers pour les pays pauvres !

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Une fois de plus, il faut le redire, les pays dits « développés » ne sont devenus riches et industrialisés que parce qu’ils ont pillé les ressources naturelles, humaines et financières des pays dits en « développement », cela depuis des siècles et plus particulièrement depuis un demi-siècle, justement depuis que le Club de Paris existe. Depuis que la dette illégitime, la corruption et les assassinats des leaders nationalistes ont remplacé les armées coloniales d’occupation. Il fallait amplifier le vol des richesses des pays nouvellement indépendants, pour faire advenir la société de conso-gaspillage et ainsi développer les profits de ses capitaines, indique le CADTM dans son dernier numéro.

Pour que les pays en « développement » rattrapent les pays « développés », il faudrait qu’ils réussissent, à leur tour, à piller les pays industrialisés et d’autres pays en développement, ce que la Chine réussi très bien à faire, malheureusement pour la planète. Le réflexe protectionniste de Trump peut être analysé comme un acte anti-pillage. La compétitivité et le libre-échangisme, prônés en permanence par l’ultralibéralisme, montrent là leurs limites. La liberté n’est bonne que si elle profite au plus fort. Ce n’est pas avec le « shadow banking » et la titrisation, qui rapporteront des profits essentiellement aux grands détenteurs de capitaux, associés aux bourgeoisies complices du Sud, que les pays en « développement » pourront aller vers une société égalitaire, apportant une vie digne à leurs citoyens, respectueuse de l’environnement et de notre futur à tous. Futur que les pays en développement n’ont pas compromis : l’Afrique, avec près du quart de la population mondiale, a émis moins de 5 % des gaz à effet de serre. Alors que les grands actionnaires européens puis étasuniens, les autres ensuite, poussent à grands feux la planète de tous dans une dynamique d’effondrement.

Si l’État chinois réussi à créer une économie industrialisée et développée, c’est dans un système de compétition et d’exploitation féroce, insoutenable, destructeur du climat et de l’environnement. Il pille et pillera encore plus que nous l’avons fait, si c’est possible, son territoire (extraction hyper polluante des terres rares) et celui des pays en « développement » pour continuer sur une trajectoire hypothéquant gravement notre futur à tous. Cela en imitant et dépassant les occidentaux avec leurs armes, celles du capitalisme ultralibéral associées à celles de la dictature.

Quant à la durabilité, inscrite dans le titre même des fameux ODD, on peut en douter face à l’accélération du réchauffement climatique, au déclin massif de la biodiversité, aux désastres environnementaux en augmentation, à la faim sans fin et à la croissance des inégalités… “Si nous ne réussissons pas à brider la finance qui ravage le monde […] tout ce que l’on pourra faire ou proposer ne sera au mieux qu’une danse pseudo chamanique autour de l’immense volcan attisé par le grand capital”

Il faut refuser la novlangue avec ses oxymores à répétition, genre développement durable, croissance verte, etc., qui emmènent l’humanité directement dans le four des +5°C. Ce n’est pas en endettant les pays en « développement » avec de la titrisation et du « shadow banking » comme prétendent le faire la BM et le FMI, que des solutions, aux urgences climatiques, environnementales et sociales de ces pays, seront trouvées. C’est plutôt en leur rendant ce que les détenteurs de capitaux et les consommateurs du Nord leur ont pris, en réparant les dégâts environnementaux et en reconstruisant une véritable égalité face aux défis climatiques actuels et à venir. Si nous ne réussissons pas à brider la finance qui ravage le monde, à la mettre au service de l’ensemble des terriens et d’un futur vivable, tout ce que l’on pourra faire ou proposer ne sera au mieux qu’une danse pseudo chamanique autour de l’immense volcan attisé par le grand capital.

Dans nos écrits et nos paroles, indique le même magazine, il serait important de remplacer le mot développement par celui de renouvellement. Un milliard de nos cellules se renouvelle chaque jour, une fois adulte, physiquement nous ne nous développons pas. De même la forêt se renouvelle, si elle se développait elle nous étoufferait. Elle est autonome et nous procure de grands bienfaits comme la régulation des pluies et du climat, l’oxygène, le captage du CO2, le maintien de la biodiversité et beaucoup plus encore. Ce que nous développons ce sont : des forêts artificielles, à la place des forêts naturelles que nous avons coupées, ne nous apportant aucun des bienfaits cités, l’agrandissement des trous de mines, le vidage des puits de pétrole et des poissons de la mer, la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère, etc. Le « développement durable » sera notre tombe éternelle si nous ne sortons pas très rapidement de la croissance économique, de ses dettes et de ses désastres. Le renouvellement, permettant aux générations futures d’exister, est encore possible avec une décroissance matérielle très forte des populations et pays les plus riches, associées à une décroissance des inégalités à l’échelle planétaire.

JMNK

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