Bandundu: Des tracasseries intempestives sur la nationale n°1 désarticulent l’économie nationale

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Un voyageur en provenance du Bandundu profond a eu le courage de dénoncer le calvaire qu’ils ont vécu, lui et ses compagnons d’infortune, lors de leur récent voyage à Kinshasa par camion sur la nationale n°1.

Cette route entièrement asphaltée est malheureusement truffée de barrages, points de contrôle et de péage intempestifs.

 

« A Kasaï, bourgade située à moins de 80 kms de Masi-Manimba, chaque passager ayant pris place à bord du camion était sommé de débourser 500fc, 1.250 FC par sac de d’arachide,1.700 FC par sac de maïs et 1.350 FC par sac de cossette de manioc. Le tronçon reliant les bourgades Kasaï dans le territoire de Masi-Manimba et Kinshasa en passant par Masamuna, Kenge, Mongata, Mbankana, Bukanga Lonzo… »

Le scénario s’est répété à Masamuna, à Mbakana. Cela se serait même reproduit à Kenge si les voyageurs n’avaient pas crié au scandale et manifesté leur ras-le-bol. Au point de péage officiel, le transporteur se rabat sur ses passagers et leur demande de se cotiser pour participer aux frais exigés. Il prend soin, après qu’il ait rassemblé le magot, de payer la note. Les petits commerçants ambulants déboursent en fin de compte beaucoup d’argent pour le transport de leurs produits et par conséquent sont obligés de hausser les prix à Kinshasa afin de ne pas travailler à perte. Surtout qu’une fois arrivés à destination (Kinshasa), ils ne sont pas au bout de leur peine parce que le camionneur coupe à la source, la moitié du prix de vente de chaque denrée transportée.

Les petits commerçants étouffés

Les petits débrouillards qui prennent beaucoup de risques pour acheter auprès des agriculteurs les récoltes de champs ne savent pas à quel prix ils doivent les revendre auprès des consommateurs étant donné que le bénéfice est absorbé par le coût excessif du transport ainsi que la multitude des taxes qu’ils payent aux divers points de contrôle et donc de taxation. Conséquence : ils revendent finalement à perte lorsqu’ils tiennent compte des sommes dépensées lors de l’acheminement de la marchandise dans les centres de grande consommation. Car, tout calcul fait, le maïs produit au Bandundu, à l’Equateur va coûter plus cher que celui en provenance de l’Occident ou de l’Asie. La concurrence devient suicidaire et les petits commerçants se découragent. Les produits agricoles locaux finiront par pourrir dans les cases des maraîchers faute de preneurs qui refuseront de travailler à perte. Ils enrichissent les camionneurs et autres armateurs car les embarcations qui flottent sur le fleuve, les rivières et lacs ne lésinent pas sur les frais de loyer. A cela s’ajoutent les innombrables taxes de divers services œuvrant aux ports, sans compter les dockers qui pullulent et dictent leur loi. Les commerçants ambulants sont simplement étouffés.

Démanteler les barrages sur la nationale n°1

A l’approche des fêtes de Noël et du Nouvel an, le gouverneur de la Ville de Kinshasa avait donné l’ordre de démanteler toutes les barrières intempestives qui se dressaient sur la Nationale n°1. Les usagers de la route avaient poussé un ouf de soulagement. Mais voici le mal qui revient au galop juste au moment où le chef de l’Etat prône une ouverture des frontières avec les pays voisins dans le souci de faciliter la libre circulation des denrées de première nécessité et de soulager un tant soit peu les populations frontalières, les petits commerçants ainsi que les cultivateurs et éleveurs qui trouvent leur compte en écoulant les fruits de leur dure labeur. C’est le sens d’un partenariat gagnant-gagnant. Surtout qu’on est en droit de se poser la question de savoir les destinations que prennent les sommes récoltées en dehors du Fonds National d’entretien routier… Car à la longue, au lieu que les routes soient un réel facteur de développement, elles deviennent avec des barrages et des points de perception des taxes incontrôlés qui les jalonnent, des sources de frustration et de découragement chez les producteurs paysans, les commerçants distributeurs et les consommateurs.

Salut, à bon entendeur !

(Fernand Mukaku Lalabi-Muke)

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